décembre 2008

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Débat du ciècle Révérend Swaggart et Ahmed Deedat

Créé par le 28 déc 2008 | Dans : DEBAT DU CIECLE, Islam et christianisme, Non classé

Débat du ciècle  Révérend  Swaggart et Ahmed Deedat dans DEBAT DU CIECLE image001

Ecoutez le débat: La Bible est-elle la parole de dieu: avec Jimmy Swaggart:
http://www.rakway.com/deedat-high/Is…art_512KB.rmvb
ou bien http://www.archive.org/download/33_3…art_512KB.rmvb
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INTRODUCTION AU DEBAT

L’association des Etudiants Islamiques de Louisiane nous a envoyé un SOS pressant pour que soit organisé un débat avec le Révérend Jimmy Swaggart Monsieur Ahmed Deedat a immédiatement accepté.

Il a été proposé que chaque orateur parle pendant soixante minutes. Le ministère de Jimmy Swaggart a répondu qu’il désirait que chaque orateur ne dispose que de vingt minutes. Cette réponse nous a déçus, car un sujet tel que « La Bible est-elle la parole de Dieu ? » ne peut être traité convenablement en un laps de temps si Court (ainsi que notre public pourra en juger par ce qui va suivre). Cependant, après des négociations acharnées, il a été convenu que chacun disposerait de quarante minutes. Les spectateurs verront qu’étonnamment, au bout de trente-neuf minutes, Jimmy Swaggart reconnait qu’il n’a défendu qu’un tiers de son sujet. Nous ne savons ce qu’il faut en conclure de la part de quelqu’un qui dit prêcher devant un vaste public depuis de si nombreuses années.

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Monsieur Ahmed Deedat, quant à lui, aurait pu continuer à prouver pendant encore de longues minutes sa conception selon laquelle la Bible n’est pas la parole de Dieu.

Si Jimmy Swaggart croyait qu’en limitant le temps de parole il marquerait des points, eh bien, vous, spectateurs, soyez-en juges.

La Paix soit avec vous!

Au nom d’Allah, frères, soeurs et amis, voici le plan du débat d’aujourd’hui.

Le Révérend Jimmy Swaggart va commencer. Il nous parlera pendant trente minutes, après quoi Frère Ahmed Deedat aura la parole pendant 40 minutes. Enfin, le Révérend Jimmy Swaggart reviendra pour nous parler pendant dix minutes encore. Cela nous a semblé juste et équitable, et ils l’ont accepté tous les deux. Ensuite, vous l’assistance, vous aurez la possibilité de poser des questions aux orateurs. Nous disposerons d’une heure pour les questions et les réponses. Je vous rappelle le titre du débat: « La Bible est-elle la parole de Dieu ? »

Que notre conduite à tous, musulmans et chrétiens, soit la meilleure possible. Qu’Allah le Tout-Puissant nous bénisse!

Je vous présente le Révérend Jimmy Swaggart.

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JIMMY SWAGGART

Merci beaucoup. Je suis extrêmement heureux d’être ici ce soir et bien que nos amis musulmans soient à l’origine de ce débat, ou plutôt de ces allocutions, il n’empêche que cet éminent savant du monde de l’Islam, Monsieur Ahmed Deedat, est venu pour être avec nous dans notre ville. Je viens de rencontrer Monsieur Deedat cet après-midi, ou plutôt ce soir, à vrai dire pendant quelques minutes seulement, et c’est le genre d’homme pour qui on éprouve de la sympathie dès le départ, et je voudrais que nous tous chrétiens, ici présents, et bien sûr je sais que les musulmans se joindront à nous, et ceci n’empiètrera pas sur mes trente minutes, j’aimerais que nous souhaitions chaleureusement la bienvenue à Monsieur Deedat dans notre ville de Bâton Rouge. C’est un savant, alors que moi-même, je ne suis pas un théologien de la Bible, bien que je l’étudie passionnément. Monsieur Deedat a taquiné ma femme et moi-même juste avant notre arrivée en disant que l’Islam permet d’avoir quatre épouses. Il vient de me corriger: « jusqu’à quatre . J’ai répondu : « Monsieur Deedat, le christianisme ne nous en autorise qu’une, c’est pourquoi j’ai dû trouver la meilleure du premier coup .

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Je suis très honoré d’être ici ce soir, très heureux d’avoir ainsi l’occasion de m’exprimer brièvement sur ce que nous croyons être la parole de Dieu Tout- Puissant. Je voudrais dire quelque chose juste avant que nous commencions. Je ne sais pas grand chose sur l’Islam. Je ne suis pas fier du tout de le dire, mais je dois être honnête. Ces quelques derniers mois j’ai étudié un peu l’Islam, et j’avoue que je n’ai fait qu’effleurer le sujet. Il y a quelque temps, il y a peut-être deux ans, j’ai fait à la télévision une remarque désobligeante sur le Coran. Si vous n’écoutiez pas cette semaine-là, je ne vais pas vous la répéter, mais je tiens à présenter mes excuses. Je n’ai jamais recommencé ét ne le recommencerai jamais, parce que j’estime que ce n’était pas ce qu’il fallait faire. Puis j’ai étudié un peu le sujet, comme je viens de le dire, et j’ai appris que les musulmans sont parmi les gens les plus hospitaliers du globe. J’ai aussi appris que vous vous vouez entièrement et totalement à votre foi, en d’autres termes, que ce n’est pas un simple simulacre pour vous, et que vous y apportez le plus grand sérieux. Et comme l’a dit, il y a un instant notre distingué Président, les deux influences religieuses les plus puissantes dans le monde d’aujourd’hui sont le christianisme et l’islam, et j’aimerais dire d’emblée que le peuple chrétien aime le peuple musulman.

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J’ai appris à respecter le Coran et j’ai appris à respecter les musulmans, et je ne crois pas que le Coran soit la parole de Dieu. Je ne crois pas que Mohammed ait été le prophète de Dieu, mais je respecte vos croyances, je respecte votre foi et je respecte votre sincérité. En d’innombrables occasions, devant de vastes publics de téléspectateurs, j’ai brandi cette Bible ou une autre qui lui ressemble, et je suis sûr que la plupart d’entre vous m’ont vu le faire. A la télévision, je l’ai fait à l’attention de 140 pays de par le monde et j’ai affinné: « Ceci est la parole de Dieu Tout-Puissant . J’ai affirmé qu’il n’y a pas d’autre parole de Dieu et que c’est par ce livre que nous vivons ou mourons, coulons ou surnageons. Je le crois et je le crois de tout mon coeur. Mais bien sûr c’est facile à dire, ce sont des paroles qui ne coûtent pas grand chose. Et j’aimerais commencer ce soir en citant un passage des Ecritures sur lequel Monsieur Deedat et moi-même ne sommes pas tout à fait d’accord. Mais qui, dans la parole de Dieu, est cher sinon le plus cher au coeur des chrétiens. Il se trouve, dans l’Evangile selon Saint Jean, chapitre 3, verset 16: « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle . Et je voudrais baser la simple déclaration que je vais tenter de faire ce soir sur ce texte. Je voudrais que nous baissions tous la tête, et que nous demandions à Dieu de bénir cet effort. « Père céleste, en venant vers toi, nous demandons que

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tu nous aides, nous tous ici, à nous comporter comme je sais que nous allons le faire, par ton aide et ta grâce, de la façon dont tu désires que nous le fassions. Mais que chaque mot soit à ta gloire, que nous ne disions que ce que tu désires, de la manière dont tu le désires, au nom saint et adoré de Jésus .

Aucun chrétien ne dira que Dieu a écrit la Bible. Dieu n’a pas écrit la Bible. Pour vous dire la vérité, la seule chose que je connaisse que Dieu ait écrite, c’est les dix commandements sur la pierre pour Moïse. Ce fut le décalogue conservé dans l’arche de l’alliance pendant des siècles et des siècles. Mais Dieu n’a jamais écrit la parole de Dieu. La Bible, c’est l’homme qui l’a écrite. La Bible, dans le sens d’une compilation de livres, l’homme l’a écrite selon Simon Pierre selon l’esprit saint. Pierre a dit que des hommes parmi les plus saints l’ont écrite, poussés et inspirés par Dieu, pour écrire ce qui venait de Dieu. Dieu a utilisé leur personnalité, il a utilisé leur caractère, il a utilisé leur dévotion pour lui. il a même parfois utilisé leur particularité. Mais il a utilisé les hommes afin que son grand projet pour cette planète, pour l’humanité toute entière, puisse être exprimé en des mots simples, pour que l’homme puisse l’appréhender, que l’homme puisse le comprendre. Aucun livre au monde n’a fait l’objet d’autant d’études critiques. Je me sens quelque peu insignifiant en essayant de disserter sur la Bible, alors que je sais que quelques-uns des savants les plus éminents au monde ont passé au crible le moindre texte encore et encore, n’épargnant ni dépense, ni temps, ni effort pour en sonder l’authenticité. J’ai lu la Bible de bout en bout maintes et maintes fois, et d’autres que moi l’ont lue plus souvent, d’autres beaucoup plus instruits que je ne pourrai jamais l’être, qui comprenaient à la fois l’hébreu et le grec.

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Les premiers passages de la Bible ont été écrits il y a environ trente-cinq siècles. A ma connaissance, c’est le livre le plus ancien au monde sur la Révélation. Nous croyons que Moïse a écrit ce qu’on appelle le Pentateuque, les cinq premiers livres, à l’exception peut-être des derniers versets. Le Deutéronome, il pourrait même l’avoir écrit, parce que nous croyons que Dieu, et je sais que l’islam le croit, est si puissant qu’il pourrait avoir révéler à Moïse exactement comment il allait mourrir, et comment ses funérailles se dérouleraient. Ça n’aurait pas été un problème pour Dieu, car que ce soit Moïse ou Josué qui l’ait écrit, il a été écrit il y a environ trente-cinq siècles, et la totalité de la parole de Dieu, comme vous êtes si nombreux à le savoir, a été écrite par environ quarante hommes sur une période de seize à dix-huit siècles environ, le dernier livre ayant été écrit approximativement un siècle après la mort, la résurrection et l’ascencion de notre Seigneur JésusChrist, par l’apôtre Jean. Il a donc fait l’objet d’études critiques plus que tout autre livre au monde, comme je l’ai mentionné. Il est très intéressant de savoir que,

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dans sa traduction anglaise du Coran largement utilisée, Yusuf Ah cite à deux reprises Sir Frédéric Kinian comme faisant autorité. Kinian, ancien conservateur en chef du British Museum, a été parmi ceux qui ont fait autorité dans le monde dans l’étude critique des textes anciens. Pour ce qui est de la fiabilité du texte de la Bible, il a conclu que le chrétien peut prendre la Bible toute entière dans sa main et dire, sans crainte ni hésitation, qu’il tient dans la main la vraie parole de Dieu.

Concernant le Seigneur Jésus-Christ, le professeur de Harvard, Simon Greenhif, à qui on a attribué le mérite avec Joseph Storey, juge de la Cour Suprême, de la renommée atteinte par la Harvard School. Monsieur Greenhif, donc, a abandonné son agnosticisme après seulement un mois d’études attentives et de recherches approfondies. Il est reconnu comme l’autorité aux Etats-Unis en matière de preuves juridiques, et Monsieur Greenhif s’est trouvé logiquement obligé de conclure, après une longue analyse critique, que ces évènements réels et historiques que sont la mort, l’ensevelissement, la résurrection du Christ, fils de Dieu, pour le rachat de nos péchés, étaient démontrés par des preuves indéniables, irréfutables, et c’est l’un des juristes les plus brillants du monde. En complet accord, le professeur Thomas Arnold qui occupe ou occupait la chaire d’Histoire Moderne à Oxford a écrit: « J’ai pris l’habitude depuis de nombreuses années

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d’étudier l’histoire d’autres époques et de m’interroger sur le crédit et les témoignages de ceux qui avaient écrit sur ces époques, et je ne connais pas un seul évènement dans l’histoire de l’humanité qui, pour un enquêteur de bonne foi, ait été corroboré par de meilleures preuves plus complètes, de toutes sortes, que le signe extraordinaire que Dieu nous a donné, Jésus-Christ mort et ressuscité d’entre les morts, ce que proclame la parole de Dieu. Aucun homme n’a jamais dit qu’il mourrait et reviendrait d’entre les morts comme l’a fait Jésus-Christ. Maintenant, certains se réfèrent aux nombreuses versions de la Bible, ce qui est vraiment une assertion incorrecte.

Il n’y a qu’une version de la Bible. Il y en a de nombreuses traductions. Nos savants débattent sans cesse sur ces diverses traductions. La version du roi James – puisque nous utilisons ce terme, mais incorrectement comme je l’ai dit – est, en réalité, une traduction. D’autres traducteurs ont mis en question la version du roi James, au point de travailler constamment à partir de l’hébreu, langue originale de l’Ancien Testament, à l’exception de quelques versets en araméen et à partir du grec pour le Nouveau Testament. A notre avis, certaines traductions sont incorrectes. Personnellement, j’aime celles du roi James.Toutefois, le Coran a été traduit, lui aussi, dans de nombreuses langues, et il en existe différentes traductions en anglais, en Afrique du Sud, et Monsieur Deedat peut me corriger si je me

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trompe, je crois que c’était en 1978, on a publié une certaine traduction du Coran qui a été très discutée, et je crois qu’on a exigé son retrait du marché. Donc, les savants du Coran ont le même problème que nous, chrétiens, pour passer d’une langue à une autre, ce qui n’est pas facile. Dans certaines langues les mots n’existent même pas pour exprimer ce que l’on veut dire. Il est donc très, très difficile parfois de trouver le mot exact qui recouvre exactement ce qui a été écrit en hébreu ancien ou en grec ancien.

Il existe quelque vingt-quatre mille manuscrits de la parole de Dieu, je devrais dire rien que pour le Nouveau Testament. Certains remontent à 350 avant notre ère. L’expression originale, la signature, l’autographe de la parole de Dieu n’existent pas. Comme je l’ai dit, les premiers manuscrits ont été écrits sur du parchemin ou sur des tablettes d’argile, il y a quelque trente-cinq siècles. Ils ont fini par disparaître à force d’être trop utilisés, et d’avoir été mis sur des supports peu résistants ou du moins pas résistants à ce point. Mais, de toute manière, quelque vingt-quatre mille exemplaires ont été produits et les savants nous disent que lorsqu’il s agit de livres de l’Antiquité, si au moins dix exemplaires existent, on n’a pas besoin de l’original pour garantir l’authenticité du texte. Et quand on considère qu’il y a vingt-quatre mille exemplaires, on peut admettre qu’il y ait quelques variantes mais, fondamentalement, le texte n’est pas modifié.

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Il existe plusieurs livres, certains appelés les apocryphes qui n’ont pas été inclus dans les Bibles protestantes, mais que les catholiques ont inclus dans les leurs pour des raisons qui leur sont propres, et la raison pour laquelle nous-mêmes n’avons pas inclus ces soi- disants livres dans la Bible, est simplement que nous croyons qu’ils ne sont pas d’inspiration divine. Et quand on commence à les étudier, il y a quantités de raisons qui démontrent qu’ils ne sont pas d’inspiration divine.

Maintenant, l’islam nous dit que les musulmans croient en la Thora et l’Injîl. Ils vont conclure qu’ils croient en la Thora et l’Injîl mais que ceci n’est pas la Thora ni l’Injîl, mais un texte dénaturé. Et si c’est un texte dénaturé notre foi est vaine. Si c’est un texte dénaturé que je tiens dans la main, si ce n’est pas la parole de Dieu, alors une multitude, des millions et des millions de chrétiens ont cru en vain, ont vécu en vain et sont morts en vain. Ils nous disent que les livres originaux donnés par Dieu la Thora, l’Ancien Testament, l’Injîl, le Nouveau Testament ont été perdus. Et je ne crois pas que quiconque puisse nous dire où ils ont été perdus, quand ils ont été perdus, et comment ils ont été perdus. Je poserai cette question « Si Dieu a donné ces deux livres originaux, la Thora et l’Injîl, ils sont la parole de Dieu comme le dit le Coran et je crois que tout musulman cultivé garantirait que, comme l’affirme le Coran, Dieu Tout-Puissant a donné des livres autres que le Coran la Thora et l’Injîl. Si Dieu a donné ces livres, Dieu ne pouvait-il pas les préserver?

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Nous autres, chrétiens, nous croyons que Dieu est omnipotent. L’Islam croit que Dieu est omnipotent. Et si Dieu est omnipotent, il aurait pu aisément préserver ses livres sans qu’ils soient perdus. Mohammed se réfère à ces livres un bon nombre de fois dans le Coran et dans les autres livres saints qui ont été écrits, et je vous affirme ce soir que l’Ancien Testament que je tiens dans la main est le même ancien testament qu’avaient les juifs au temps de Mohammed. Il n’a pas changé. L’Injîl ou le Nouveau Testament que je tiens dans la main est le même livre que l’Eglise avait du temps de Mohammed. Dieu l’a préservé. Notre foi n’est pas vaine. Je crois que je peux prouver ce soir qu’elle n’est pas vaine.

Je suis convaincu que tous les musulmans, ici présents, le savent. Après la mort de Mohammed, il est bien connu que de nombreuses versions du Coran circulaient et les docteurs de la religion musulmane donnèrent des instructions pour que le calife ottoman uniformise le texte – je me demande combien de musulmans le savent, peu de temps après la mort de Mohammed – parce qu’il existait de nombreux textes du coran, mais nous ne sommes pas en train d’étudier le coran ce soir. Je veux seulement le dire en passant, il s’agit là d’une foule d’interprétations différentes. Pendant le règne ottoman, on lui rapporta que dans différentes régions de Syrie, d’Arménie et d’Irak, les musulmans ne récitaient pas le Coran de la même façon qu’en Arabie.

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Othmân réclama immédiatement le manuscrit du Coran qui était dans la possession de Abssa, une des femmes de Mohammed et fille d’Omar, et ordonna à Zayn bent Thabet et à trois autres personnes de faire des copies du texte et de le corriger partout où cela était nécessaire. Quand cela fut fait, on dit qu’Othmân prit des mesures draconiennes concernant les autres manuscrits du Coran qui circulaient alors. Il envoya dans chaque province musulmane un exemplaire du texte qui venait d’être copié et ordonna que tous les autres manuscrits du Coran, qu’il s’agisse d’extraits ou du texte complet, soient brûlés.

S’il n’était pas contradictoire, je me demande pourquoi il a ordonné qu’ils soient brûlés. Les seuls qui aient jamais ordonné que la Bible soit brûlée étaient ceux qui la haïssaient. Je me demande si cela a jamais été étudié. Combien de passages du Coran – et c’est un livre magnifique, sans égal du point de vue littéraire – combien d’histoires ont été plagiées, des fables et du folldore juif, je me le demande. Je désire m’arrêter un moment sur les prétendues contradictions aux variantes trouvées dans la parole de Dieu, et à partir de là, je veux vous prouver que c’est bien la parole. Dans Samuel il chapitre 24 verset 4 et les Chroniques I chapitre 21 verset 1, il est mentionné que Dieu excita David: Samuel livre 11, et que Satan excita David: Chroniques livre I.

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Il semble y avoir là une contradiction bien sûr, quiconque étudie la parole de Dieu sait cela. Il est dit que Dieu fait des choses que souvent il ne fait qu’autoriser. Pour être franc avec vous, il est évident que, dans le Coran, Dieu agit de même. Je le répète, il n’y a là aucune contradiction.

Dieu, surtout dans l’Ancien Testament, est tenu responsable de quelque chose alors qu’il a seulement permis que cette chose soit faite. Et, en réalité, si on y réfléchit, il est effectivement responsable. Dans les Rois1 chapitre 4 verset 26, il est question de 40 000 crèches pour les chevaux, et dans la Gloire de Salomon, Chroniques 2 chapitre 9 verset 25, de 4 000 crèches pour les chevaux. Il s’agit du même fait. Que devons-nous penser? N’est-ce pas une contradiction ? C’en est une, pleine et entière, il s’agit de la même histoire. Il ya plusieurs passages dans la parole de Dieu qui racontent exactement la même chose de manière différente. Un compte-rendu aura été fait et le nombre aura été légèrement modifié, un autre compte-rendu aura été fait, il aura mentionné 2 000 alors que dans les Chroniques, livre 1 ou livre 2, il aura été question de 3 000 ou de tout ce que vous voudrez. Saint Jean, chapitre 8 versets 1 à 11, raconte l’histoire d’une femme surprise en adultère, et certains disent que ce passage ne se trouvait pas dans le texte original, que c’est une imposture, que c’est une dénaturation. Cependant, la vulgate de Byzance, la Syriaque de Jérusalem, la Méphénite,

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l’Ethiopienne et les Pères de l’église primitive, disent que ces passages se trouvaient dans les premiers manuscrits. Dans les Rois 2:19 et Isaïe 37, il y a des chapitres qui sont identiques mot pour mot. Pourquoi? Si Dieu les a donnés se seraient-ils répétés ? Pourquoi pas ? Jésus lui-même s’est répété parfois. Dans le Coran, dans la sourate 32 verset 5 il est question de 1000 ans, dans la sourate 70 verset 4, il est question de 50000 ans. Un jour est comme 1 000 ans, un jour est comme 50000 ans, est-ce là une contradiction ? (certainement pas, le Coran s’exprime en un langage divin, allégorique, cosmique. A la différence, la Bible cite de manière concrète des nombres de crèches pour chevaux). Voici ce que j’ai à vous dire: s’il s’agissait d’un texte dénaturé, s’il s’agissait d’une imposture, d’une supercherie, ne pensez-vous pas que les imposteurs auraient retiré de la parole de Dieu ces prétendues contradictions. Vous êtes-vous jamais arrêté sur cette idée ? Certains se sont échinés sur le texte pour s’assurer qu’ils comprenaient exactement ce que disait le manuscrit. ils ont traduit de l’hébreu et du grec.

Que s’est-il donc passé ? Si c’est la parole de Dieu, pourquoi ces contradictions s’y trouveraient-elles ? En fait, c’est tout simple. Il n’y avait pas de photocopieuse Xerox en ce temps-là, il n’y avait pas d’ordinateur, on devait copier à la main, et un copiste commet parfois des erreurs. Je pense que nos frères musulmans seront d’accord là-dessus. Concernant la généalogie dans Matthieu et Luc, dans Matthieu c’est celle de Joseph, et dans Luc c’est celle de Marie.

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Dans le temple de Jérusalem, s’il y avait eu quoi que ce soit de faux dans la généalogie du Christ, on l’aurait fait remarquer immédiatement, mais on ne l’a pas fait. Ce livre est un livre d’histoire. Il raconte des milliers de détails concernant les villes, les gens, et pas une seule pelletée de poussière archéologique n’a jamais pu en réfuter un seul mot. Deuxièmement, des milliers et des milliers de prophéties et qui se révèlent justes.

Je voudrais terminer rien qu’en disant ceci. Je n’ai jamais rencontré cet homme avant ce soir. J’ai lu le petit livre qu’il a écrit et je dois l’avouer Monsieur Deedat, j’ai été un peu interloqué. Je m’attendais à un peu plus de courtoisie et je ne veux pas vous parler de notre réunion d’aujourd’hui. Je veux parler de votre petit livre qui m’a peiné, m’a attristé. Samedi soir, je suis allé prier dans notre église. J’ai commencé à prier en pensant à cette réunion et je crois que le Seigneur a parlé à mon coeur. Vous êtes plus âgé que moi et je vous témoignerai le respect que votre âge et votre savoir méritent, sans le moindre doute. Le Seigneur, je le crois, a mon coeur et m’a dit : voici ce que tu diras à cet homme éminent: « Il y avait un autre homme, il y a 2000 ans, SaU1 de Tarse qui n’aimait pas les chrétiens. Et je pense que vous connaissez l’histoire. Saùl rencontra Jésus avant que son temps ne soit venu, sur la route de Damas, et Jésus lui demanda : « Pourquoi regimbes-tu contre les aiguillons ? »

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Et je crois que notre père céleste m’a chargé de vous demander, et je le dis avec considération et respect : Pourquoi vous regimber devant le plus grand des prophètes, le fils de Dieu, le Seigneur Jésus-Christ ? Il m’a dit (si c’était bien Dieu qui me parlait) : « Dis à Monsieur Deedat que je l’aime car je suis un Dieu d’amour, et dis-lui que s’il veut me donner son coeur, j’en comblerai la solitude et la souffrance et que je donnerai au peuple musulman un amour tel qu’il n’en a jamais connu auparavant, dans toute sa vie . Et je terminerai ce petit exposé (à peine le tiers de ce que j’avais à dire) en déclarant que nous vous aimons et que Dieu vous aime. Dieu vous bénisse.

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AHMED DEEDAT

Bissmillah rahman al-rahim

« Malheur à ceux
qui écrivent le Livre
de leurs mains,
et qui disent ,
ensuite, pour en tirer
un faible prix
« Ceci vient de Dieu ! »
Malheur à eux
à cause de que
leurs mains ont écrit
à cause de ce
qu’ils ont fait »
coran279 dans Islam et christianisme
  (Saint Coran 2:79)

Monsieur le Président, chers Frères,

J’aurais voulu aborder d’emblée le sujet, mais le plaidoyer qu’a fait Frère Swaggart m’oblige à faire une confession de foi, à savoir qu’il se trouve que nous autres musulmans nous avons la seule foi non chrétienne dont les croyants ont pour article de foi de croire en Jésus. Aucun musulman n’est un vrai musulman s’il ne croit pas en Jésus. Nous croyons que Jésus-Christ a été un des plus puissants messagers de Dieu. Nous croyons qu’il a été le Messie. Nous croyons en sa naissance miraculeuse que beaucoup de chrétiens des temps modernes rejettent aujourd’hui. Nous croyons qu’il a rappelé les morts à la vie par la permission de Dieu et qu’il a guéri les aveugles de naissance et des lépreux par la permission de Dieu. Nous et vous allons dans le même sens.

La seule divergence de vue, la seule différence réelle entre les musulmans et les chrétiens est que nous disons qu’il n’est pas Dieu tout-puissant fait homme, qu’il n’est pas l’incarnation de Dieu et qu’il n’est pas le fils engendré par Dieu. Métaphoriquement parlant, nous sommes tous enfants de Dieu, les bons comme les méchants, mais Jésus était plus le fils de Dieu qu’aucun d’entre nous, car il fut plus fidèle à Dieu qu’aucun d’entre nous pourrait jamais l’être. De ce point de vue, noùs admettons qu’il est au plus haut point le fils de Dieu. Mais pas dans le sens où l’entendent les chrétiens, c’est-à-dire qu’il est le seul fils qui engendre Dieu, engendré non pas créé, pas dans ce sens-là.

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Venons-en à notre sujet. Notre sujet est le suivant La Bible est-elle la parole de Dieu ? Et Frère Swaggart nous a donné à entendre que les traductions et les versions sont une seule et même chose. Nous autres musulmans, nous avons un certain nombre de traductions du Coran, y compris en anglais, faites par des personnes différentes, Youssef Ah, Marmaduke Picktall, Yabadi, etc. Nous avons des traductions en anglais faites par différents traducteurs. Or, différentes traductions, cela suppose des différences dans le choix des mots. Par exemple pour traduire tel ou tel phrase d’arabe en anglais, dans le choix des mots, les versions sont quelque chose de tout à fait différentes. J’ai ici, dans la main, cette Bible (Holy Bible, Douay Version) que Frère Swaggart ainsi que de nombreux protestants n’acceptent pas comme étant la parole de Dieu. C’est la version catholique romaine de la Bible. Cette Bible se compose de 53 livres, sept de plus que celle sur laquelle Frère Swaggart prête serment, la version du roi James. Dans son « Evangelist magazine , en décembre 1985, quelqu’un demandait si la Bible était la parole de Dieu. Et il a répondu: « C’est la parole de Dieu , et entre parenthèses, je me réfère à la version du roi James. Dans votre « Evangelist de d~cembre 1985, la version du roi James a supprimé ses sept livres supplémentaires. Autrement dit, ces sept livres supplémen

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taires, les protestants ne les acceptent pas comme étant ha parole de Dieu. Vous utilisez certains termes techniques comme « apocryphe » que la grande majorité des chrétiens ne connaissent pas. Que veut dire « apocryphe » ? Il veut dire : douteux, faible, qui ne mérite pas d’être dans le livre de Dieu. C’est pourquoi les protestants ont supprimé les apocryphes comme étant une invention. Donc, cette version-ci de la Bible, les chrétiens protestants ne l’acceptent pas comme étant la parole de Dieu. N’ai-je pas raison Frère ? Ce n’est pas la parole de Dieu. Par conséquent, nous la rejetons. J’accepte ce que vous me dites. Vous dites, ceci n’est pas la parole de Dieu et je dis : je suis d’accord avec vous et je la rejette. A présent, vous me dites que ceci st la parole de Dieu, à savoir la version du roi James avec ses 66 livres. Elle a été publiée pour la première fois en 1611 sur l’ordre de sa majesté le roi James dont le nom s’est maintenu jusqu’à aujourd’hui (The Holy Bible, The authorized King James Version), la Version Autorisée, mais autorisée par qui ? Pas par le Dieu tout- puissant ? Mais par le roi James. C’est lui qui l’a autorisé, pas le Dieu tout-puissant! Or, elle remonte aux anciens manuscrits, c’est-à-dire quatre à six cent ans avant Jésus-Christ. Or nous avons eu accès aux manuscrits les plus anciens. Cette traduction ou version, la Version Standard Révisée, remonte aux manuscrits les plus anciens. il date de deux ou trois cent ans après Jésus-Christ. Ils sont donc plus près de la source. Or, plus un document est prêt de la source, plus il est authentique.

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Cela va de soi. Si ceci avait été écrit du temps de Jésus, et qu’il l’avait signé et dédicacé, il n’y aurait aucune contestation possible. Celle-ci date de deux à trois cent ans après, celle-la de quatre à six cent ans après, donc cette traduction a été publiée ici dans votre propre pays, ainsi qu’en Grande-Bretagne, au Canada. Tous ces pays ont fait paraître cette Bible en même temps. Et nous apprenons que cette traduction a reçu les plus vives louanges. Par exemple, « Church of England Newspaper dit que  » C’est la meilleure version qui est parue au cours de ce siècle . Cette version serait la meilleure. D’après le supplément littéraire du Time (Time literary supplement), c’est une traduction entièrement nouvelle faite par les savants les plus éminents qui ont pleinement utilisé les ressources du savoir moderne. « Life and Work » , une autre publication, parle des caractéristiques très appréciées de la Version Autorisée jointes à une exactitude nouvelle dans la traduction. Quant au Times anglais, il parle de l’interprétation la plus exacte et la plus proche de l’original. Les éditeurs de cette Bible, ceux qui l’ont fait connaître pour la première fois en 1952 environ, décerne les plus vives louanges à la Version du roi James et j’aurais manqué à mon devoir si je ne vous avais pas lu ces louanges. Le Frère Swaggart apprécie hautement et moi aussi.

Chaque citation que je ferai sera tirée de la version du roi James. J’en aime beaucoup le langage, le problème est que maintenant certains termes et expressions sont supprimés.

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Ils ne conviennent pas aux chrétiens d’aujourd’hui comme par exemple la citation par laquelle Frère Swaggart a terminé son discours à propos de Paul sur la route de Damas. Le persécuteur des premiers chrétiens a eu une vision. Jésus-Christ lui apparait et lui dit en hébreu:

« SaùI, Saùl, pourquoi me persécutes-tu. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons (pricks en anglais) ? » (Actes 9:5)

C’est là la citation exacte de la version du roi James, tandis que Frère Swaggart, je ne sais pas pourquoi, a utilisé le mot « goads . J’ai demandé à des chrétiens ce que signifiait le mot « goads et personne ne sait ce que veut dire « goads . J’ai demandé : Pourquoi changez- vous les mots ? Il est question du mot « pricks . Il faut garder le mot « pricks si c’est là la langue originale du roi James, mais voilà qu’il parle des « goads . C’est la première fois de ma vie que j’entends parler de ce mot. C’est un mot nouveau, une nouvelle terminologie qui apparaît. Changer les mots, la traduction, je n’ai pourtant rien à y redire. Donc ce que disent à propos de la version du roi James, les réviseurs de la Version Standard Révisée –trente-deux savants parmi les plus éminents soutenus en cela par cinquante confessions– c’est que la version du roi James a été qualifiée avec raison de monument le plus noble de la prose anglaise.

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Ces réviseurs, en 1881, ont exprimé leur admiration pour sa simplicité, sa dignité, sa puissance, l’heureux choix de ses expressions, ses cadences musicales et la beauté de son rythme. Elle a contribué, plus qu’aucun autre ouvrage, à façonner le caractère individuel et les institutions publiques des peuples anglophones – je le dis, nous avons envers elle une dette incalculable – tels les Américains, les Canadiens, les Britanniques, et des gens comme moi qui ont adopté l’anglais comme langue maternell. Je parle l’anglais mieux que n importe quelle autre langue, quoique pas aussi bien que le Frère Swaggart. Voilà donc pour les louanges. Si quelqu’un décernait de telles louanges au Coran, je ne pourrais pas imaginer qu’un savant musulman puisse en décerner de plus flatteuses. A présent, préparez-vous à recevoir un choc, comme je me prépare aussi à ce choc.

A partir de là, trente-deux savants parmi les plus éminents, soutenus en cela par cinquante confessions, disent pourtant que la Version du roi James a de graves défauts. Et ces défauts sont si nombreux et si graves – ce n’est pas moi qui emploie ces mots – qu’ils appellent une révision de la traduction anglaise. Ils l’ont révisée, et dans cette révision, le roi a des évangélistes: le prêcheur, l’ardent orateur, l’actif prédicateur de la Bible (Chants, chapitre 3 verset 16). Aucun prédicateur chrétien ne peut l’égaler. Aucun ne soutient la comparaison avec Jean. Jean chapitre 3 verset 16 (Version Autorisée du roi James) dit:

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné le seul fils qu’il ait engendré » .

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Frère Swaggart a changé le mot « engendré » en « unique » . Ce n’est pas ce que dit la version du roi James. Elle dit « engendré » . J’ai entendu le Frère Swaggart à la télévision ce matin. Il parlait à un groupe comme si c’était son propre groupe de fidèles. Vous savez, pendant un exposé sur Babylone, il a utilisé le mot « engendré » ce matin, et huit heures après, il utilisait à la place le mot « unique » . Je vous le demande. Avez-vous honte du mot « engendré , avez-vous honte du fait que Jésus est le seul fils engendré par Dieu ? Avant de venir, j’ai acheté les trente livres du Frère Swaggart, et j’ai parcouru chacun d’entre eux, il le fallait) je veux savoir ce dont mon frère parle, sans quoi il croit vraiment. Parce qu’en général lorsqu’on parle un chrétien, il se trouve que chaque chrétien est absolument unique. Dès que l’on met au pied du mur, il dit: « Mais je ne crois pas en ça , et sur ce milliard de personnes, la moindre personne est unique, un tel appartient à l’église anglicane mais vous savez il ne croit pas en ce qu’enseigne l’Eglise anglicane, un tel appartient à l’Eglise catholique romaine, mais il ne croit pas vraiment en ce qu’enseigne l’Eglise catholique romaine. Chacun est unique.

Donc je me suis dit, voyons à présent ce que dit

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« Black and White » , et j’ai vu qu’il cite ce passage de Jean chapitre 3 verset 16, et dans la citation de son livre il emploie le mot « engendré » . Ce soir il dit « unique » et voyez-vous la raison est évidente. Les musulmans ne sont pas d’accord avec ce terme. Le Coran condamne cette idée que Dieu ait engendré un fils parce qu’ « engendrer » est un acte animal. Il appartient aux fonctions sexuelles animales les plus basses et nous n’allons pas attribuer une telle qualité à Dieu. Les chrétiens, eux, disent dans leur catéchisme que Jésus est le seul fils engendré, non pas créé. Expliquez-moi, je vous prie, ce que vous essayez en fait de mettre en relief quand vous dites « engendré, non pas créé , qu’est- ce que vous essayez en fait de me dire ? Et croyez-moi, en quarante ans, aucun Anglais digne de ce nom n’a su m expliquer ce mot. Il a fallu que je rencontre un Américain qui faisait un séjour à Durban (Il faisait une visite guidée à la Mosquée et il se trouvait que j’étais le guide) et avec lequel nous avons discuté le sujet. J’ai dit « Qu’est-ce que signifie « engendré, non pas créé ? Cet Américain m’a dit: « Ça signifie ‘procréé’ par Dieu » . J’ai dit : « Comment ? » « Non, non, ce n’est pas ce que je veux dire, mais c’est bien ça que ça veut dire : ‘engendré, non pas crée’. »

Donc, les musulmans sont fortement opposés à l’emploi d’une telle expression à propos de Dieu, que Dieu ait engendré un fils et cela d’après votre langage, à savoir le catéchisme de l’Eglise catholique, romaine, le catéchisme anglican, le catéchisme méthodiste, le catéchisme luthérien.

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Vous acceptez cela. « Engendré, non pas créé », d’après lui, n’a pas le même sens que pour Adam. Adam a été créé par Dieu. Chaque chien, chaque cochon, chaque âne, a été créé par Dieu, et ainsi métaphoriquement parlant, il est le père de toutes choses. Mais il n’en est pas de même de Jésus. Il a été engendré, non pas créé. J’ai demandé : « Pouvez-vous m’expliquer ? » Mais pas d’explication. C’était donc une chose à laquelle les musulmans étaient opposés. Et les trente-deux savants parmi les plus éminents – soutenus en cela par cinquante confessions – ont supprimé ce mot. Est-ce pour nous apaiser, est-ce que les musulmans vous ont fait des menaces ? Est-ce qu’ils ont dit: « Voilà, si vous n’enlevez pas ce mot de la Bible, nous ne vous fournissons plus de pétrole . Pourquoi l’avez- vous enlevé ? Parce que c’était une interpolation, ce n’était pas la parole de Dieu.

La Bible que vous avez apportée contient une interpolation et vous avez dit ce matin (j’ai entendu la cassette) qu’il s’agissait d’un mot, rien que d’un mot. Même s’il n’est pas censé être là, il est là. Dans ce cas, le livre entier devrait être jeté. il ne s’agit pas que d’un mot, il s’agit d’un morceau entier selon vos réviseurs. Frère Swaggart me dit, dans un de ses livres, que si l’on veut prendre connaissance d’un fait, s’informer sur un sujet quelconque, on s’adresse aux spécialistes. Et il donne un exemple : Si on veut savoir quelque chose en géologie, on s’adresse à un géologue.

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Si on veut savoir quelque chose sur la Bible, à qui s’adresse t-on, au coiffeur, au cordonnier? Non! On s’adresse aux spécialistes de la Bible, aux théologiens de la Bible, et ils vous diront que c’est une invention. Ainsi, la Trinité — le Père, le Fils et le Saint-Esprit — Frère Swaggart sait aussi textuellement la première épître de Jean chapitre 5 verset 7, où il est dit:

« Car il y en a trois qui rendent témoignage, l’esprit, l’eau et le sang et les trois sont d’accord ».

S’il m’en donne le temps, et que vous me demandez dans quel livre il dit ça, je peux l’ouvrir et vous montrer textuellement cette citation. Mais regardez, elle n’est pas dans la Bible. N’est-ce pas la parole de Dieu ? Pourquoi ne se trouve-t-elle pas dans la Bible ? Parce que vos savants — trente-deux savants parmi les plus éminents — disent que c’est là une autre invention, une autre interpolation. Ils l’ont donc supprimé aussi, sans cérémonie. Une suppression de plus ! Et en ce qui concerne l’Ascension, Frère Swaggart cite dans son livre Marc chapitre 16, verset 16, un autre endroit de Marc, chapitre 16, verste 19, mais voilà ils ne se trouvent pas dans la Bible. Ce n’est pas moi qui ai imprimé ce livre. Ce ne sont pas des juifs qui l’ont imprimé, ni des hindous, ce sont vous chrétiens qui avez produit ce livre et vous dites que c’est la Bible la plus à jour, qui remonte aux manuscrits les plus anciens.

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Donc je cherche Marc, chapitre 16 et je vois qu’il se termine au verset 8. Les versets 9 à 20 manquent. Est-ce que c’est moi qui les ai enlevés Est-ce que ce sont des musulmans qui les ont enlevés. Non ! Ce sont trente-deux savants parmi les plus éminents qui ont estimé qu’il s’agissait d’une autre invention imposée au christianisme, et ils les ont supprimés. Ce n’est pas dans ma Bible, donc ce n’est pas la parole de Dieu. Si ceci est la parole de Dieu alors cela n’est pas la parole de Dieu.

Mais à présent, je prends une autre Bible. Regardez ces deux Bibles, elles sont identiques. Cependant, à l’intérieur de l’une d’elles, l’Ascension avait été supprimée. Il n’y a que deux endroits dans les Evangiles, dans celles de Matthieu, Marc, Luc et Jean, où l’Ascension est mentionnée : Marc chapitre 16, verset 19 et Luc chapitre 24 verset 51. L’Ascension! Supprimée de cette version, supprimée en tant qu’invention, et pourtant chacune de ces Bibles nous dit que Jésus entra dans Jérusalem monté sur un âne. Matthieu le dit, Marc et Luc également, ainsi que Jean. Cet évènement-là n’est pas passé inaperçu aux yeux de Dieu tout- puissant, son fils entrant dans Jérusalem monté sur un âne, à une époque où n’importe qui entrait dans Jérusalem monté sur un âne. Ça il ne l’a pas oublié. Mais l’Ascension n’est pas mentionnée, pas une seule fois, et là où elle était mentionnée on l’a supprimée. J’ai acheté une autre Bible, une Bible identique, imprimée

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par les mêmes imprimeurs, et regardez C’est à nouveau dedans. Ce qui avait été supprimé a été remis. Comment çela se fait-il? Quel jeu êtes-vous en train de jouer? Ceci est la version de 1951, et c’est à nouveau dedans. Les gens ordinaires, les pauvres ne savent pas ce qui se passe, quel jeu on joue là. Qui le sait? Vous lisez la préface, l’homme instruit, le prédicateur lit la préface mais il ne dira pas à son assistant ce qu’il a lu. Dans la préface, nous apprenons que plusieurs personnes, leur faisant peur, les ont obligés à remettre ce passage, sinon ils allaient prêcher contre ce livre. Ne l’achetez pas! Achetez plutôt la Version du roi James, la Bible la plus à jour qui remonte aux manuscrits les plus anciens. Non ! Ne touchez pas à l’autre livre. Celui-ci est plus sûr car il contient tout ce que vous voulez. Prêchez pour attraper le poisson et il est plus facile d’attraper le poisson avec ceci qu’avec cela, l’hameçon, vous savez. C’est comme ce que David nous dit dans son livre « Comment se faire des ennemis, et influencer les gens ? » Il dit « J’aime les fraises à la crème comme, je pense, la plupart des Américains. il dit, par ailleurs « Quand je vais à la pêche, je me sers d’un vers pour attraper le poisson. Ce n’est pas que j’aime les vers, mais c’est ce que le poisson aime. Donc je me sers d’un vers. Donc, si vous voulez attraper des poissons, il vous faut utiliser le bon hameçon. L’Ascension a été rétablie dans le texte, dit la préface. Pourquoi? Ce n’est pas Dieu qui le leur a dit. Dieu ne parle pas librement à ses savants, pas aussi librement qu’il lui arrive de parler, comme mon Frère le prétend, avec lui.

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Souvent, vous savez à maintes reprises, on lit que Dieu vient à lui, lui parle et lui dit: « Mon fils , et à nouveau « Mon fils , alors qu’il ne le disait pas à son propre fils, « Jésus » . Il ne l’a jamais appelé « Mon fils » . Il parle à la troisième personne. Il dit : « Celui-ci est mon fils bien-aimé » . Mais à Frère Swaggart, il dit : « Mon fils, Mon fils » . C’est pourquoi je dis : « Ecoutez, ce n’est pas la parole de Dieu ! » Ils disent simplement que les groupes d’église, en attendant que ceci soit découvert, ont fait un bénéfice net de 15 millions de dollars sur cette version, avant de pouvoir la retirer.

Frère Swaggart a écrit quelques beaux livres: « L’inceste », « La pornographie », « L’homosexualité », « L’alcool », « Sodome et Gomorrhe » . Je ne crois pas pouvoir faire mieux.

– L’inceste : c’est là la souillure de notre société, la société américaine. Elle a atteint des proportions épidémiques. Dans mon pays, en ce qui concerne les Blancs d’Afrique du Sud, d’après les statistiques, 8% de tous les Blancs commettent l’inceste, 1 sur 12 commet l’inceste. Je ne sais pas quel est le pourcentage ici, mais Frère Swaggart nous dit qu’il a atteint des proportions épidémiques dans votre puissant pays, l’Amérique, et il donne des exemples tirés de la Sainte Bible. Il parait qu’il y a dix cas d’inceste dans la Sainte Bible. Je savais qu’il y en a quatre dans le premier livre de la Bible, la Genèse.

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Le livre de Frère Swaggart m éclaire sur le cinquième — comme s’il s’agissait d’un manuel sur l’inceste — pour m’apprendre quel type d’inceste on peut commettre. Dans un livre de Dieu, dix cas d’inceste et j’apprends quel type de nourriture vous mangez. Si vous mangez de la nourriture corrompue, vous devenez corrompu. Si vous lisez des livres corrompus, vous avez l’esprit corrompu. Est-ce que vous ne vous rendez pas compte que vous êtes programmé par tout ce que vous voyez, tout ce que vous lisez, que vous êtes programmé quand vous lisez sur l’inceste.

L’inceste ! Le père avec ses filles, le fils avec sa mère, le beau-père avec sa belle-fille, le frère avec sa soeur. Qu’est-ce que ça signifie ? Dix cas d’inceste. Vous lisez sur l’inceste ! C’est une petite merveille Vous dites qu’il a atteint des proportions épidémiques. Le docteur Vernon Jones, un psychologue américain très réputé, a réalisé des expériences sur un groupe d’écoliers auxquels il leur lisait certaines histoires et il a dit que ces histoires provoquaient des changements de caractère légers, mais durables même dans le cadre restreint d’une salle de classe. Le genre d’histoires que vous lisez, le genre d’histoire qu’ils lisent, les choses qu’ils voient. Tout cela détermine la mentalité qu’ils auront. Je dis donc que s’il s’agit du livre de Dieu, pourquoi Dieu tout-puissant s’égarerait-il dans son livre saint pour vous révéler dix cas d’accouplements incestueux.

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C’est pourquoi mes chers frères et soeurs, cela n’est pas la parole de Dieu. Les cinq premiers livres, supposés être les livres de Moïse — la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome — ces réviseurs, docteurs parmi les plus éminents, nous disent aujourd’hui que Moïse ne les pas écrits.Il n’en est pas l’auteur. il n’est pas l’auteur de la Genèse, le « premier livre de Moïse », ni de l’Exode, le « deuxième livre de Moïse », ni du Lévitique, le « troisième livre de Moïse », ni des Nombres, le « quatrième livre de Moïse », ni du Deutéronome, le « cinquième livre de Moïse ». Je pose la question Pourquoi les guillemets? Pour quelles raisons? Ces guillemets vous disent de façon psychologiquement très diplomatique que ce ne sont pas nos paroles à nous; que nous ne croyons pas. Mais l’homme de la rue, la dame de la bonne société, les prédicateurs, les fervents prêcheurs de la Bible, les ardents évangélistes, eux y croient, et ils croient que ce sont les livres de Moïse. Mais ce n’est pas Moïse qui les a écrits. Nous ne croyons pas que ce sont ses paroles, c’est pourquoi nous les avons mis entre guillemets. Ce ne sont pas les livres de Moïse. On lit plus de sept cents fois dans ces cinq livres des expressions telles que « Et le Seigneur dit à Moïse » , « Et Moïse dit au Seigneur » , etc. Le Seigneur n’a pas dit cela, pas plus que Moïse ne l’a écrit. L’anglais est votre langue. Cela est écrit à la troisième personne. Pas par Dieu, ni par Moïse. Si c’était Moïse qui l’avait écrit, il aurait dit « Le Seigneur me dit et je dis au Seigneur ».

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Ou si ça avait été le Seigneur, il aurait dit « Je dis à Moïse et Moïse me dit » . Cela est écrit à la troisième personne. C’est donc quelqu’un d’autre qui a écrit sur ces choses. Ce n’est pas la parole de Dieu. Ce ne sont même pas les paroles de Moïse.

En ce qui concerne la nécrologie, les savants juifs m’apprennent que les prophètes juifs n’écrivaient pas leur nécrologie avant de mourir. Sur les pierres tombales, vous savez, on met des épitaphes. Les juifs ne faisaient pas ça. Le Deutéronome dit : « Mon frère admet que ce pourrait être les paroles de Josué » , mais ces livres sont supposés être ceux de Moïse. Comment se fait- il qu’on y parle ainsi de Josué. Le Deutéronome dit: « Moïse mourut là dans le pays de Mohab » . Personne n en connut son sépulcre jusqu’à ce jour. Moïse était âgé de 120 ans quand il mourut. Bien sûr, Dieu peut tout faire.

Dieu peut tout faire. Dans une explication sur les contradictions de la Bible, dans le passage qui dit que Satan excita David ou que le Seigneur excita David, il a dit : « Ecoutez, nous attribuons ceci à Dieu. Bien que le diable l’a fait, nous disons que c’est Dieu qui l’a fait. Sur cette base, serions-nous prêts à admettre que Dieu a fait incinérer six millions de juifs parce qu’Hitler l’a fait ? Diriez-vous que c’est parce que Dieu en avait l’intention ? D’après le principe que vous voulez poser là, Dieu serait don cresponsable du massacre d’incinération de six millions de juifs, même s’il ne s’agissait que de 600 000 ou même de 6 000, ce serait déjà assez dramatique.

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Si Hitler l’a fait, pourriez-vous dire que Dieu l’a fait. Allez- vous blâmer Dieu pour cela? Vous allez disculper Hitler et le parti nazi en disant que c’est Dieu qui l’a fait.

Non ! Cher Frère Swaggart, nous ne pensons pas comme ça. Si un criminel a commis tel ou tel crime, nous disons que c’est son action, qu’il en est responsable. Nous ne disons pas que c’est Dieu qui l’a fait, parce que ses origines du pouvoir découlent de Dieu. Dieu nous a donné la liberté de réfléchir et de distinguer le bien du mal. Donc quand on fait le mal, on est responsable, on ne peut pas tenir Dieu pour responsable. Donc, David a été provoqué, soit par Satan, soit par le Seigneur, et Satan et le Seigneur ne sont dans aucune religion des termes synonymes. Ce sont des antonymes. Satan et le Tout-Puissant sont des antonymes. Concernant la pornographie, Frère Swaggart la condamne très fortement, et je l’approuve. La pornographie, sous quelque forme que ce soit, par écrit, en images, ou dans les films, est une chose horrible. Dans son livre, Frère Swaggart donne les résultats de ses recherches, de son étude. En premier lieu il dit que, lorsqu on lit ou qu’on regarde ces choses, elles ont le même effet qu’une drogue comme la marijuana, l’opium, l’héroïne ou l’alcool. On regarde ces choses et elles produisent un effet chimique et je suis d’accord avec Frère Swaggart.

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Elles produisent un effet chimique. Le saviez-vous ? Don, quand on lit sur la pornographie l’esprit s’habitue, et se produit une escalade, une désynthétisation. Ce sont ses propres termes. C’est la première fois que je lis ses termes. Et on doit alors jouer le rôle, se mettre dans la peau du rôle. Voilà comment cette maladie, ce mal accable l’homme. La condamnation de Frère Swaggart est sans appel. Elle se rapproche de la position de mon gouvernement en Afrique du Sud, parce que si je prends un seul des magazines que je peux acheter l’aéroport Kennedy ou n’importe où ailleurs, et que je l’apporte dans mon pays, je vais en prison pour deux ans. Voilà ce qu’a de bien mon pays l’Afrique du Sud. Bien sûr, il y a, vous savez, l’envers du décor, mais en ce qui concerne la religion, la religiosité, ce sont des chrétiens à toute épreuve. Mais mon pays a interdit certains passages de la Bible. A un moment donné, il y avait un pamphlet qui circulait avec des extraits, neuf extraits de la Sainte Bible, et quelqu’un l’a envoyé à la Commission de censure en disant : « Regardez-moi ça ! Une chose pareille! On a donc fait un décret pour interdire ce pamphlet sans savoir que ces mots étaient tirés de la Sainte Bible. Ce sont des extraits de la Sainte Bible, tirés du livre d’Ezekiel, chapitre 23. Je défie tout prédicateur de le lire à son assistance. Je défie tout évangéliste de le lire à sa mère, à sa soeur, à sa fille, ou même à sa fiancée, si c’est une femme vertueuse (Ezekiel, chapitre 23, La débauche de deux soeurs, Ohola et Oholiba).

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Le langage, ce langage si luxurieux, mon gouvernement l’a interdit et il y avait deux ministres de l’Eglise dans la Commission de censure, mais ils ne savaient pas qu’ils interdisaient des extraits de la Sainte Bible. Mon gouvernement est si rigoureux qu’il a interdit « L’amant de Lady Chaterley . C’est un roman qui contenait un mot inconvenant, un mot de quatre lettres, un seul mot et à cause de cela, il a été interdit pour vingt ans. Mais à présent, mon gouvernement est devenu grand et plus mûr et il l’a autorisé. Il l’a décensuré, il a retiré ses décrets contre le livre, les neuf extraits de la Sainte Bible, ce que vous appelez le livre de Dieu, que vous avez honte de lire à votre audience.

Je défie mon frère de lire ce pamphlet. Je l’ai ici à portée de la main. Il n’a même pas besoin d’ouvrir le livre. Ici, tous ces mots sont en rouge. Je lui dis « Ecoutez, avec le langage charismatique qui vous est habituel, avec les actions qui vous sont habituelles, j’aimerais vraiment voir Frère Swaggart — j’ai honte de le soudoyer– lire ceci à votre auditoire, je vous donne 100 dollars » . Que sont 100 dollars pour Frère Swaggart ? Bon je lis dans ce livre sur l’Eglise catholique romaine qu’il a besoin de 291 000 dollars par jour pour rester à flot. J’ai fait le calcul, cela fait 106 millions par an, juste pour rester à flot, et dans l ‘Evangelist , Décembre 1985, il aspire, et je lui souhaite bonne chance, à un million de dollars par jour. Il a besoin, dit-il, d’un million de dollars par jour.

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Mais, à présent, si je lui disais « Je vous donne un million Frère Swaggart » . Vous savez, je peux le tenter et je le sais, mais j’espère et je prie pour que, avec l’ardeur qui lui est coutumière, il ait le courage, le cran qu’aucun prêtre, d’après mon expérience, n’a eu de le lire à l’auditoire Ezekiel chapitre 23. Si vous ne le pouvez alors, je peux vous dire que la Bible n’est pas la parole de Dieu.

Et si une mention était faite, elle est tirée de mon livre « La Bible, est-elle la parole de Dieu ? ». J’en ai fait envoyer environ dix mille à la ville, et je pense qu’ils sont disponibles. Je ne sais pas s’ils seront distribués ici, mais j’ai donné pour instruction de les donner à tout le monde, pour que chacun rentre chez soi, parcourt l’ouvrage, le lise pour lui-même, et se forme sa propre opinion. Dans ce livre, en ce qui concerne les contradictions, le Coran nous dit « Ne considère-t-il pas le Coran avec vénération ? » S’il provenait de quelqu’un d’autre que d’Allah, on lui trouverait beaucoup d’incohérences, beaucoup de contradictions. Le Coran n est pas notre propos ce soir. Mais c’est ce que dit le Coran. Si c’est vraiment la parole de Dieu, n’importe quel livre qui prétend être le livre de Dieu ne contiendra aucune contradiction.

Ainsi, à propos de l’exemple qu’a donné mon frère, je vais le répéter. Ecoutez dans un des livres il est écrit que Salomon avait 4 000 crèches pour les chevaux, dans un autre qu’il avait 40000 crèches pour les chevaux.

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Entre 4 et 40 il n’y a que la différence d’un zéro. C’est que ce vous dites. Quant à moi, je dis, vous savez, mes cousins les juifs ne connaissaient pas le zéro quand ils écrivirent le livre. Ils ne le connaissaient pas. Ce sont mes frères arabes qui l’ont appris de mes pères en Inde et qui l’ont partagé avec le monde entier. Le zéro, les juifs ne le connaissaient pas. Ils l’ont écrit en mot: quatre: q-u-a-t-r-e en hébreu et quarante: q-u-a-r-a-n-t-e. Je dis en fait: Qui a fait la faute ? Dieu ou l’auteur ? On dit qu’il n’était pas à l’abri des fautes. Madame Elen G. White, vous voyez, c’est une cultiste, la prophéteuse du mouvement adventiste du 7ème jour dit, dans son commentaire de la Bible, qu’elle n’a pas de raison de mentir. Elle croit que la Bible est la parole inspirée de Dieu. Et pourtant elle dit que « La Bible que nous lisons aujourd’hui est le travail de nombreux copistes qui, dans la plupart des cas, ont accompli leur tâche avec une exactitude admirable. Mais les copistes n’ont pas été infaillibles, et Dieu très évidememment n’a pas jugé bon de les préserver totalement de l’erreur de transcription .

Autrement dit, ceci est l’affaire de Dieu. S’il le juge bon, s’il veut faire quelque chose, il le fait, s’il ne le veut pas, il dit : « Allez au diable ! C’est votre affaire . Donc Dieu n’a pas jugé bon de les préserver des erreurs de transcription. Dans les pages suivantes de son commentaire, Mme White assure plus loin : « Je vis que Dieu avait spécialement protégé la Bible.

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Dieu avait spécialement gardé la Bible. Je me demande de quoi. Pourtant, à l’époque où il n’y avait que peu d’exemplaires de la Bible, des érudits avaient à plusieurs reprises changé les mots des manuscrits originaux. Ils avaient changé les mots, croyant simplifier, quant, en réalité, ils obscurcissaient ce qui était simple en l’orientant du côté de leur point de vue établi dicté par la tradition.

De même, les témoins de Jéhovah. Ils ont publié une nouvelle traduction appelée Nouvelle Traduction Mondiale. Vous autres, orthodoxes, vous n’acceptez pas ça. Pourquoi ne le faites-vous pas ? Parce qu’ils ont leur propre tendance en fonction de leurs propres idées. Ils changent les mots de la même façon que les protestants l’ont fait. Il y a eu des gens qui croyaient que Jésus était Dieu et ils ont, d~s lors, changé les mots, nous disant donc que c’est ce qu’il s’est passé depuis le tout début. En ce qui concerne les 24 000 manuscrits dont vous vous vantez Frère Swaggart, il n’y en a pas deux qui soient identiques. Vos savants l’affirment. Comment arrivez-vous donc à savoir que ceci est la parole de Dieu et que cela ne l’est pas? Au vu de cela, quand vous ouvrez le livre – l’Injîl et la Thorah – dont vous parlez, voici comment commencent Marc et Matthieu. Dans votre version, celle du roi James, il est question de l’Evangile selon Saint Matthieu, de l’Evangile selon Saint Marc, de l’Evangile selon Saint Luc, de l’Evangile selon Saint Jean.

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Je demande pourquoi : à chaque fois selon ? Que veulent-ils dire ? J’ai ici le livre de Frère Swaggart intitulé  » L’homosexualité, ses causes et ses remèdes  » par Jimmy Swaggart ou simplement Jimmy Swaggart. Il ne dit pas « selon Jimmy Swaggart ». Pourquoi, dans le livre de Dieu, trouve-t­on tous ces « selon » ? Vous savez pourquoi ? Parce que Matthieu n’a pas signé de son nom. ainsi que Luc, Marc et Jean. Ces livres sont reconnus comme étant des livres anonymes attribués à Dieu.Quant à moi, je dis Ceci n’est pas l’Injîl. Vous voyez, même dans vos traductions arabes de ces livres, on lit ô Injîl Matti ╜ signifiant l’Evangile de Matthieu. Le mot ô Injîl ╜ est utilisé ô Injîl ╜ ô Murqus ╜, ô Injîl Lûqa ╜, ô Injîl Yûhanna ╜. Ce à quoi nous croyons est l’Evangile de Jésus, ce qu’il a prêché. Voilà ce en quoi nous croyons comme venant de Dieu. Quand vous regardez ces livres ù Matthieu, Marc ù ils représentent l’Injîl des évangiles de Matthieu, Marc. Mieux que les gens, nous croyons en l’Evangile de Jésus. C’est lui qui l’a prê­chée. Et Matthieu dit qu’il se rendit dans tel endroit et qu’il prêcha l’évangile. Marc, Luc et Jean firent de même.

Quant à moi, je dis Jésus avait-il un livre sous le bras ? Avait-il un livre sous le bras. Non ! Tout ce qu’il a prêché venait de Dieu. Voilà ce en quoi nous croyons. Si vous pouvez produire un document appelé ôl’Evangile de Jésus╜, nous serions très heureux de le

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reconnaître comme tel, de chercher à vérifier s’il vient de Dieu, et de l’accepter en tant que tel. Mais ce que vous avez, Matthieu, Marc, Luc et Jean, et Jimmy Phil­lips, chanoine à la cathédrale de ichester, en Angle­terre, dit dans la préface de son ouvrage ôThe anglican church╜ (L’église anglicane), à la page 7, à propos de Matthieu ô Une tradition ancienne a attribué cet évan­gile à l’apôtre Matthieu. (C’est ce que les gens disent). Mais les savants, aujourd’hui, rejettent presque tous ce point de vue╜. Quels savants ? Les savants juifs, les savants hindous, les savant musulmans ? Pas du tout. Ce sont les savants chrétiens, parmi les plus éminents, soutenus en cela par cinquante confessions qui disent que ce n’est pas Matthieu qui a écrit l’Evangile de Matthieu. Ils disent que: ô L’auteur que nous pouvons en­core, par commodité, appeler Matthieu ╜. Pourquoi ô par commodité ╜ ? Parce qu’au lieu que ce soit moi qui vous le dise, référons-nous au premier livre du Nouveau Testament, chapitre 9, verset 9, le premier livre du Nouveau Testament, chapitre 5, verset 17. Je vous fais perdre votre temps, et le mien aussi. Je dis donc : Mat­thieu chapitre 9 verset 9, Matthieu chapitre 5 verset 17 (par commodité, j’utilise le nom de Matthieu). Ils ont donc dit que l’auteur a simplement tracé à nouveau le mystérieux ô q ╜ entre guillemets, qui représente le mot allemand ô Quella ╜ qui veut dire ô source ╜. Et ces sour­ces auraient pu être un recueil de traditions orales. L’auteur aurait utilisé, en toute liberté, l’Evangile de Marc.

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Pour parler comme un maître d’école, il aurait largement copié sur Marc. Matthieu, un témoin oculaire et auditif de ce qui s’est passé auprès de Jésus; un de ses disciples, de ses apôtres qui va copier un livre vieux de dix ans qui ne se trouvait pas là. A quoi cela rime-t-il ? Un homme avec un témoin oculaire et un té­moin auditif? Un compagnon de Jésus ! Et vous dites que c’est la parole de Dieu!

En ce qui concerne la généalogie, Matthieu et Luc at­tribuent à Jésus 66 pères et grands-pères. A l’exception d’un nom, il n’y en a pas deux qui soient identiques. Sur ces listes séparées, chaque nom est un nom différent. Frère Swaggart dit ôL’une est la généalogie de Marie, l’autre de Jésus╜. Je dis : ôPourquoi de Marie? Est-ce que le livre dit cela ?ô Non ! Le livre dit: Ceci est la généalogie de Jésus-Christ. L’autre se termine avec Jésus-Christ. il n’y est pas question de Marie. Sur 66 noms, il n’y a pas deux qui soient les mêmes, àl’exception d’un seul, et le père présumé de Jésus-Christ, Dieu tout-puissant, ne s’y trouve pas. Pouvez-vous imaginer Dieu tout-puissant dictant la généalogie de son ôfils╜, sans se mentionner lui-même. Il s’égare. Pour dicter ainsi deux généalogies avec 66 noms sans s’y mentionner lui-même, il ne s’y trouve pas. Je me demande ce qu’il peut bien essayer de vous dire, en ne faisant pas figurer son nom. Un homme qui n a aucune généalogie, on lui a miraculeusement, sans aucune intervention du sexe masculin, donné 66 pères et grands­pères, et vous dites : c’est Dieu tout-puissant qui a dicté cela.

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Vous voyez Frère Swaggart, nous autres, musul­mans, nous sommes fortement opposés à cette espèce de manipulation de ce puissant messager de Dieu. Nous disons, c’était un puissant messager de Dieu. Sa nais­sance a été miraculeuse. Le Saint Coran en témoigne. il a fait, qu’aujourd’hui, un milliard de musulmans dans le monde, sans aucune espèce de preuve de la part des chrétiens, croit que Jésus-Christ est né miraculeuse­ment et qu’il était le messie, qu’il était la parole que Dieu a accordée à Marie. Je traiterai ce sujet demain soir dans le titre ôMohammed, le successeur naturel du Christ╜ et je serai prêt à répondre à toutes les questions qui viendront s’ajouter à celles de ce soir. Sur ces mots donc, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, je suis infiniment reconnaissant à la communauté ici réunie de m’avoir fourni l’occasion d’occuper la tribune au côté du plus grand orateur charismatique, Frère Jimmy Swaggart. Je considère cela comme un privilège et un honneur. Je vous remercie.

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JIMMY SWAGGART

Je regarde les Bibles que tient Monsieur Deedat, et dans le Coran, une sourate, celle que nous appelons chapitre 62 verset 5 dit : ôIl ressemble à l’âne qui porte des livres, de même que l’âne est inconscient de la va­leur de la charge qu’il a sur son dos, de même certains hommes ignorent les trésors spirituels qu’ils ont entre les mains. Que produit la Bible ? Ce qu’elleproduit, ce sont des preuves indestructibles. J’étais en Afrique, il y a peu de temps, et je me suis trouvé avec un groupe de ministres. J’ai fait leur connaissance, parlé avec eux, et j’ai demandéà l’un deux ou plutôt on lui a demandé : ô Comment êtes-vous devenu un ministre de l’Evangile de Jésus-Christ ? ô Vous voyez, Jésus ne peut pas être àla fois le messie, un grand prophète et un menteur. Sois il est ce qu’il a dit qu’il était, soit il est un menteur. Or, il n’est pas un menteur. Il a dit : ôVoici comment je suis devenu un ministre de l’Evangile. Il a dit : ô Un de mes plus proches amis était un chrétien. Nous avions sans arrêt des discussions sur l’islam, et sur le christianisme.

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Un jour, le jeune chrétien a dit: ôJe connais un homme possédé par le démon╜. Vous savez Saint Marc, chapitre 16 verset 17, dit :

ôEn mon nom, ils chasseront les démons.╜

Ceci est un livre de pouvoirs. Des millions et des millions ont été guéris par le pouvoir de Dieu en invoquant le nom puissant de Jésus. Des millions ont été transformés instantanément, délivrés des pires chaînes que l’enfer ait jamais pu forgées ainsi qu’il l’a mention­né. Par la puissance de la parole de Dieu tout-puissant, je vous rappelle que n’importe quel livre mort ne pour­rait produire ce genre de résultat. Allez à votre église, et vous verrez que plus de la moitié des gens qui s’y trou­vent sont d’anciens alcooliques ou d’anciens drogués. Chaque chaîne que l’enfer peut forger ù je sais que dans votre religion, l’islam, on croit à l’enfer ù mais aujourd’hui ils sont libérés par le pouvoir du Dieu Tout-Puissant, délivrés au nom puissant du Seigneur Jésus-Christ. L’Evangile de Jésus-Christ produit des résultats, ils brisent les chaînes du péché, il remplit le vide des cœurs, l’ami a dit : ôAllons-y et il l’a accompagné ╜. il allait prier pour cet homme possédé par le démon, un fou furieux. Il a dit: ôQuand nous sommes arrivés, il avait l’écume aux lèvres╜. Je n’ai jamais rien vu de pareil. Et il a dit: ôMon ami a prié pour lui sans résultat visible et il est parti chercher un autre ministre, et je suis resté seul avec ce fou furieux. Et il a dit : je pense que je vais, moi aussi, prier pour lui.

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Et il a dit qu’il a prié en disant, au nom de Mohammed [C'est un blasphème pour un musulman de prier au nom de Mo­hammed] : ôSors de lui !╜ Je lui ai demandé: ôQue s’est-il passé ?╜ ôRien !╜ ô il a prié plusieurs fois au nom de Mohammed : ôSors de lui !╜ ôToujours rien !╜ Et je ne dis pas cela pour manquer de respect à Mohammed. il aurait pu invoquer le nom d’Abraham ou de Moïse, il n aurait rien obtenu de mieux. Il aurait pu prier au nom de Paul ou de Pierre, il n’aurait rien obtenu de mieux. Alors, se trouvant là tout seul, il s’est dit: ôJe pense que je vais essayer. Mon ami chrétien l’a dit: Je n’y crois pas, mais je vais essayer. il a étendu les mains sur lui et il a dit: ôAu nom de Jésus-Christ sors de lui !╜

Alors, Frère Swaggart a-t-il dit, sous mes yeux, il a été délivré par le pouvoir du Dieu Tout-Puissant. Je sais que vous ne niez pas les miracles de Jésus, mais je vous rappelle avant de terminer, qu’un homme mort ne peut pas. produire de miracle. Je tiens à le répéter. Un homme mort ne peut pas produire de miracle ! Jésus est vivant! [Nous rappelons au lecteur que le sujet du dé­bat' est : La Bible est-elle la parole de Dieu ?] J’ai encore deux minutes. il a dit : ôVenez à moi vous tous qui êtes fatigués, chargés, et je vous donnerai du repos╜. Pre­nez mon joug sur vous et recevez mes mstructions parce que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez du repos pour vos âmes. Un jour, très bientôt, vous voyez, il a promis de revenir, il revient parce qu’il a dit qu’il reviendrait.

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La moindre prophétie de ce livre qui devait s’accomplir s’est accomplie. Les autres, celles qui ne se sont pas encore accomplies, s’accompliront. il y a dans le cœur de chaque homme la faim de Dieu. Seul Jésus-Christ peut apaiser cette faim, car Dieu est amour. il vous aime. Ce livre dit qu’il est amour et qu’il vous aime, en dépit du péché et de l’iniquité. il vous aime et veut devenir une réalité pour vous, il n’est pas lointain, distant, inapprochable. A travers Jésus-Christ, vous pouvez l’approcher, l’aimer, l’adorer et il vous aimera parce que c’est ce que dit son livre. Je vous remercie.

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LE PRESIDENT

Applaudissons ces deux brillants orateurs, applau­dissons-les tous les deux.

Mesdames et Messieurs, vous avez maintenant la possibilité de poser des questions. Quel que soient vos questions, veuillez les adresser soit au Révérend Jimmy Swaggart soit à Frère Ahmed Deedat.

Le glorieux Coran existe-t-il, dans sa forme origi­nale et pure. Les originaux n’ont-ils pas en fait été brûlés?

A. Deedat: il y a un Coran d’Othmân. Vous savez que lorsqu’il était calife, le frère Swaggart a mentionné quelque chose au sujet de lectures différentes, disant que Othmân avait fait brûler ces variantes. Pour donner un exemple tiré de son propre exposé, de l’exposé du Frère Swaggart, imaginez que quelqu’un ait pris des notes en sténo, en mentionnant un certain nombre de noms, il en a mutilé certains, mais nous le lui pardon­nons, parce quand il a dit: ôOtmân, ou quelque chose d’approchant, alors que nous, nous disons Othmân, il a plutôt dit Omar, ce qui sonne des plus horribles.

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Mais nous ne faisons pas exception pour cela, car vous n’avez pas l’habitude de nos noms, mais la personne qui noterait en sténo, si vous voulez le reproduire, vous ne pourrez jamais retrouver s’il s’agit de Othmân, le troisième calife de l’islam, ou de Omar le deuxième ca­life de l’islam. Hafsa, vous l’avez prononcé correcte­ment, par contre. Dans ce cas, si je parcourais les notes en vue d’une publication du discours du Frère Swag­gart, vous vous attendriez à ce que je le laisse tel quel. Vous savez donc ce qui va se passer en mutilant la façon dont Othmân s’épèle, ce n’est pas Otmân. Je vous dis alors : Vous savez c’est Othmân. Et si je ne vois pas le faire, voici donc ce qui s’est passé. Les li­vres, que ce soit en écriture hébraïque ou en écriture arabe, furent écrits à l’origine sans les points diacritiques et les voyelles, l’hébreu, sans les voyelles, et l’arabe sans les voyelles. Pour celui, dont c’est la langue maternelle, c’était facile de comprendre ce qui était dit. Mais pour un étranger, sans les voyelles, on ne sait pas rendre la prononciation correcte. C’est comme l’anglais, si vous écrivez sans les voyelles, la phrase ôl’homme dort sur le lit╜, le mot ôbed╜ (lit) s’écrirait bd, pas bid ou bed, bd est là pour ôbed╜. Vo­tre sens de langue vous fait substituer la voyelle dans votre esprit. Les Arabes connaissaient cela et les Juifs aussi, concernant leurs langues. Mais dès qu’on passe à une nation étrangère, la personne ne sait pas comment prononcer. C’est comme le mot ôel hamdu lillahi rabbu al-alamine╜, qui signifie ôla louange à Dieu, celui qui aime et celui qui dirige le monde╜. Ecrit sans voyelles, ,comment le prononcer: ôai hamdu╜ ou ôil hamdu╜ ou encore ôel hamdu╜. C’est ainsi que les différentes nations, dès qu’elles acceptèrent l’islam, commencèrent à prononcer comme elles entendaient, à l’écrire, mais aussi à mutiler la langue. Concernant la différence entre la prononciation anglaise et la prononciation améri­caine, vos façons d’épeler varient, mais heureusement le son, la prononciation ne varient pas. Mais si cela produit une différence de prononciation, vous dites non. Vous devez changer cela. il en est de même des lectures différentes de prononciations différentes. Vous dites: La révélation fut donnée dans le dialecte de Qo­raish qui état la famille, la tribu de Mohammed. Mais cette prononciation doit être préservée. Dès lors, toute autre traduction avec d’autres voyelles doit être élimi­née. C’est ce qu’a fait Othmân. L’exemplaire a été con­servé au musée Topkapî à Istanbul (Turquie).Frère Swaggart, voulez-vous m’expliquer comment, d’après la Révélation, ceux qui entreront au paradis se­ront 144 000 et seront tous des juifs des douze tribus? Qu’adviendra-t-il de ceux qui, comme nous, ne Sont pas juifs?J.   Swaggart : Est-ce cela votre question ? Les 144000 qui sont mentionnés dans le livre de la Révélation, comme l’a dit le frère, font partie du peuple juif, 12000 de chaque tribu, mais n’ont rien à voir avec les Gentils non juifs.55
Et ces 12000 seront choisis dans chaque tribu au cours de la période de la grande tribulations parce qu’ils seront ceux qui auront accepté le Seigneur Jésus-Christ comme leur sauveur personnel. C’est ainsi qu’ils seront transportés d’extase d’être au paradis. Cela n’a rien à voir avec la salvation des millions qui seront venus au Seigneur. Cela n’a rien à voir avec les Gentils. Cela ne parle que de ces 144000. Mais cela établit également que quiconque se revendique du nom Seigneur sera sauvé. Ainsi, n’importe quel Gentil qui en appellera au nom du Seigneur sera sauvé également. Je crois que cela répond à la question.Frère A. Deedat, Jésus dit que le Seigneur notre Dieu est un Seigneur unique. ôEt vous aimerez le Sei­gneur votre Dieu de tout votre coeur╜, dit Marc chapitre 12, versets 29-30. Les musulmans sont d’accord avec ╗les chrétiens sur le fait qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Mais comment les musulmans aiment-ils Dieu sans que leur coeur en soit modifié?A. Deedat : Que leur coeur en soit modifié. Mais regardez les musulmans! Regardez-les donc ! C’est àleurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des figues sur des chardons, ou du raisin de la tombe? Chaque arbre sain donnera des fruits sains, et chaque arbre mauvais donnera de mauvais fruits. Le test, ce sont les fruits.56
L’islam a créé la plus grande société de tempérance: abstinence d’alcool du monde. Ils sont quelque 100 millions de musulmans dans le monde et tous les musulmans forment un tout. ils sont absti­nents, ils ne boivent pas et n’achètent pas d’alcool. Voilà les fruits. Prenons le cas de ma propre race, les gens les plus racistes qui soient au monde, la caste des Hindous, la caste des Brahmans, ma nation, et vous voyez cette même nation, ces gens les plus racistes au monde qui deviennent des gens qui acceptent les Blancs et les Noirs, les riches et les pauvres comme leurs frères. il y a eu un changement. Toutes ces revendica­tions qui ont été faites pour la chrétienté disant que Jé­sus-Christ transforme la vie des gens, que le vieux vous sort de vous-même et qu’un nouveau vous y en­tre. Laissez-moi vous dire, mes chers frères et sœurs:Regardez cette puissante nation d’Amérique. Selon le frère Swaggart, il y a Il millions de buveurs. C’est ce qu’il dit et 44 millions de drogués sévères, la voilà vo­ire nation. Et le Frère Swaggart dit: ôJe ne vois aucune différence entre eux╜. C’est donc 55 millions de gens qu’ils considèrent comme des buveurs, mais il y a une différence. Il ne va pas assez loin. En islam nous di­sons même que vous êtes un buveur social. Le Saint Coran en parle, mais même avant, le prophète Mohammed avait dit: ôCe qui intoxique en grande quantité est interdit même en petite quantité╜. Pas d’excuse pour un petit coup ou pour un pot pris hors de chez soi.
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Le Saint Coran dit :

ôÔ vous qui avez la foi,
le vin, le jeu, le fait
de dire l’avenir et d’adorer des idoles
sont vraiment une abomination,
font partie des oeuvres de Satan.
Tenez-vous en à l’écart. Ainsi, pourrez-vous
peut-être prospérer.╜
coran590
  (Saint Coran 5:90)

Les bouteilles de vins furent alors déversées dans les rues de Médine pour ne plus être remplies. Ce sont les fruits de cet enseignement. Le Frère Swaggart dit, dans son livre sur le jeu, que ô54 millions de dollars sont gaspillés au jeu╜. Prenez le cas des miracles : le Christ a donné la vie, a guéri les malades. Mohammed n’a pas pu. Au nom de Mohammed, ils n’ont pas pu le faire, a dit Swaggart. Je vous dirais, mes frères et sœurs, que vous ne lisez pas dans les Ecritures. Jésus-Christ a dit:ôCar il va arriver de nombreux faux christs et de nom­breux faux prophètes qui vous montreront de grands signes et de grandes merveilles essayant de tromper les élus╜. Si de faux prophètes peuvent faire des miracles je vous demanderai si cela est un test pour votre foi.

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Non. Jésus-Christ dit que ceux qui feront de telles oeuvres miraculeuses, il vous le dit dans L’Evangile de Saint Matthieu, ce jour-là le dernier jour du jugement, il dira : ôBeaucoup viendront vers moi ce jour-là, disant:Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom, n’avons-nous pas chassé les démons en ton nom, et n’avons-nous pas réalisé beaucoup de grandes choses en ton nom, au nom de Jésus, n’avons-nous pas fait toutes ces choses ? N’avons-nous pas fait tout cela╜. Et il répondra: ôOui, mais je vous jure que je ne vous ai jamais connus. Eloignez-vous de moi, païens de l’iniquité, il ne s’agit pas de vous╜. il ne dira pas aux juifs : ôEloignez-vous de mois, partez, je ne vous connais pas╜. il ne le dira pas non plus aux Hindous, ni aux athées. C’est à vous qu’il le dira. Je voudrais sa­voir pourquoi il vous dira : ôJe ne vous connais même pas, allez-vous en !ô C’est pourquoi j’ai dit que ces choses ne sont pas un test. Jean-Baptiste fut, selon Jé­sus, l’un des plus puissants messagers de Dieu. Jésus a dit : ôParmi tous ces hommes et femmes, il n’y en pas eu un de plus grand que Jean-Baptiste╜. Et pourtant il n’a accompli aucun miracle. L’a-t-il fait ? Montrez-moi ce qu’il a fait. Quel miracle ? Les miracles ne sont pas un test. Mais le plus grand des miracles est que sans un miracle vous transformiez des nations. Des nations sont transformées, un milliard de gens qui n’achètent pas, qui ne boivent pas d’alcool à cause des préceptes de Mohammed. 59
Jimmy Swaggart : Qu’adviendra-t-il des musulmans qui croient en Jésus mais qui ne le considèreront pas comme un Seigneur, comme le fils de Dieu, quand ils mourront?Frère Swaggart : La Bible nous dit qu’il n’y a pas d’autre rédemption sous le ciel que par l’inter­médiaire du Seigneur Jésus-Christ. Le fait de croire en Jésus, de croire qu’il a fait des miracles, qu’il a été un prophète, qu’il a été un grand enseignant, n’est pas as­sez. Vous devez accepter ce qu’il a fait au calvaire de la croix pour que votre âme soit sauvée. L’homme peine sous un énorme fardeau de péchés comme résultat de la faute. Le péché n’est pas seulement un acte que vous commettez, ce n’est même pas une force, c’est une na­ture. Vous ne pouvez pas contrôler cette nature en cou­pant la main d’un homme. Vous devez atteindre son cœur. Si tous les musulmans du monde sont pénétrés et heureux de ce qu’ils ont, pourquoi des centaines de milliers d’entre eux regardent-ils mon émission de télé­vision [ils regardent également des émissions telles que ôDallas╜, ôDynasty╜ etc...].Deuxièmement, les vrais chrétiens ne boivent pas non plus. Ce que peut et doit avoir un homme c’est un changement de son cœur. Vous ne pouvez rien de l’extérieur. Cela vient de l’intérieur. Seul Jésus-Christ peut faire cela. Ne pas boire d’alcool ne suffit pas. Ne pas jouer ne suffit pas. S’en tenir tout juste aux règles ne suffit pas.
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La chrétienté, en réalité, n’est pas une re­ligion. Ce n’est pas une série de: ôFais et ne fais pas !ô Vous ne pouvez pas épargner pour votre salut. Jésus l’a payé sur la croix totalement et complètement, et nous l’acceptons. Ainsi, la nature de péché est brisée. La personne ne boit pas parce qu’elle croit pas qu’on va lui couper la main, les doigts de pieds ou le nez ou n’importe quoi. Elle ne boit pas parce qu’elle n’en a plus le désir. Acceptez Jésus-Christ comme votre sau­veur personnel, et L’Evangile comme destinée au monde entier, et non à quelques-uns sélectionnés, car Dieu aime le monde, et je signale au passage que le mot ôengendré╜ signifie également ôproduit╜, Monsieur. Dieu a produit son propre fils.
Le glorieux Coran déclare-t-il que le Saint Evangile est une guidance pour toute l’humanité?A. Deedat : Non, le Saint Coran ne dit pas que le Saint Evangile est une guidance pour toute l’humanité. La Bible ne le dit pas non plus. Vous voyez, lorsque Jésus-Christ envoya ses disciples avec la mission de prêcher et de guérir, il leur donna ses instructions. N’allez pas sur le chemin des Gentils et n’allez pas dans les villes des Samaritains, mais allez plutôt jus­qu’à la seigneurerie de la maison d’Israël. Je voudrais savoir quelle est la place des Américains anglo­saxons en tant que juifs de la maison d’Israël. Donc, tandis qu’il parlait une femme juive vint à lui pour que sa fille soit guérie.61
Alors il détourna le visage d’elle. Elle alla de l’autre côté et ne voulut pas le laisser partir. Les dis­ciples dirent: ôAidez-la, cette femme est entêtée. Vous savez comme un homme qui se noie s’accroche à un fétu de paille, une femme qui se noie fait de même. Guéris son enfant. Alors Jésus dit: ôJe ne suis envoyé qu’à la seigneurerie de la maison d’Israël╜. Jésus ajou­ta: ôNe jetez pas le pain des enfants aux chiens !ô Et qui étaient les chiens ? Les Gentils, c’est-à-dire vous et moi, tous les êtres humaines qui n’étaient pas juifs étaient considérés comme des chiens et des cochons, selon Jésus ou selon votre Ecriture. Et dès que Jésus a dit : ôNe jetez pas ce qui est sacré aux chiens, ne jetez pas les miettes aux porcs avant qu’elles ne rancissent╜ Et qui sont les chiens, et qui sont les porcs ? Les Gen­tils. Alors quand il a dit : ôNe jetez pas le pain des en­fants aux chiens╜, la femme désespérée gisant dans cet état dit : ôSeigneur Maître, même les chiens ont des miettes tombées de la table du maître╜. Et elle ajouta:ôDonne-lui les miettes !ô Voilà c’est dans les Ecritures. Malheureusement, les Ecritures n’ont pas été citées, les Ecritures ont cité ce que Jésus a dit. Jésus a dit non à la supposition selon laquelle vous pourriez juste croire en lui et être sauvés. Il a dit: ôEn vérité, en vérité, je vous le dis, à moins que votre droiture ne surpasse celle des scribes, vous n’entrerez pas au royaume des cieux . il n’y a pas de paradis pour vous à moins d’être meilleur que les juifs et moi je vous demande comment vous
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pourriez être meilleurs que les juifs en ne vous tenant pas aux lois et aux commandements. Répondez à cela.
Monsieur Swaggart, Monsieur Deedat a donné ses preuves que la Bible que vous tenez dans votre main n’est pas la parole de Dieu. Quelle preuve avez-vous qu’il a tort ? Je veux dire une preuve, non pas seulement une conviction.Jimmy Swaggart : Je crois avoir trouvé sans l’ombre d’un doute ce soir que la parole de Dieu est vraie. Et je ne vois pas de quelle autre preuve on aurait besoin. Vous pouvez lire la Bible et ne pas y croire. Mais le Seigneur nous dit d’y croire pour que nous en tirions les nombreux bénéfices. Si quelqu’un ne veut pas croire malgré la preuve qui lui est montrée il ne croira pas. Le Seigneur dit à un individu particulier:ôSi quelqu’un revient de chez les morts, il racontait l’histoire du seizième chapitre de Luc et un homme riche dit: ôEnvoie quelqu’un revenant des morts pour avertir mes frères, si quelqu’un revenait des morts, il ne croirait pas. Même s’il ne croit pas, les prophètes sont déjà là. Donc, on ne peut donner aucune preuve a un incroyant parce qu’il ne croira pas. C’est la réponse qu’il donna. Une fois encore, je cite un verset favorit:ôParce que Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son seul fils engendré de sorte que quiconque croira en lui ne périra pas mais aura la vie éternelle╜. Et je termi­nerai par une déclaration supplémentaire, Monsieur. Je suis la preuve qu’il est réel parce qu’il a sauvé mon âme.

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AhmedDeedat. Pourriez-vous citer et donner la réfé­rence du glorieux Coran et sinon dites-nous quand il a été corrompu, par qui et où exactement il a subi des modifications?

Ahmed Deedat : Monsieur le présentateur et mes chers frères. Vous savez que j’ai commencé à prendre la parole avec une incantation, une récitation. Je n’essayais pas de vous magnétiser, de vous hypnotiser. En réalité, je citais les mots du Coran qui nous instrui­sent et nous disent, nous informent que l’Ecriture dont les chrétiens nous parlent, la Bible, est leur propre créa­tion. Je répète ce que j’ai dit, je lis d’abord puis je lui donnerai la traduction.

ôMalheur à ceux
qui écrivent le Livre 

de leurs mains,
et qui disent,
ensuite, pour en tirer

un faible prix
ôCeci vient de Dieu !╜
Malheur à eux 
à cause de que
leurs mains ont écrit
à cause de ce
qu’ils ont fait.╜
coran279
  (Saint Coran 2:79)

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C’est comme ces 15 millions de dollars de bénéfice net faits sur la ôVersion Standard Révisée╜ [A. Deedat montre à l'auditoire la Bible dont il est question], 15 millions c’est très peu comparé à l’éternité, comparé à la bonté et au salut de Dieu. Ce n’est rien 15 millions.

ôMalheur à ceux
qui écrivent le Livre
de leurs mains,
et qui disent
,
ensuite, pour en tirer
un faible prix╜
coran279b
  (Saint Coran 2:79)

En d’autres mots, c’est ce que je vous ai prouvé tout au long. En réalité, je vous donnais un commentaire de ce verset coranique sans entrer dans les détails, car je sais que le temps primait. Au départ, nous étions d’accord pour une heure chacun. Pour quelque mystérieuse raison, on m’a volé 20 mn, ce qui fait que j’ai dû tout résumer. J’ai tellement plus à donner que je le réserve pour demain soir. Donc, maintenant ceci était en fait un commentaire sur le fait que ce livre a été rédigé de leurs propres mains.


Vous ajoutez cela, vous ôtez cela, vous ajoutez et vous effacez. Voyons, voici une preuve suffisante. Les livres que vous avez en mains sont une preuve suffisante que les livres ont été chan­gés, que vous les avez changés. Sur 24000 manuscrits il n’y en a pas deux identiques. C’est un challenge, pas deux de ces manuscrits ne sont identiques.Monsieur Swaggart, y a-t-il un endroit dans l’Ancien Testament qui dise que le prophète Mohammed viendra après Jésus?J.  Swaggart : Presque toutes les religions essaient de trouver dans la Bible leurs enseignements et leurs croyances. Le Coran fait de même. Il essaie de dire qu’il est mentionné dans la Bible, et que Mohammed est mentionné dans la Bible. Mais Mohammed n’est pas mentionné dans l’Ancien Testament. Je sais que vous faites référence au livre du Deutéronome, mais il n’est pas mentionné. [Non, Mohammed est mentionné par son nom dans l'original hébraïque: ôLe fils de Salo­-mon chapitre 5 verset 6╜]. Ce passage se réfère totale­ment et complètement au Seigneur Jésus-Christ. Mohammed n’est mentionné nulle part, de la Genèse àla période de la Révélation.66

Ahmed Deedat, que peuvent dire les musulmans du fait que des gens sont guéris au nom de Jésus?A. Deedat : Je n’hésite pas à admettre ce phéno­mène. Cela peut arriver et ces choses arrivent. Dans l’hindouisme, des gens font des miracles. En islam, des gens font des miracles. Vous savez, même au nom d’un faux Dieu, vous pouvez faire des miracles. Un femme, celle qui avait des hémorragies depuis sept ans sans guérison, en appela à Jésus. Tandis qu’il passait près d’elle, ella toucha l’ourlet de son vêtement et fut instantanément guérie. Jésus avait senti que quelque chose était sorti de lui, la regarda et dit : ôFemme, c’est ta foi qui t’a sauvée╜. Sa foi, le fait qu’elle avait la foi, qu’en touchant Jésus elle serait guérie, c’est cela. sa foi. Donc, en d’autres termes, la foi qu’on a en un faux Dieu peut également faire un miracle. C’est Jé­sus qui l’a dit:ôCar il viendra beaucoup de faux prophètes et de faux christs, qui vous montreront de grands signes et de grandes merveilles au point de tromper les élus.╜Même les disciples de Jésus pourront être abusés par de tels miracles. Alors les miracles ne constituent pas une preuve de l’authenticité de la personne. 67

Monsieur Jimmy Swaggart, pourquoi l’Ancien Tes­tament ne mentionne-t-il pas qu’il est le fils de Dieu ? Si oui, lisez-le moi s’il vous plait!
J. Swaggart : Dans Isaïe chapitre 7 verset 14, on lit:ôC’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un fils. Attention, une vierge concevra et portera un fils et il lui donnera pour nom Emmanuel, et Emma­nuel signifie ôDieu avec nous╜.
[Emmanuel signifie ôDieu avec nous╜ et non ôle fils de Dieu╜].
Monsieur Ahmed Deedat, qui peut nier le fait que Dieu qui a préservé dans le passé sa parole, la Thora ainsi que le Saint Evangile peut les préserver à jamais?A. Deedat : Ce que je vous ai dit pendant toute la soirée, c’est que ces livres n’ont pas été préservés. S’ils L’avaient été, ils mériteraient d’être reconnus. Qu’est-ce qui a été préservé alors ? Les choses qui sont dedans ont créé tous les dégâts. Le genre de livres qui est de la pornographie, je vous dis de le lire. Mon frère a eu plus de temps que nécessaire pour lire ce petit chapitre dEzekiel. J’ai dit que je défie quiconque de le lire à sa congrégation et je vous dis que je parie que vous ne le lirez pas. La raison : parce que ce n’est pas la parole de Dieu. Si c’était la parole de Dieu, vous n’auriez pas honte.68
Si Dieu Tout-Puissant n’avait pas honte de révéler les détails de la prostitution de Dieu vous n’en auriez pas honte. Si Dieu Tout-Puissant n’avait pas honte de révéler les détails de la prostitution de ces deux soeurs, pourquoi donc, je vous le de­mande, auriez-vous honte ? Etes-vous plus saint que Dieu ? C’est ce qu’on pourrait en déduire. Vous êtes si saint que vous n’osez pas prononcer les mots que Dieu Tout-Puissant a prononcés. Etes-vous plus saint que Dieu ? Je dis non. La question est que ce n’est pas de Dieu. Vous dites que la Bible a été écrite par quarante auteurs différents. Quarante personnes ont écrit ce livre. Nous, nous disons que nous croyons à la Thora, cela signifie la Révélation que Dieu a donnée à Moïse. il n’a pas envoyé un livre. Le frère Swaggart admet que les seules choses écrites par Dieu furent ses tablettes et que ces tablettes, Moïse les a détruites, jetées et mises en pièces. Si ces cinq livres avaient été écrits sur des ta-blettes de pierre, vous auriez besoin d’un musée aussi haut qu’un gratte-ciel pour conserver les pierrés de la Genèse, de l’Exode, du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome. Où les garderiez-vous, ces tablettes de pierre ? Non. Nous disons que ce ne sont pas les livres de Moïse. Moïse n’aurait aucune raison de rabaisser Loth, un prophète comme lui, en prétendant qu’il a commis l’inceste avec ses filles. Et Ruben, un des fils de Jacob, qui aurait commis l’inceste avec sa mère.
69
Pourquoi ? Et Juda, le père de la race juive, d’où vient le mot judaïsme qui aurait cohabité avec ses belles-filles sur le bord de la route lorsqu’il se rendait à Tîndat. Il voit une femme sur le bord de la route. il va vers elle et lui demande

:ôPermets-moi d’entrer avec toi╜.
Elle répond: ôQue me donnes-tu ?
ôil dit : ôJe te donnerai des jeunes du troupeau.╜
Elle demande ce quelle peut avoir comme garantie.
il répondit: ôQuelle garantie veux-tu ?
ôElle répondit: ôTon sceau, ton bracelet et tes provisions.╜

Alors, il cohabita avec sa belle-fille et eut des ju­meaux, Faris et Zara, que l’on met maintenant dans la généalogie de Jésus. Ces enfants, issus de l’inceste, se­raient les ancêtres de Jésus-Christ, selon Matthieu chapitre 1 verset 1. Et voici la généalogie de Jésus-Christ, fils d’Abraham, fils de David. Abraham eut Isaac, Isaac eut Jacob, Jacob eut Juda et son frère, et Judâ eut Fais et Zara de Tamara. Qui sont-ils ? Regar­dez la référence indiquée : Genèse 38. Vous trouverez le beau-père cohabitant avec sa belle-fille, produisant ces enfants incestueux qui ont l’honneur de devenir les arrières grands-parents de Jésus-Christ. Je voudrais sa­voir comment cela fait partie du livre de Dieu. Com­ment cela fait-il partie de la généalogie d’un homme qui n’a pas de généalogie.

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Monsieur Swaggart, voulez-vous répondre â la re­quête de Monsieur Deedat de lire certains passages de la Bible, je veux dire les passages que le frère Ahmed nous a mis au défi de lire dans son exposé?

J.Swaggart : Monsieur Deedat a le problème derépondre à des questions qui n’ont jamais été posées. Ezekiel 23:

ôLa parole du Seigneur vint à moi disantFils de l’homme, il y avait deux femmes, les filles et une mère et elles se prostituaient en Egypte. Elles ont commis la prostitution dans leur jeunesse. Elles eurent leurs seins pres­sées, et elles meurtrissaient les mamelons de leur virginité et leurs noms étaient Aholah l’aîné et Aholibah sa soeur, et elles furent àmoi, et eurent des fils et des filles, donc leurs noms furent Samaria et Aholah, et Jérusalem Aholibah.

Et Aholah joua à la courtisane lorsqu’elle était mienne. Et elle aima à la folie ses amants, ses voisins assyriens dont les vête­ments étaient bleus, capitaines et comman­dants, tous des jeunes gens désirables, des cavaliers montant leur cheval. Donc elle com­mit ses prostitutions avec eux, avec tous ceux qui étaient les hommes choisis d’Assyria, et avec tous ceux qu’elle aima à la folie.

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Avec toutes leurs idoles elle se débaucha. Elle n’abandonna jamais ses prostitutions amenées d’Egypte car, dans sa jeunesse, ils avaient couché avec elle. Ils avaient contusionné les seins de sa virginité et versé leurs prostitu­tions sur elle. C’est alors que je l’ai délivrée de ses amants, dans les mains des Assyriens qu’elle aimait à la folie.Ils découvrirent sa nudité, ils prirent ses fils et ses filles, et la tuèrent de leur épée et elle devint célèbre parmi les femmes car ils avaient exécuté la sentence sur elle.Et lorsque sa soeur Aholibah vit cela, elle devint encore plus corrompue dans ses amours irrégulières et dans ses prostitutions, plus que sa soeur dans ses prostitutions.Elle aima à la folie ses voisins assyriens, capitaines et dirigeants dans leurs vêtements des plus magnifiques, cavaliers montés sur leurs chevaux, tous des jeunes hommes désirables.Alors je vis qu’elle était débauchée, qu’elles avaient pris toutes les deux le même chemin, et qu’elle avait augmenté dans ses prostitutions, car lorsqu’elle voyait des por­traits de jeunes hommes peints au mur, les portraits des Chaldéens peints en rouge ver­ 72

millon, vêtus de ceinture sur leurs reins, extravagants dans leurs atours teints sur leur tête, tous ressemblant à des princes suivant les manières des Babyloniens de Chaldée, leur pays natal.╜Jusqu’où voulez-vous que j’aille ? Attendez un ins­tant chapitre 19.ôPourtant elle multiplia ses prostitutions appelant dans ses souvenirs les jours de sa jeunesse où elle jouait les courtisanes au pays d’Egypte, car elle aima à la folie leurs amants dont la peau est semblable à la peau des ânes, et dont le jaillissement est semblable à celui. des chevaux.╜ôVoulez-vous que je continu à lire ?ô
ôJe crois que cela suffit.╜
ô0K, attendez, je veux mes cent dollars maintenant!╜ Tous les musulmans sont des gens de confiance. Voilà les cent dollars, mais cet homme a la poche pleine d’argent. Ça va encore aggraver la dette extérieure des USA. Je ne sais pas quel sorte de programme d’action vous avez ici en islam, mais je veux donne ces cent dol­lars pour ce que vous avez, pour aider à couvrir les frais de cette conférence de ce soir.
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Monsieur Deedat, vous avez déclaré que l’islam croit en la naissance virginale du Christ, or Dieu n’engendre pas et n’est pas engendré. Lue chapitre J versets 34-35 explique la naissance du Christ comme étant le Saint-Esprit qui a couvert Marie de son ombre et le pouvoir du Très-Haut qui est venu sur elle. Comment expli­quez-vous cela?
A. Deedat : Vous savez, le frère Swaggart a sug­géré durant son exposé, que le Coran était une copie, un plagiat d’études issues de la Bible. Laissez-moi donc vous donner cet exemple, une comparaison entre ce que disent les Ecritures et ce qui est dit dans le Coran au sujet de la naissance de Jésus.

ôAu nom de Dieu, le très clément,
le miséricordieux.
Et lorsque les anges disent
Ô
Marie Dieu t’a choisie
et t’a purifiée,t’a choisie
sur toutes les femmes
de toute la nation.╜
coran342
  (Saint Coran 3:42)

Voilà l’honneur qui fut fait à Marie, la mère de Jésusdans le Saint Coran. Elle est une femme choisie parmi toutes les femmes de toute les nations.

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« Ô Marie, adore
ton Seigneur avec dévotion,
prosterne-toi et incline-toi
avec ceux qui s’inclinent
en prière. Cela fait partie
des nouvelles de l’inconnu
que nous t’inspirons.
Tu n ╗étais pas parmi eux
alors qu’ils jetaient
leur calame pour savoir
qui d’entre eux prendraient
Marie à sa charge,
Et tu n ╗étais pas parmi eux
alors qu’ils se disputaient. »
coran344
  (Saint Coran 3:44)

Je ne vais pas vous donner l’histoire complète, mais si je puis, je devrai le faire demain soir. Mais les versets continuent.

« Et lorsque les anges dirent:
Ô Marie, Dieu t’annonce
la bonne nouvelle
de la prochaine venue
d’une parole de lui
Son nom est le messie,
Jésus, fils de Marie,
honoré dans ce monde
et dans l’autre et
parmi les rapprochés. »
coran345
  (Saint Coran 3:45)

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Mais les chrétiens ajouteront qu’il est assis à la droite de Dieu. Nous ne disons pas physiquement, ni géographiquement, mais en stature, en spiritualité, dans la compagnie de ceux qui sont les plus proches de Dieu.

« Et il parlera
aux gens,
aux berceaux et adultes,
et il fait partie
des vertueux. »
coran346
  (Saint Coran 3:46)

Lorsque cette bonne nouvelle fut donnée à Marie de la naissance d’un fils béni, elle dit:

« Seigneur. comment se Deut -il
que j’aie un enfant
alors qu’aucun être humain
ne m ╗a jamais touchée.
Il dit: C’est ainsi,
Dieu crée ce qu’il veut,
quand il décide d’une chose,
il lui suffit de dire Soit ! pour qu’elle se réalise. »
coran347
  (Saint Coran 3:47)

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Voilà comment les musulmans conçoivent la nais­sance de Jésus, que Dieu a créé un Jésus sans père hu­main, juste comme cela, ou de créer un million de Jésus sans père, sans mère, juste comme cela. La version biblique en comparaison, je la suggère au révérend Dunkan, le chef de la société biblique de Johannesburg. J’étais allé acheter une Bible indonésienne à Johannes­burg, et il m’avait invité pour le thé, car il m’avait re­marqué à cause de mes drôles de cheveux et de ma drôle de barbe, et avait vu que j’étais intéressé par les Bibles. Donc, il m’appela dans son bureau et je lui ex­pliquai ceci. C’était nouveau pour lui, ça l’étonnait que je parle ainsi de ce qu’il y a dans mon livre. il dit « Vraiment, je trouve que ceci est la Bible c’est la même chose ». Je lui dis : « Oui, en apparence, nous essayons tous les deux de dire la même chose: que Jésus a été créé par un miracle spécial. Mais quand vous comparez de près la différence entre la Bible et le Coran, ses craie et fromage. Je ne sais pas si les Américains compren­nent cette expression. Les Canadiens ne la comprenaient

77


pas, car ils ne connaissent pas la craie. Ils con­naissent le crayon et le fromage. Craie et fromage signi­fient deux mondes à part. Le Coran dit que pour Dieu, créer quelque chose c’est simplement la vouloir, et la chose devient. La Bible pose la même question: Comment serait-ce possible alors « qu’aucun homme ne m’a touchée ou que je ne connais aucun homme », sous-entendu sexuellement. La Bible dit: « Et le Saint-Esprit viendra sur toi, et le pouvoir du Très-Haut te vaincra. »
Cela donne un tableau que les athées et les agnos­tiques refusent. Comment l’Esprit Saint viendrait-il sur Marie ? Comment le Tout-Puissant l’a-t-il recouverte de son ombre, comme sa femme, comment ? Non, nous savons qu’il ne veut pas dire cela, mais le langage des deux est différent: le langage coranique est que lorsque Dieu crée quelque chose, il la veut et la chose est. Le langage biblique est terre à terre. J’ai demandé au révé­rend Dunkan : « Quelle version seriez-vous plus prêt àdonner à votre fille : la version coranique de la nais­sance de Jésus ou la version biblique ? » Et croyez-moi, il baissa la tête de honte et dit: « Je préfererais donner à ma fille la version coranique ».
Frère Swaggart, que vouliez-vous dire par le terme « unique »?78
J. Swaggart :Après cette réponse, je propose que –ce n’est pas hors des règles — ce soit la dernière question. Dans la traduction grecque, le mot « unique » signi­fie simplement « différent de tout ce qui a jamais existé ». Il n’y en a jamais eu un comme le fils de Dieu. il est unique. Il n’y en a jamais eu comme Marie qui produi­sit le fils de Dieu, comme il l’a expliqué d’une façon si éloquente il y a un moment. Cela veut simplement dire qu’il n’y en a jamais eu auparavant comme lui, qu’il n’y en aura pas comme lui après cela. Il est unique en tant que fils de Dieu, manifesté dans la chair. Et, à pro­pos, nous chrétiens ne croyons pas en trois dieux. Nous ne croyons pas que Dieu est marié et vit dans un appartement au Paradis, et a beaucoup d’enfants. Nous ne croyons . pas qu’il faille enseigner une telle folie. Nous croyons que, par amour, Dieu Tout-Puissant a condescendu de descendre ici sur cette planète et de vivre parmi les êtres humains, et de marcher et de parler parmi les hommes et sous une forme humaine. C’est l’incarnation. Le fait d’être mort sur la croix comme of­frande de soi parfaite pour une humanité, l’homme étant impuissant à se sauver lui-même. Et c’est ce qu’il fit. il a dit aux gens:«  Vous avez tué son corps. Dans trois jours, je le ressusciterai. »Une fois de plus, il fut unique en cela. il fut unique dans ses prophéties. Il fut unique dans sa naissance. Il fut unique dans sa vie, il fut unique dans ses miracles.79

il fut unique dans son ministère. Il fut unique dans sa mort. Il fut unique dans sa résurrection. il fut unique dans son ascension. Et lorsqu’il reviendra, il sera unique dans son retour.
Monsieur Deedat, nous vous avons invité dans notre nation chrétienne pour débattre du sujet : « La Bible est-elle la parole de Dieu ? ». Voudriez-vous maintenant avoir le courage d’inviter le Révérend Swaggart à dé­battre du même sujet dans la cité de la Mecque. Si non, pourquoi?A. Deedat : Vous savez, si la question était: « Etes­vous prêt à débattre avec le frère Swaggart dans diffé­rentes villes des Etats-Unis, je dirais que je suis même prêt à offrir i 000 dollars pour chaque meeting. Pour quatre meetings aux USA, ce serait 40000 dollars. Mais la question était de savoir si je suis prêt à l’inviter à la Mecque ? Tout d’abord, je ne possède pas la Mecque. Deuxièmement, si vous voulez aller à la Mecque, il vous faut un visa. Lorsque j’ai dû venir aux USA, votre gouvernement m’a forcé à faire ce visa. J’ai dû passer par tous les cheminements pour l’avoir et me voilà. Vous savez, je voulais aller dans l’ancienne Zambie lorsque la Zambie devint indépendante. A cette époque, c’était Yann Smith qui gouvernait la Rodhésie du Sud. Alors, ils m’ont donné les formulaires pour le visa et j’ai dû noter au dos que je reconnaissais pas le régime illégitime de Smith avant qu’ils ne me donnent le visa.80
Je voulais y aller, alors j’ai dû signer le document que je ne reconnaissais pas le régime illigitime de Smith en Rodhésie du Sud. De la même façon, si je dois venir aux USA, je dois remplir vos conditions, quoique vous me demandiez si je suis prêt à passer par là, j’obtiens le visa. Sans cela pas de visa pour le Canada, par de visa pour ici, pas de visa pour les gens en Afrique du Sud. Vous devez remplir les conditions. Il y a une condition pour visiter la Mecque, et cette condition c’est que vous déclariez avec vos lèvres : « La illa. Mohammed rasul allah ». La signification en est: « Je crois qu’il n’y a qu’un Dieu, ni père, ni Saint-Esprit, ni Jésus. Je crois dans le Dieu un et unique « Allah », ce qui est son nom, et que Mohammed est le dernier messager, le messager final de Dieu ». Si vous remplissez cette condition, vous êtes le bienvenu à la Mecque.
Monsieur Swaggart, selon votre position, la version du roi Jacques de la Sainte Bible est nécessaire pour le salut. Pouvez-vous dès lors en déduire que celui qui utilise une autre Bible brûlera en enfer tout comme les musulmans, les bouddhistes, les catholiques, les juifs, etc…?
J. Swaggart : Je n’ai jamais dit et jamais cru que vous deviez croire en la version du roi Jacques pour être sauvés. C’est de la folie. C’est idiot. Et avant de répondre à la question, si vous ne me laissez pas aller à la Mecque, laissez-moi y passer à la télévision. Monsieur Deedat a mentionné la double version de la Bible ou traductions disons-le ainsi.81
Nous n’acceptons pas les livres falsifiés qui ont été mentionnés mais nous croyons en une double traduction. Nous ressentons que c’est une bonne traduction. Personne ne doit croire en une traduction particulière de la Bible pour être sauvé, et encore une fois, la parole de Dieu dit : ôIl n’y a pas d’autre nom sous le ciel╜. Elle nous dit aussi que nous sommes sauvés par notre foi, pas par les actions dont devrait se glorifier n’importe qui. Nous sommes sauvés par la foi dans le Seigneur Jésus-Christ. Et je ne me préoccupe pas de savoir où est la parole. Avez-vous un Coran ici Monsieur ? J’espérais qu’il en avait emporté.· Quelque soit le mot de Dieu qui est dans ce livre, si vous y croyez comme relevant du salut, vous serez sau­vé. Vous suivez ce que je dis. Si la parole de Dieu ap­partenant au salut, appartenant à la rédemption, appar­tenant au fait d’être sauvé, qu’elle est écrite sur le côté d’un mur quelque part, pour être franc avec vous, elle est écrite sur mon coeur. C’est ce que la Bible nous dit. Vous pouvez étudier ce livre par coeur et le vénérer, il ne vous sauvera pas. Il n’a pas le pouvoir de vous sauver. Mais bien la parole de Dieu, c’est-à-dire accep­ter Jésus-Christ comme votre propre sauveur person­nel. Si c’est dans le Coran, vous pouvez être sauvé.

Monsieur Deedat, comment les musulmans expliquent-ils­ les différentes versions du Coran ? Toutes ces versions sont-elles des mensonges, ainsi que vous le dites de la Rible?

82
A. Deedat : Je le répète, des versions différentes du Coran cela n’existe pas. J’ai dit qu’il y a des traductions, tandis que les vôtres ce sont des versions. Dans ses réponses aux questions précédentes frère Swaggart a dit qu’il y a sept livres falsifiés dans la version de Douay. Sept livres falsifiés qu’il rejette, c’est donc une version. Il y a sept livres dans celle-ci qu’il n’est pas d’accord d’admettre comme la parole de Dieu. Par contre, chaque Coran traduit dans le monde c’est la parole de Dieu traduite. Nous avons un choix de mots, mais ce ne sont pas des versions. Voici ces trois différentes versions, beaucoup de choses sont rejetées de ce qui est dans celle-ci. Ce sont trois versions différentes. J’espère que vous comprenez mon anglais Vous savez, je ne sais pas comment je pourrais le dire plus simplement, que les choses sont variées. [A. Deedat montre les différentes versions de la Bible]. Ce qui est ici dans le septième livre n’est pas là. Ce qui est ici dedans n’est pas dans ça. Ce qui est ici dedans a été enlevé de là de nouveau. Voyez-vous c’est une version.

Révérend Jimmy Swaggart, qu’est-ce que la Trinité?

J. Swaggart :Nous croyons que la parole de Dieu enseigne qu’il y a un dieu, non pas deux, cinq, dix ou quinze, manifeste en trois personnes, en trois diffé­rentes personnalités.

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Nous croyons qu’il y a un père dans les cieux. Nous croyons qu’il y a Dieu le fils, et nous croyons que le Saint-Esprit qui, comme l’a men­tionné Monsieur Deedat, est venu sur Marie est aussi Dieu. Ils sont indivisibles, ce qui veut dire qu’ils sont parfaitement d’accord. Ils sont un dans l’unité. ils n’ont jamais été en désaccord. Nous croyons que lorsque vous allez au Paradis, si vous y allez, Jésus-Christ sera assis, selon la parole, de Dieu à sa droite. Et nous maintiendrons ce trône pour toujours. Enfin c’est que ce nous voulons dire par trinité.

Monsieur Deedat, croyez-vous au Saint-Esprit? Pourquoi ou pourquoi pas?

A. Deedat :Vous savez, l’idée du Saint-Esprit dans la chrétienté est qu’il est un dans la Trinité. Lorsque les chrétiens disent que le père est Dieu, que le fils est Dieu, et que le Saint-Esprit est Dieu, et qu’il ne sont pas trois Dieux mais un seul Dieu, dans son caté­chisme il continue que le père est Tout-Puissant, que le Fils est tout-puissant et que le Saint-Esprit est tout-puissant, qu’ils ne sont pas trois toutes-puissances mais un seul tout-puissant. Il continue votre catéchis­me. Il dit que le père est une personne, que le fils est une personne, et que le Saint-Esprit est une personne, mais ce que le frère Swaggart dit dans son livre, per­sonne, personne, personne, mais pas trois personnes, mais personne, je me demande quelle langue vous parlez, c’est du baragouinage, ce n’est pas de l’anglais.

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Vous savez, il a dit : personne, personne, personne, mais pas trois personnes, mais une personne. Je veux dire, frère Swaggart, que vous et vous autres deux, nous dirons qu’ils sont trois triplés identiques, et que nous ne pouvons pas faire de différence entre vous trois. Ils sont tous identiques. On ne peut pas faire la différence. Si l’un de vous commet un meurtre, pou­vons-nous prendre les deux autres. Vous direz non. Je demanderai pourquoi. Vous direz: il est une personne différente. Je dirai d’accord. Mais qu’est-ce qui le rend différent. Vous direz sa personnalité. Donc, voyez-vous, le père, l’imagination, l’esprit humain, vous n’y pouvez rien. Mais quand vous utilisez des mots, ils évoquent certaines images mentales. Lorsque vous uti­lisez des mots, ils évoquent des images. Lorsque vous dites « Au Nom du père », vous avez une certaine image mentale du vieux père Noël, de Saint Nicolas. Des mil­lions et des millions d’hommes omnipotents, mais res­semblant à des hommes, assis sur une quelconque planète, balançant les pieds sur un repose-pieds, por­tant un casque, le bien-aimé père dans les cieux. Quand vous dites « Dieu le fils », je vous demande si vous pensez à un taureau de combat ou à quelqu’un de déloyal. Non, vous pensez à un beau jeune homme aux cheveux blonds, aux yeux bleus, à la physionomie agréable. Quelque chose comme le roi des rois, Jésus de Nazareth, le jour de son triomphe, joué par Geoffroy Hunter, beau jeune homme, blond, yeux bleus, physio­nomie agréable, jolie barbe, pas quelqu’un avec un nez tordu qui vous ferait venir d’autres images à l’esprit.85Vous savez, Shakespeare rendit Shylock célèbre. Non vous pensez à quelqu’un comme à un Anglais, un Nor­dique du type germanique, avec un nez droit, le fils. Et le Saint-Esprit, quelque chose qui est venu comme une colombe lorsque Jésus a été baptisé par Jean-Baptiste dans le Jourdain ou quelque chose qui vient comme des flammes de feu à la pentecôte. L’image n’est pas très vivace, mais elle est là. Vous avez trois images men­tales distinctes et quelque soient vos efforts vous ne pouvez jamais superposer ces trois images pour en créer une seule. Elles seront toujours trois dans votre esprit. Si je vous demande combien d’images vous voyez, vous répondez une. Frères et soeurs, vous me mentez. Vous me mentez.Monsieur Swaggart, premièrement donnez-vous la permission pour tous ceux qui seraient intéressés d’avoir une copie de cet évènement ? Deuxièmement, pourquoi n’avez-vous pas permis que cet événement soit télévisé. Nous vous avons offert la possibilité que cet événement soit télévisé à la Mecque, mais ça nous a été refusé. J.Swaggart : N’avez-vous pas honte ! Vous m’avez mal cité. Je n’ai pas dit que Dieu est une personne, que le fils est une personne, que le Saint-Esprit est une personne.86Je n’ai jamais dit cela. J’ai dit qu’il y a un Dieu, pas une personne [Cf au livre de Jimmy Swaggart « The Error of the Jésus only Doctrine », page 9, dans lequel nous pouvons lire « We teach is one God manifest in three persons : God the Father, God the Son, God the Holy Ghost… »] Il me semble qu’ils sont en train de retransmettre cela par télévision. Je vois cinq caméras. Vous dites qu’ils ne sont pas en train de le té­léviser. Or, ils sont en train de le téléviser. Non ? Je suis un peu confus. Je ne comprends pas.

En réponse à la seconde question je réponds: Oui sans aucun doute, du moment que vous n’éditez pas des enregistrements. Vous savez, j’en connais un brin sur la télévision. Et on peut faire dire à n’importe qui tout ce que vous voulez lui faire dire, en faisant un montage. Nous sommes experts en la matière, Mon­sieur Deedat. Et je fais confiance à cet homme. Vous me regardez, Monsieur. Je vous fais confiance. Mais je ne fais confiance au monde entier que je ne vois pas. Et nous demandons de signer une déclaration disant que si vous vouliez le retransmettre à la télévision et l’em­porter avec vous, pour tout ce que vous voudriez en faire, ce serait à la condition de nous dire où vous allez l’éditer, et comment vous allez le découper. Je crois que ce n’est que justice. Nous ne voudrions pas pren­dre ce qu’il a dit, le découper et le faire paraître dire quelque chose qu’il n’a pas dite. Ce ne serait ni bien, ni juste. Et je crois que nous nous sommes comportés d’une façon aussi chrétienne que possible.

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Le Darwinisme

Créé par le 17 déc 2008 | Dans : Darwinisme

Le DARWINISME ….. ! une invitation à la vérité, découvrez l’avis et les preuves de l’islam dans ce sujet en cliquant sur ce lien, Cliquez ici .

autres langues…. Anglais.

Episode : 2

Créé par le 01 déc 2008 | Dans : Invitation à la Coexistence, Non classé

Invitation à la Coexistence

Episode : 2

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux; Louange à Allah Seigneur de l’Univers, et que la Bénédiction et le Salut d’Allah soient accordés à notre maître, le Messager d’Allah.

Nous rappelons que cette invitation s’adresse à toutes les catégories de la société pour les inciter à éliminer les barrières et à détruire les obstacles qu’ils se sont à un certain moment dressés, dans le but d’établir un pont de communication qui partirait d’un sens commun, si minime soit-il, en dépit de la diversité de leurs motifs, de la divergence de leurs opinions et de la variété de leurs intérêts; un pont de communication qui mène à un dialogue avec l’Autre, au sein de la société, en passant par la famille pour parvenir au niveau de tous les pays musulmans; un pont de communication qui serait susceptible de raffermir les rapports réciproques entre les différentes générations, et de consolider le respect mutuel. Procédure nécessaire afin de pouvoir entrer en relation avec le monde occidental.

Nous nous sommes appuyés dans notre émission sur le verset 1 de Sourate Al-Anfâl (Le Butin), qui peut être traduit comme suit : « Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous et obéissez à Allah et à Son messager, si vous êtes croyants.»

Ainsi que sur le verset 9 de Sourate Al-Houjourât (les Appartements) qui peut être traduit comme suit : « Et si deux groupes de croyants se combattent, faites la conciliation entre eux ».

Nous nous sommes également basés sur quelques-uns des Hadiths du Prophète qui évoquent notamment ce point : « Les croyants sont tous des frères, préoccupez-vous de concilier vos frères » et « le croyant est un compagnon intime;» c’est-à-dire avec qui on devient vite familier de par son caractère sociable, et de plus, avec qui on peut facilement vivre. Le Prophète (Bénédiction et Paix sur lui) dit également : « Il n’y a rien à attendre de celui qui refuse tout rapport avec son entourage ».

Nous projetons donc, à travers notre émission, de faire savoir au monde occidental que l’Islam a été de tout temps, la première religion à avoir prôné la coexistence entre des parties indépendantes ayant peu de points communs. Nous avons, à cet effet, puisé dans notre propre histoire et non dans celle de l’Occident, des aspects de civilisation sans pareils, qui existent depuis 1400 ans, qui continuent d’être uniques jusqu’à nos jours, et que nos ancêtres ont eu tant de mal à nous léguer en patrimoine.

1- Des modèles dont on doit s’inspirer :

Le Prophète d’Allah (Bénédiction et Paix sur lui) dont nous avons déjà présenté la biographie, est incontestablement la meilleure figure reflétant la civilisation précoce que les Musulmans connurent juste après l’avènement de l’Islam et qui dura environ un siècle et demi.

Dans cette émission, nous avons choisi de parler de la vie des quatre Imams, d’une part, parce qu’ils appartiennent à notre passé, et d’autre part parce que leur vie offre un modèle unique de coexistence, de bonne entente, de concorde ainsi que de civilisation, que ce soit dans l’histoire de l’Islam ou dans l’histoire de toute l’humanité, en dépit de la divergence de leurs opinions respectives. C’est un message adressé au citoyen occidental avant le citoyen musulman.

2- La raison de ce choix :

Plusieurs éléments ont guidé notre choix; tout d’abord, ces quatre Imams ont vécu à une époque connue pour son épanouissement sans précédent, pareil à la révolution technologique d’aujourd’hui ou industrielle de jadis. Ils ont vécu vers la fin de l’ère des Umayyades, début de celui des Abbassides, où l’état musulman, régi alors par Haroun Ar-Rachid, était en plein essor au niveau des sciences, des lettres, de la culture; bref, une époque de renaissance extraordinaire.

Ensuite, les quatre Imams ont vécu à une période où la culture musulmane se voyait envahie par d’autres cultures. Il est vrai que l’Islam était alors si bien enraciné au fond des esprits, que personne ne pouvait l’en extirper au moyen des armes, cependant il faut reconnaître l’existence de la culture grecque, romaine et perse. Les quatre Imams sont parvenus à imposer leurs méthodes et leur savoir, et surtout, ils ont réussi à coexister sans faire de concession sur leur religion ni leur culture à aucune des cultures provenant de l’extérieur.

A ne pas omettre non plus, que l’époque qui a précédé celle des quatre Imams a été témoin d’une émeute puis d’un conflit entre le quatrième calife, Ali Ibn Abou Taleb et Mou’awiya Ibn Abou Soufian. Quelles furent leurs différentes attitudes et leur prise de position vis-à-vis de ces événements ? Quel jugement ont-ils porté sur les quatre califes (Abou Bakr, ‘Omar, Othman et Ali) qui ont présidé la Oummah à la suite du décès du Prophète (Bénédiction et Paix sur lui)?

3- La diversité des points de vue des quatre Imams :

Les quatre Imams ont vécu à l’époque qui vit naître le Fiqh Islamique (la Jurisprudence Islamique). En effet, le Prophète (Bénédiction et Paix sur lui) avait laissé à ses compagnons ainsi qu’aux futures générations, un certain nombre de versets qu’Allah lui a révélés dans le Coran (6 000 versets) et les Hadiths de la Sunnah. Or ces quatre Imams ont pensé devoir trouver des issues et des solutions aux nouveaux événements qui pourraient se produire et aux nouveaux problèmes qui pourraient se poser. Telle est la définition du Fiqh Islamique; en se basant sur le Coran et la Sunnah prophétique, ils ont trouvé des solutions à toutes les questions qui pourraient surgir dans tous les domaines, mariage, divorce, transactions commerciales, rapports réciproques entre Musulmans et non Musulmans, relations entre gouverneur et gouverné, culte et pratiques religieuses…

Ces quatre Imams offrent à toute l’humanité un modèle singulier, unique et sans pareil dans la coexistence, car en dépit de la divergence de leurs opinions sur des questions importantes, néanmoins, leurs rapports se caractérisaient par le respect mutuel, l’affection et la fraternité.

4- Les raisons de la réussite de ces quatre Imams :

Ils ont su nouer les liens avec leurs prédécesseurs et transmettre leur savoir à leurs successeurs et plus tard, aux futures générations, par l’intermédiaire des adeptes sur lesquels ils ont veillé.

Ils étaient doués d’un caractère souple et flexible; ils avaient le talent d’écouter les gens et de leur prêter attention; ils fréquentaient les gens autour d’eux et ne vivaient pas isolés. Le nombre de ceux qui assistaient à leurs conférences variait entre 5 000 et 10 000 personnes venant de trois continents. Ils s’étaient déplacés dans nombre de grandes villes et avaient habité des métropoles.

Ils ne s’étaient jamais heurtés aux gouverneurs en dépit de leur désaccord avec eux et en dépit de la torture qu’ils avaient subie et de la tyrannie dont ils étaient victimes.

Ils avaient des idées nouvelles qu’ils ont su transmettre avec ingéniosité à leur entourage. Ils ont établi des règles de base à la réflexion logique qui n’existaient pas dans l’histoire auparavant et qui se sont répandues dans le monde entier depuis.

 De plus ils avaient des talents, dont l’art de communiquer avec les autres, ainsi que l’art de coexister.  

5- Les points communs entre les quatre Imams :

Leur origine :

Les quatre Imams ont peu de points communs entre eux. Ils ne descendent pas d’une même origine. En effet, deux d’entre eux sont d’origine arabe : L’Imam Ahmad Ibn Hanbal est né à Baghdad et l’Imam Ach-Chafi’ï est né à Gaza en Palestine, alors que les deux autres ne le sont pas : L’Imam Abou Hanifa, d’origine perse, est né en Iraq, dans la ville de Koufa. On raconte que les ancêtres de l’Imam Malek qui est né à Médine, étaient des esclaves affranchis.

Leur savoir :

L’Imam Abou Hanifah est né en l’an 80 de l’Hégire; l’Imam Ahmad Ibn Hanbal, le plus jeune d’entre eux, est le disciple de l’Imam Chafi’ï; ce dernier est le disciple de l’Imam Malek. Tous les trois ont finalement été les disciples des disciples de l’Imam Abou Hanifah.

Leur condition sociale :

Deux d’entre eux comptaient parmi les riches, alors que les deux autres étaient d’origine pauvre.

Leurs ouvrages :

Trois d’entre eux ont traduit leurs dires et leurs opinions sur le papier alors que Abou Hanifah a été le seul à avoir formé des hommes, qui à leur tour, ont composé des ouvrages reflétant ses Fatawas (Interprétations légales) et opinions.

Nous tenons à préciser que l’Imam Abou Hanifah a été le premier à avoir élaboré un travail d’équipe, un travail académique du Fiqh Islamique, qui a polarisé un grand nombre d’Ulémas qui ont préféré quitter leur conférence pour se joindre à la sienne dans le but de travailler en équipe et de développer ce savoir. Les quatre Imams n’avaient aucune réticence, ni réserve à apprendre certaines fatawas de leur entourage et à les noter dans leurs ouvrages. Ceci a eu lieu en l’an 80 de l’Hégire.

L’influence de la femme dans leur vie :

Le rôle de la femme dans leur vie n’est pas à négliger. C’est tantôt la mère, tantôt la fille, tantôt le professeur.

Un message adressé à ce niveau, à toutes les mères de nos jours, vous êtes priées d’emboîter le pas aux femmes qui ont eu un impact positif sur la vie de ces Imams et de former vos enfants afin qu’ils deviennent des hommes de valeur dans la société.

Leurs pratiques religieuses :

Leurs paroles étaient identiques à leurs cultes, de là vient le secret de leur succès : jeûne en dehors de Ramadan, Salât pendant la nuit.

Malgré la variété de leurs origines, de leur milieu social, de leur savoir, l’Islam a réussi à semer la concorde, l’entente et la paix entre eux, ils ont continué jusqu’à la fin de leurs jours à rester le point de mire de leurs disciples et adeptes, de par leur comportement avec leur entourage, en un mot de par la coexistence qu’ils avaient préservée et développée.

Nous autres de notre côté, devons prendre exemple sur eux, devons apprendre à coexister tout en respectant notre religion, notre identité, notre personnalité, et surtout nous retenir de porter les armes contre nos frères, quels que soient les différends qui peuvent naître  entre nous.

Episode : 2 dans Invitation à la Coexistence clip_image002

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Episode : 3

Créé par le 01 déc 2008 | Dans : Invitation à la Coexistence, Non classé

Invitation à la Coexistence

Episode : 3

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux; Louange à Allah Seigneur de l’Univers, et que la Bénédiction et le Salut d’Allah soient accordés à notre maître, le Messager d’Allah.

Nous traitons toujours de la question de la coexistence. Cette notion qui nous fait défaut à l’intérieur de nos âmes, de nos foyers, de nos écoles, de nos universités, de nos entreprises, et de nos pays musulmans. L’absence de coexistence a entraîné des conflits armés et des évènements sanglants en Palestine, en Iraq, à Darfour, en Somalie ainsi que dans beaucoup d’autres régions du monde islamique.

Vu l’importance de la coexistence au niveau des individus comme au niveau des pays, nous devonc apprendre à établir un dialogue avec l’autre, à vivre avec lui, tel qu’il se présente à nous, avec ses qualités et ses défauts; à accepter qu’il y ait une divergence d’opinions, une diversité de goûts, et une autre conception de la vie.

L’emblème que nous brandissons tout au long de nos épisodes, nous l’avons emprunté au verset 13 de la Sourate Al-Houjourât (les Appartements), qui peut être traduit comme suit: 

 « Ô hommes! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez.»

Le verset soulève précisément la question de la diversité des créatures, en même temps que son but : il s’agit de faire connaissance les uns des autres, de communiquer et d’échanger, dans le seul dessein de rendre la terre prospère et florissante, raison pour laquelle Allah nous a créés.

Le juge ‘Ayyad, un des Ulémas les plus célèbres de l’Islam, avait avancé jadis que les bonnes relations entre les gens s’imposent et sont un des piliers de la Chari’a Islamique, une de ses obligations et un système qui unifie les Musulmans. En effet, pour quelles raisons la calomnie a-t-elle donc été classée comme un acte illicite ? Et la médisance prohibée ? Pourquoi Allah nous a-t-Il imposé la Salât en congrégation ? Et la Salât du vendredi à la mosquée ? Pour quelles raisons sommes-nous appelés à respecter l’alignement des rangs avant d’entreprendre la Salât ? Pourquoi le divorce a-t-il été soumis à des conditions sévères ? Qu’est-ce qui a poussé une partie de la jeunesse d’aujourd’hui à se droguer et à adopter des conduites suspectes ? Mille et une questions qui trouveront leur réponse dans la vie des quatre Imams du Fiqh islamique les plus célèbres, et leur art de la coexistence : Abou Hanifah, Malek, Al-Chafi’i et Ahmad.

C’est pourquoi nous avons l’intention d’introduire la vie de ces quatre Imams à travers nos épisodes à venir et nous commencerons par l’Imam Abou Hanifah afin de tirer au clair la notion de coexistence qu’ils avaient si bien appliquée.

L’identité de l’Imam Abou Hanifah:

Al-Nou’man Ibn Thabet Al-Mazraban, surnommé Abou Hanifah, était d’origine perse, ses ancêtres n’étaient pas des Arabes, mais ils s’étaient convertis à l’Islam. Il est le premier Imam à avoir fondé les règles du Fiqh islamique, bien qu’il ne soit pas d’origine arabe, et qu’il ne descende pas de la tribu des Hachémites, ni de celle de Mudar. Question d’une importance majeure dans la coexistence. Qu’est-ce qui a poussé la société musulmane à vivre côte à côte avec des gens d’autres nationalités, sans tenir compte de leur milieu social, ni de leur classe ni de leur origine ?

Les Arabes étaient, à cette époque-là, préoccupés par le règne, par les conquêtes, par l’expansion de l’Islam afin d’établir l’Etat islamique. Les étrangers de leur côté, dont notamment les Perses, voulaient avoir un rôle positif au sein de la nouvelle Ummah et de l’Islam et s’étaient donc intéressés à la science et au savoir. De fait, tous les savants de jurisprudence islamique étaient des Mawalis (c’est-à-dire d’origine Asiatique -d’extrême Orient-), néanmoins, ceci ne constitue pas une défaillance du côté des Arabes. Bien au contraire, l’équilibre s’était ainsi établi et la société s’était complétée.

Ainsi, Abou Hanifah a été le premier à frayer le chemin à tous ceux qui lui ont succédé et les Ulémas pensent que chaque Musulman devrait invoquer Allah dans ses prières en faveur de l’Imam Abou Hanifah, parce que le mérite lui revient d’avoir créé le Fiqh islamique, d’avoir organisé la première école qui puise ses fatawas (interprétations légales) à partir du Noble Coran et de la Sunnah. Abou Hanifah, le Perse, est connu dans l’histoire comme « l’Imam illustre » ou encore « l’Imam de tous les Imams.»

L’Imam Abou Hanifah naquit donc en l’an 80 de l’Hégire à Koufa et mourut en l’an 150, à l’âge de 70 ans.

Al-Koufa à ce moment-là, n’était pas une ville ordinaire, mais bel et bien le centre du califat islamique. Le quatrième calife, Ali Ibn Abou Taleb, prenant l’exemple sur le Prophète (Bénédiction et Paix sur lui), avait jugé plus sage de quitter Médine pour s’installer dans cette ville iraqienne, afin d’être proche des questions en litige et des controverses qui y prédominaient.

Là aussi, Ali Ibn Abou Taleb avait fait preuve de coexistence, il avait fait construire une grande mosquée qui réunissait quarante mille personnes pour la Salât. Avant lui, le Calife ‘Omar Ibnul Khattab avait envoyé Abdullah Ibn Mass’oud, un des compagnons les plus savants du Messager d’Allah (BP sur lui) à Koufa en tant qu’enseignant et ministre.

Donc, ‘Omar Ibnul Khattab, Ali Ibn Abou Taleb et Abdullah Ibn Mass’oud étaient doués d’un esprit développé, et possédaient une vision lucide pour le futur de la Ummah, et c’est de là que l’Imam Abou Hanifah va devenir « l’Imam de tous les Imams.»

La coexistence entre l’Imam Abou Hanifah et son père :     

Abou Hanifah, qui avait une personnalité sortant de l’ordinaire, était déterminé à réussir dans la vie. Son père était un marchand de tissu ordinaire. Mais Abou Hanifah, âgé alors de dix-sept ou dix-huit ans, avait projeté d’agrandir le commerce de son père et d’améliorer sa boutique afin d’en faire une des plus prospères au niveau de tout l’Iraq, ce qu’il réalisa effectivement. Le père ne s’était ni opposé ni heurté à son fils, mais lui avait seulement demandé d’être tenu au courant.

Une brillante personnalité :

L’Imam Abou Hanifah s’était enquis du meilleur professeur expert en matière de commerce il voulait apprendre la profession de façon académique et non à l’aveuglette, ni au hasard comme cela se passe de nos jours. Il avait fait fortune et était devenu riche après avoir acheté une maison célèbre dans l’histoire de Koufa, une maison qui avait été témoin d’évènements politiques et économiques, et qu’il avait en très peu de temps transformée en un centre commercial unique en son genre.

Un tournant dans la vie de l’Imam Abou Hanifah :

Tel était l’Imam Abou Hanifah, jeune homme vivant dans l’opulence, il aimait briller et réussir dans les projets qu’il entreprenait. Jusqu’au jour où Al-Cha’bi, un des plus illustres Imams de l’Islam à l’époque, l’aborda en disant : « Dites-moi, qui est votre professeur ?» Abou Hanifah lui avait donné le nom de son professeur en matière de commerce. Mais Al-Cha’bi l’avait interrompu car il voulait connaître le nom de son professeur en sciences islamiques. Abou Hanifah lui expliqua alors qu’il ne s’intéressait ni à la science ni au savoir, et se contentait d’accomplir sa prière. L’Imam Al- Cha’bi lui avait répondu : «Vous avez un esprit vif, une énergie rare et une grande perspicacité, je suis persuadé que le commerce ne parviendra jamais à satisfaire vos ambitions. Pourquoi ne penseriez-vous pas à entreprendre autre chose en parallèle avec le commerce pour en tirer plus de profit ? »

Malheureusement, nous sommes incapables aujourd’hui, de découvrir les talents chez les jeunes; alors que l’Imam Al- Cha’bi avec sa subtilité, était parvenu à le faire, ce qui allait changer le cours de la vie de ce jeune homme et donner naissance plus tard, à l’Imam des Musulmans, ainsi qu’à l’académie du Fiqh dans l’histoire des Musulmans. En effet, la doctrine de l’Imam Abou Hanifah est la plus répandue au niveau du monde islamique, surtout au niveau des populations qui ne sont pas arabophones.

La coexistence dans la planification du futur :

L’Imam Abou Hanifah avait alors décidé d’acquérir le savoir, mais que choisir ? Comme il visait la perfection dans tout ce qu’il entreprenait, il s’était enquis sur les types de sciences qui existaient à ce moment-là. On lui avait dit qu’il y avait « le Coran, le Hadith, la langue, la poésie et le Fiqh. »

Il avait consulté les gens et demandé conseil auprès des experts. Car l’Imam Abou Hanifah était loin de prendre une décision à la légère ou une décision individuelle; il avait longtemps réfléchi à chacune de ces sciences en étudiant de près les avantages et les inconvénients de chacune et plus particulièrement, quel avenir lui était réservé. Il cherchait quelque chose d’original et d’exceptionnel.

C’est l’incarnation de la Coexistence proprement dite, qui commence par sa propre personne avant de passer aux autres. Ensuite, ayant opté pour le Fiqh, il s’était rendu chez l’Imam Al-Cha’bi et lui avait présenté son choix en lui demandant son avis. Ce dernier l’avait approuvé et l’avait encouragé à aller de l’avant.

Abou Hanifah devint l’élève de l’Imam Hammad Ibn Abou Souleiman, qu’on lui avait recommandé et qui était à l’époque, le plus savant en matière de Fiqh.

La coexistence avec l’Imam Hammad

L’Imam Abou Hanifah passa 18 ans auprès de l’Imam Hammad. Celui-ci avait commencé par lui apprendre trois questions par jour. Au bout de trois ans, l’Imam Hammad s’était rendu à l’évidence que Abou Hanifah était devenu expert en matière de Fiqh et avait décidé de le prendre à ses côtés, à la séance qu’il avait fondée pour soulever ensemble des questions de la doctrine. Séance commune gérée en même temps, par l’Imam Hammad et Abou Hanifah. L’Imam Hammad avait été le disciple de Abdullah Ibn Mass’oud, et son grand savoir ne l’empêcha pas de coexister avec ce jeune homme d’une vingtaine d’années.

Malheureusement aujourd’hui, nous entendons parler d’un fonctionnaire brillant, maltraité par ses supérieurs ou d’un étudiant génial, blâmé et critiqué par ses professeurs. L’Imam Hammad quant à lui, avait fait de Abou Hanifah son compagnon.

Coexistence de l’Imam Abou Hanifah avec d’autres Ulémas :

L’Imam Abou Hanifah a raconté plus tard qu’il ne se contentait plus du savoir de l’Imam Hammad; il était allé à la recherche d’autres Ulémas, cette fois, il s’agissait de l’Imam Ja’far Al-Sadeq, fondateur du Fiqh des Chi’ites. Aucun des trois n’avait manifesté de réticence. Tous les trois étaient tantôt en accord, tantôt en désaccord sur certaines questions du Fiqh, mais cela ne les avait pas empêchés de coexister.

Abou Hanifah passa ainsi dix ans en compagnie de l’Imam Hammad et de quelques-uns de ses disciples. Ils passaient les nuits à s’entretenir après la séance, jusqu’à la salât du Subh (de l’aube), lorsque le coq de l’Imam Hammad se mettait à chanter, à la grande déception de l’Imam Abou Hanifah, soucieux d’apprendre plus de son professeur.

Il nous faut signaler la bienséance du professeur qui l’empêchait de mettre fin à la réunion.

 Abou Hanifah, l’Imam de la réunion :

Dix ans s’étaient écoulés, puis un jour Abou Hanifah avait confessé être entré en lutte avec lui-même, il rêvait de présider sa propre séance, mais il avait vite refoulé ce désir, par estime, gratitude et reconnaissance à l’égard de son professeur.

Toutefois, le destin avait préparé une surprise à Abou Hanifah. Cette nuit même, l’Imam Hammad avait dû quitter la ville et avait demandé à Abou Hanifah de le remplacer pendant son absence qui devait durer deux mois.

Il existe des degrés pour réaliser la coexistence. A commencer par coexister avec soi-même, avec ses parents, avec ses professeurs, puis avec l’ensemble de la société. L’esprit d’équipe nous fait défaut aujourd’hui, chacun travaille de son côté, c’est pourquoi nous n’arrivons pas à mener à bien de grands projets; alors que l’Occident, a réussi là où nous avons échoué.

A signaler que Abou Hanifah était en désaccord avec l’Imam Hammad sur plus de cent questions, et il allait changer plus tard tout le système de la séance qu’il allait présider à la mort de l’Imam Hammad, néanmoins Abou Hanifah ne cessait jamais d’invoquer le pardon d’Allah en faveur de son professeur en guise de gratitude, comme il le faisait en faveur de ses parents, ainsi qu’en faveur de ses disciples pour qu’ils se maintiennent solidement sur la voie du Vrai, et lui, de semer la rétribution d’Allah.

Huit ans plus tard, l’Imam Hammad mourut, Abou Hanifah avait alors 40 ans. Il commença par fonder une académie, réfutant par là le Fiqh individuel. Il avait à cet effet, réuni dans son cercle quarante personnes ayant quarante spécialités différentes, en vue d’étudier les problèmes de la société et de tirer ensemble des solutions adéquates à partir du Noble Coran et du Hadith Prophétique; faute de quoi, ils s’acharnaient ensemble sur le problème en question afin de trouver une issue appropriée. Voilà l’équipe ou l’école que l’Imam Abou Hanifah a formée.

L’Imam Abou Hanifah est le seul à ne pas avoir composé de livres; ce qu’il nous a  laissé en legs c’est toute une école de Fiqh Islamique, présidée par lui il est vrai, mais composée de 40 collaborateurs.

La méthode scientifique de l’Imam Abou Hanifah au sein de son académie :

L’Imam Abou Hanifah commençait par présenter le problème; ses collaborateurs en faisaient l’analyse et remontaient aux causes; ils passaient ensuite à l’étape de la suggestion des solutions pour enfin arriver à adopter la décision finale prise à l’unanimité. Cela leur prenait de deux journées à une semaine pour chaque cause. A ne pas négliger le rôle de Abou Youssef dans cette réunion, ce disciple qui allait devenir plus tard le président des juges de l’Etat islamique sous le règne de 4 califes successifs, était là à prendre note de la décision finale et qui était finalement la Fatwa (ou l’interprétation légale), et les causes qui y avaient abouti.

Trente ans s’étaient écoulés, la conférence se tenait chaque jour, et l’équipe était toujours là à réfléchir à haute voix, à s’entretenir sur les problèmes des gens. Leur méthode était fondée sur l’établissement d’un lien entre le problème en question et la religion. Il ne s’agissait nullement d’une décision individuelle, mais d’une décision prise à l’unanimité. Tel fut l’aspect prédominant du Fiqh islamique de l’école de l’Imam Abou Hanifah.

Le système de la bourse d’étude chez Abou Hanifah :

Bien longtemps avant l’Europe, l’Imam Abou Hanifah a été le premier à adopter et mettre en vigueur le système de la bourse d’étude en faveur des disciples les plus démunis, afin qu’ils se consacrent à ce cercle et qu’ils servent l’Islam par la suite.

Conclusion :

Telle est l’histoire de notre religion. Telle est l’incarnation de la coexistence entre plusieurs générations : L’Imam Abou Hanifah, son professeur et ses disciples.

Nous avons introduit l’histoire de l’Imam Abou Hanifah dans l’objectif d’adresser un message au monde occidental, qui nous accuse d’être des terroristes et nous reproche d’avoir des idées arrêtées.

Quant à nous, nous sommes tous priés d’avoir un moment de réflexion pour arriver à coexister avec notre entourage, pour l’Islam, pour notre Ummah, pour épargner le sang de nos frères en Iraq, en Palestine et au Liban, afin de mettre en vigueur le verset 103 de Sourate Al-Imrân (la Famille Imran) -qui peut être traduit par :

 « Et cramponnez-vous tous ensemble au «Ḥabl» (câble) d’Allah et ne soyez pas divisés »

Episode : 3 dans Invitation à la Coexistence clip_image002

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Episode : 4

Créé par le 01 déc 2008 | Dans : Invitation à la Coexistence, Non classé

Invitation à la Coexistence

Episode : 4

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux ; louanges à Allah, Seigneur de l’Univers, et que la bénédiction d’Allah soit accordée à notre maître, le Messager d’Allah.    

Nous rappelons que l’objectif de cette émission est de montrer comment les membres de la famille, et plus amplement ceux de toute la société peuvent vivre ensemble, comment nous pouvons surmonter nos différends et nous comprendre, et comment créer un espace de dialogue avec tout notre entourage.

      L’épisode d’aujourd’hui parle, non plus de la vie de Abou Hanifa, mais de son œuvre, étant donné qu’il fut le fondateur de la plus grande et de la plus importante école de jurisprudence islamique dans l’histoire de l’Islam. Le Prophète (Bénédictions et Paix sur lui) est décédé laissant aux musulmans le Coran et la Sunna qui devaient leur servir de source pour résoudre leurs problèmes. Mais comment ?

      La réponse à cette question est du ressort même de la jurisprudence islamique (le Fiqh) qui désigne la voie par laquelle on déduit du Coran et de la Sunna les solutions aux problèmes quotidiens. C’est le sens contenu dans le mot Madhhab (école de jurisprudence) qui veut dire « voie » et vient du verbe dhahaba= aller d’un endroit à un autre. C’est le travail des quatre grands jurisconsultes dont le précurseur est Abou Hanifa qui a instauré cette science en l’an 80 de l’hégire.

      Abou Hanifa est aussi considéré comme faisant partie de la seconde génération des compagnons, étant donné qu’il a vécu au temps de Anas ibn Malik, le compagnon du Prophète (BP sur lui). Il fut aussi le premier à rédiger la loi islamique, le premier à instaurer l’idée de la rédaction de la science en Islam, même s’il n’a pas lui-même écrit de livre, le premier étant « al-Mowata’ » de l’imam Malik. Il a en outre divisé la jurisprudence islamique en chapitres (chapitre du commerce, des échanges, etc…) qui existent jusqu’à nos jours, et a émis des idées que ses disciples ont enregistrées dans des livres.

      Comment a-t-il procédé ?

  1. Etude des besoins de la société :

      La grandeur de Abou Hanifa réside dans l’étude qu’il a faite des besoins de la société. C’est là un point capital dans la coexistence. Il s’agit pour chacun d’apprendre à construire un espace commun avec son entourage en essayant de répondre à ses besoins. C’est un pas vers la réussite dans la vie terrestre et l’au-delà. En fait, on définit le millionnaire comme étant la personne qui a su déterminer les besoins de la société et y pourvoir le premier.

A l’époque de Abou Hanifa, il y avait deux régions importantes : l’Iraq et le Hidjaz.

L’Iraq était considéré comme une grande ville internationale, la capitale du monde, à l’instar de Londres et de Washington actuellement. On y trouvait tous les aspects de la vie en pleine évolution : développement économique, richesse énorme, effusion de nouvelles idées, de nouvelles inventions, affluence de nouveaux convertis à l’Islam des quatre coins du monde. On estime que la population de Bagdad à cette époque atteignait environ deux millions d’habitants.

      D’autre part, la traduction des autres langues et des autres cultures vers l’arabe était en pleine effervescence. Nous pourrions dire qu’il s’agit d’une attaque culturelle sur l’Islam.

 

      Dans le Hidjaz, la situation était différente. Il n’y avait aucune évolution et donc les savants du Hidjaz ont vu qu’en matière de jurisprudence islamique, il fallait suivre les hadiths, ou la tradition prophétique telle qu’elle était.

      Quant à Abou Hanifa qui vivait en Iraq et qui voyait que les conditions changent dans chaque pays, il prônait de recourir, après le Coran et la Sunna, à l’ijtihad ou l’interprétation des jurisconsultes, et à El Qiyas, ou la comparaison à une situation similaire. C’est pourquoi son école fut nommée l’école de l’avis.

      La méthode de Abou Hanifa consistait à chercher d’abord dans le Coran et la Sunna, une solution au problème qui lui était soumis. S’il ne réussissait pas, il avait recours aux avis des quatre califes Abou Bakr, `Omar, `Uthman et `Ali, et s’il ne trouvait pas, il avait recours à l’interprétation puis à l’analogie.

      Il est à noter qu’il fut sévèrement critiqué par l’école du Hidjaz qui l’a accusé de folie et de débauche. Mais Abou Hanifa était convaincu qu’en Iraq, il y avait une énorme évolution qui n’existait pas au Hidjaz et grâce à laquelle la jurisprudence islamique devrait évoluer. Sinon, un fossé risquait de se creuser entre la religion et les gens qui pouvaient s’en séparer sous prétexte que la religion ne répond pas à leurs besoins.

      Il partait de l’idée que le Coran et la Sunna sont valables pour tout temps et tout lieu et que les versets du Coran et les hadiths du Prophète (BP sur lui) sont en nombre limité, alors que les besoins de la société sont illimités. C’est ainsi qu’il faut réfléchir pour aboutir à des solutions efficaces pour les problèmes de la société.

      Malgré les âpres critiques auxquelles il a été exposé de la part de personnes qui ne le connaissaient pas, il a tenu à sa démarche. En effet, les gens ont toujours tendance à se juger avant de se connaître, de se rencontrer, ou de discuter. La coexistence consiste avant tout à discuter avec l’autre, à l’écouter.

  1. Instauration de la jurisprudence prévisionnelle :

      Abou Hanifa ne s’est pas contenté d’examiner les besoins de la société, mais il est allé jusqu’à prévoir des situations qui n’existaient pas et essayer d’y chercher des solutions. Il a réfléchi à environ 20 000 situations, devançant ainsi tous les autres domaines. Il fut ainsi le premier à parler de la traduction du Coran en d’autres langues suscitant un tollé. Il a parlé aussi de l’économie et de la population. Les califes profitaient de sa démarche pour mieux gérer les affaires du pays.

  1. Travail en équipe :

      Abou Hanifa fut le premier à créer une académie scientifique de jurisprudence qui réunissait 40 experts dans tous les domaines, lesquels discutaient entre eux avant de trancher sur les différentes situations qui leur étaient soumises. Abou Hanifa n’émettait jamais un avis seul et encourageait le travail d’équipe.

  1.  Liberté d’expression :

      Abou Hanifa n’a jamais imposé son avis, mais adoptait toujours celui de la majorité. Plusieurs avis s’opposant aux siens lui sont pourtant attribués parce qu’ils étaient ceux de la majorité.

      Abou Hanifa a fait de la jurisprudence islamique un exemple pour toutes les autres sciences. Il a préparé le chemin à une renaissance scientifique. Avec Ach-Châfi’î, il a mis les bases de la déduction qui a profité aux savants de l’Occident, ce qui fait qu’il est à la base de la renaissance européenne.

      La religion est à l’origine de l’essor de toutes les autres sciences, par opposition au modèle européen qui, pour réussir, a mis de côté la religion qui s’opposait à la science.

      L’école scientifique de Abou Hanifa 

      Au premier rang étaient présents les 40 experts dans les différents domaines. A droite de Abou Hanifa était assis Abou Youssef (il sera plus tard le grand juge de l’Etat islamique), et à sa gauche, Mohammad ibn Al Hassan. Tous deux avaient pour mission de rédiger un résumé du débat en cours et à la fin d’écrire l’avis auquel cette petite académie était parvenue.

      S’ils avaient à trancher dans un domaine qui n’avait pas de représentant parmi le groupe, ils faisaient venir un expert du domaine ou envoyaient en mission un membre du groupe qui devait étudier auprès d’un spécialiste, les spécificités du domaine afin d’émettre un avis judicieux.

      Nous avons là le modèle d’une école scientifique, d’une équipe de recherche qui travaillait selon une méthode de pensée bien précise. Le conformisme du Hidjaz et le futurisme de l’Iraq se complétaient pour servir l’Islam. La richesse est dans la diversité.

      Des scènes de la classe de Abou Hanifa

      Les cours de Abou Hanifa ont commencé en l’an 22 de l’hégire et ont duré 30 ans jusqu’à l’an 55 de l’hégire. C’était une conférence permanente qui commençait après la prière du Maghrib et durait jusqu’à après le `Icha’.

Le cours commençait par une proposition d’un sujet de débat : « Quel sera l’avis de l’Islam sur …? » Celui qui avait une suggestion levait la main, et ainsi de suite, chacun parlait à tour de rôle ; tout le monde discutait jusqu’à arriver à l’avis final qui était noté par les deux disciples de Abou Hanifa, suivi des raisons de l’adoption de cet avis.

En cas d’opposition entre les avis, Abou Hanifa proposait à chacun d’adopter l’avis de l’autre et d’essayer de le défendre, ce qui menait à une plus grande flexibilité.

      Au pèlerinage, Abou Hanifa rencontrait les savants du Hidjaz, discutait avec eux, modifiait son avis en cas de nécessité, mais après l’approbation de tout le groupe.

      Cette ambiance agréable d’échanges riches, de liberté d’expression, a duré 30 ans. C’est une leçon à apprendre aux enseignants, aux politologues…etc.

      Les cours de Abou Hanifa menaient parfois à des avis pertinents et des suggestions efficaces dans la bonne gestion du pays, comme par exemple, le fait de charger une personne de veiller à ne pas polluer l’Euphrate et le Tigre, mesure qui fut prise suite à une discussion sur la légalité ou non de la pollution du fleuve.

      Parfois aussi, ils modifiaient leur fatwa comme par exemple ce qui s’est passé lorsque l’école de Abou Hanifa a autorisé la lecture de la Fatiha dans une langue étrangère au cours de la prière par des non-arabophones. Les savants du Hidjaz ont fait remarquer à Abou Hanifa que la langue arabe du Coran pouvait ainsi se perdre, alors il a soumis le sujet encore une fois à la discussion et a modifié la fatwa en autorisant à un non-arabophone de lire la Fatiha dans sa langue jusqu’à ce qu’il apprenne l’arabe. S’il ne l’apprend pas, il sera donc fautif, et s’il l’apprend et continue à lire la Fatiha dans sa langue, sa prière n’est pas correcte.

      Parfois aussi, le cours se présentait sous forme de devinette pour rompre avec la complexité des grands sujets. Parfois aussi, un incident survenu à Koufa faisait l’objet du cours.

Conclusion

      Le nom de Abou Hanifa est éternel en raison du modèle de coexistence qu’il a donné à l’Humanité à travers son étude des besoins de la société et sa création d’une école de discussion qui pourrait bien être la première au monde.

Episode : 4 dans Invitation à la Coexistence clip_image002

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Episode : 5

Créé par le 01 déc 2008 | Dans : Invitation à la Coexistence, Non classé

Invitation à la Coexistence

Episode : 5

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux; Louange à Allah Seigneur de l’Univers, et que la Bénédiction et le Salut d’Allah soient accordés à notre maître, le Messager d’Allah.

Comme nous l’avons déjà souligné au cours des épisodes antérieurs, l’Imam Abou Hanifah, personnalité remarquable, savait coexister avec son entourage. Il nous faut apprendre le talent et l’art du bon comportement avec les autres afin de vivre avec eux, en dépit de l’écart de nos points de vue; et ce, dans l’intention de consolider le concept que l’Islam prône tout au long du Noble Coran et des Hadiths du Prophète, bénédiction et paix sur lui, et qui se manifeste par la fraternité et la concorde qui existent entre les Musulmans en tant qu’individus appartenant à une même famille au sein d’une seule société.

 L’Imam Abou Hanifah a été le premier fondateur de l’école de l’avis, école sans antécédent au niveau de l’histoire de l’humanité, par laquelle il était parvenu à combler le fossé qui se creusait entre la religion et les évènements de la vie en évolution; sans toutefois s’éloigner du Coran ni de la Sunnah du Prophète, Bénédiction et Paix sur lui.

Personne auparavant n’avait songé à une innovation pareille. C’est pourquoi il s’était trouvé en butte au refus des Ulémas des autres pays musulmans, et plus particulièrement ceux du Hidjaz, lesquels étaient convaincus que seuls les Compagnons du Prophète étaient censés trouver des solutions aux litiges qui pouvaient se présenter.

Abou Hanifah leur avait justifié sa nouvelle méthode en s’appuyant sur un Hadith authentique. Lorsque le Prophète, Bénédiction et Paix sur lui, avait envoyé Mou’az Ibn Djabal en mission de propagation de l’Islam au Yémen, il lui avait demandé alors :

«Ô Mou’az, comment allez-vous régler les problèmes auxquels vous aurez à faire face? Mou’az avait répondu : conformément au Coran; le Prophète lui avait demandé à nouveau : et si vous ne trouvez pas ? Mou’az avait répliqué : en fonction de la Sunnah du Prophète; le Prophète avait repris : et si vous ne trouvez pas ? Il lui avait répondu : je réfléchirai jusqu’à trouver une solution adéquate, je déploierai tous mes efforts, et ne m’annoncerai point vaincu. Le Prophète avait souri, puis lui avait administré un coup léger sur la poitrine en disant : Louange à Allah pour avoir guidé le missionnaire du Prophète d’Allah à satisfaire le Prophète d’Allah».

Le Prophète avait approuvé Mou’az dans la méthode qu’il allait suivre et qui servirait plus tard, de fondement pour l’école de l’Imam Abou Hanifah.

Accusations portées contre l’Imam Abou Hanifah:

En dépit de cela, les gens avaient accusé l’Imam Abou Hanifah de viser à corrompre l’Islam pour la seule raison qu’il était originaire de Perse. Tantôt on l’accusait d’être un faux dévot -à rappeler que sa doctrine est actuellement la plus largement répandue-, mais les Ulémas d’antan ne pouvaient le prévoir à ce moment-là ; tantôt, on l’accusait d’appartenir à une des sectes musulmanes : les Mu’tazilites, les Murji’âs, ou encore les dissidents, bien qu’il se soit opposé aux idées que ceux-ci préconisaient. Par moments, on lui reprochait d’être un débauché qui s’était repenti puis était redevenu renégat. On était même allé jusqu’à dire qu’il leur aurait été plus tolérable s’il avait dégainé son épée contre eux plutôt que de le voir proclamer la méthode de l’Ijtihad (la jurisprudence islamique).

Pour se défendre, il leur avait dit : «celui qui m’accuse de faire prévaloir mon opinion sur le Hadith du Prophète ne fait que forger des mensonges et lancer des propos calomnieux. Notre méthode vise à puiser du Coran, puis de la Sunnah prophétique, et à défaut de cela, nous nous adonnons à la réflexion. »

L’attitude de l’Imam Abou Hanifah vis-à-vis des différentes catégories de la société :

Pour l’Imam Abou Hanifah, il s’agit de chercher à convaincre les gens, chacun suivant son niveau intellectuel, soucieux qu’il était d’appliquer le verset de Sourate Al-Anfâl (Le Butin), qui peut être traduit comme suit : ( Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous ), car il était persuadé que tout ordre légitime dans l’Islam a été prescrit pour servir un des objectifs de la Ummah. De même, il était soucieux de mettre en application le Hadith du Prophète :

«Voulez-vous que je vous indique un grade bien meilleur que celui de passer des jours entiers à Jeûner, à accomplir la Salât de la nuit et à invoquer Allah? Etablissez la concorde entre vous.» En fait, nous sommes tous appelés à créer l’harmonie entre les gens, afin qu’ils vivent côte à côte, en paix et sérénité. Puis le Prophète avait repris : « la corruption de la concorde entre vous est celle qui rase. Je ne parle pas du fait de se raser les cheveux, mais je veux dire qu’elle est susceptible de démolir la religion».

Comment l’Imam Abou Hanifah a-t-il procédé dans son comportement avec les gens qui ne partageaient pas son opinion, afin de les convaincre, sans pour autant susciter ni rancune ni tension ?

1- L’Imam Abou Hanifah avait recours à diverses méthodes, car les gens qui s’opposaient à lui et lui cherchaient querelle n’étaient pas tous du même niveau. Il faisait appel à la logique de la raison vis-à-vis des gens cultivés, perspicaces, clairvoyants et sages. Son histoire avec le descendant du Prophète vient à propos :

Les rumeurs avaient couru au Hidjaz qu’Abou Hanifah nourrissait une attitude hostile au Hadith du Prophète car il se basait sur son avis personnel. Or, il avait fait la rencontre de Mohammad Al-Baqer, l’un des descendants du Prophète, lors de son voyage pour le hadj (pèlerinage). Ce dernier l’avait accusé d’avoir bouleversé la religion de son grand-père, qui n’était autre que le Prophète, Bénédiction et Paix sur lui. Abou Hanifah, l’avait abordé en disant : «Voulez-vous choisir une place pour vous installer afin que j’en choisisse une pour moi ? » Mohammad Al-Baqer s’était installé sur une chaise, l’Imam Abou Hanifah lui avait alors dit : « Vous avez choisi la place qui vous a plu, tandis que moi, je vais m’asseoir par terre, à l’endroit que j’apprécie, afin d’être entre vos mains ». Puis il lui avait dit : « Vous occupez pour moi une place tout à fait identique à celle qu’occupait le Prophète par rapport à ses compagnons». Tout ceci pour lui faire comprendre qu’il n’avait aucune intention de passer outre la Sunnah prophétique.

La logique de la raison ne se limite pas aux paroles, mais doit passer à l’application pratique. l’Imam Abou Hanifah par sa subtilité et son intelligence, avait commencé par un geste de modestie, car son objectif était finalement de faire prévaloir le Vrai, que lui importaient les apparences? 

Ensuite il était passé aux preuves pratiques, en lui posant trois questions. C’était la manière de l’Imam d’aborder les gens afin d’arriver à son but. Il répondait à la question qui lui était adressée par une ou plusieurs autres plus simples, dans le dessein de mettre son interlocuteur à l’aise, de créer un espace commun avec lui avant de discuter de la pomme de discorde et de là, parvenir à le convaincre, toujours avec la logique de la raison.

La première question qu’il lui avait posée :

-         « Laquelle des deux créatures est la plus faible, est-ce l’homme ou la femme ? »

-         «Du point de vue physique, c’est bien la femme. »

-         «Dans la religion de votre grand-père, quelle est la part de l’héritage qui est la moindre, est-ce celle de la femme ou celle de l’homme ? »

-         «La femme hérite la moitié de la part de l’homme. »

-         «Sachez que si je m’étais référé à mon avis personnel, j’aurais dit que la femme a droit au double de la part de l’homme en ce qui concerne l’héritage, mais je ne l’ai pas dit, le Hadith du Prophète est prioritaire à mon avis. »

La deuxième question portait sur la place qu’occupaient la Salât (prière) et le Jeûne dans l’Islam; Mohammad Al-Baqer avait répondu:

-         « la Salât passe au premier plan ».

-         « Ô Imam, après le Ramadan, la femme doit rattraper un nombre défini de Salât et de jours de Jeûne; or sur quoi avait porté l’ordre de votre grand-père, sur la Salât ou sur le Jeûne ? »

-         «Sur le jeûne. »

-         «Si je m’étais fié à mon opinion, je lui aurais plutôt ordonné de rattraper la Salât au lieu du Jeûne, mais je ne l’ai pas fait. » 

Pour toute réponse, l’Imam Al-Baqer avait embrassé la tête de l’Imam Abou Hanifah, manifestant par là sa pleine conviction.

2- l’Imam Abou Hanifah avait appliqué la logique pratique avec ceux qui vont au-delà de la théorie et du concept abstrait.

Ce point s’adresse essentiellement aux Musulmans vivant à l’étranger, du fait qu’ils ont à se comporter quotidiennement avec des gens purement athées. Or, l’Imam Abou Hanifah avait à affronter cette catégorie. Il avait beau entamer des discussions et fournir des arguments sans grand succès, il était donc passé à la pratique.

Il avait à cet effet, fixé un rendez-vous à quelques-uns sous prétexte de reprendre la discussion mais n’avait tenu sa promesse que quelques jours plus tard (procédure pratique). En conséquence, ils étaient tous en furie. Il avait commencé par présenter ses excuses puis par leur expliquer qu’il habitait de l’autre côté de la rive et qu’il n’avait pas trouvé de bateau pour traverser la rivière. Il avait poursuivi :

« Je suis resté au bord de la rivière jusqu’à apercevoir une planche de bois flottant sur la surface de l’eau, puis une autre, ensuite deux autres. Ces planches arrivant de tous côtés se sont mises à se rassembler jusqu’à former un bateau que j’ai pris pour venir à votre rencontre, poussé par les vagues. » 

Furieux, ses adversaires l’avaient accusé de les mésestimer et d’essayer de les dérouter. L’Imam leur avait alors répliqué : « Voilà que vous vous rendez et que vous vous avouez vaincus. Votre raisonnement vous empêche d’admettre qu’un bateau s’est formé à partir de planches éparses à la surface de l’eau et accepte de croire que cet immense univers prodigieux a été créé fortuitement et par pure coïncidence ?? »

3- Pour les gens ayant une pensée indocile, réfutant toute logique et tout raisonnement, et qui en outre, sont difficiles à diriger, l’Imam Abou Hanifah avait mis en oeuvre un habile stratagème tout en démontrant une grande flexibilité.

Abou Ja’far Al-Mansour, le Calife Abbasside était connu pour son règne répressif; son chef de la police nommé Abou Al-Abbas Al-Toussy ressentait une vive haine vis-à-vis de l’Imam. Un jour, le Calife avait invité l’Imam Abou Hanifah chez lui; belle occasion pour Al-Toussy, il avait décidé de le tuer cette nuit même. Mais l’Imam avec sa finesse, avait découvert le complot et avait aussitôt eu recours au stratagème.

Al-Toussy s’était donc introduit chez le Calife et avait pris sa permission d’adresser une question de jurisprudence islamique à l’Imam. A signaler que le Calife lui-même nourrissait un ressentiment contre l’Imam. Al-Toussy avait demandé à l’Imam :

-         « Supposons que le Prince des Croyants éprouve de la rancoeur contre une certaine personne et qu’il me donne l’ordre de la tuer sans me fournir d’explications; devrais-je la tuer et me plier à l’ordre du Prince ou bien lui désobéir?

Bien qu’il désapprouvait le Prince des Croyants sur cette question, Abou Hanifah avait scruté Al-Toussy, (remarquez la présence d’esprit de l’Imam), et lui avait répliqué :

-         « Pensez-vous, ô Abou Al-Abbas, que le Prince des Croyants donne des ordres dans le vrai ou dans le faux ? »

-         « Dans le vrai, bien évidemment. »

-         « Exécutez donc ses ordres sans discussion. »

Le visage de Al-toussy s’était empourpré et les assistants s’étaient mis à rire. Toutefois, l’Imam tenait à gagner l’amitié de Al-Toussy; il avait donc décidé de terminer la séance par une anecdote qui avait tiré Al-Toussy d’embarras et détourné l’attention loin de lui; grande preuve de coexistence de la part de l’Imam.

A signaler que la personnalité de l’Imam Abou Hanifah est loin d’être ordinaire, et que la présence d’esprit est une qualité qu’on gagne à force de contacter les gens et non en vivant en solitaire.

4- Cependant, l’Imam Abou Hanifah avait préféré s’armer de patience et d’indulgence avec les gens qui refusaient systématiquement de comprendre, et qui lui adressaient des injures à tort et à travers parce qu’ils appartenaient à la catégorie des jaloux, et des rancuniers.

5- Avec les gens communs qui n’avaient pas d’esprit, l’Imam tournait la situation en bagatelle. On raconte qu’un certain jour, l’Imam était tombé malade. Des personnes lui avaient rendu visite ; comme ils tardaient à se retirer, l’Imam leur avait demandé de s’en aller car Allah avait guéri leur malade.

6- Mais lorsqu’il s’agissait d’une question se rattachant au principe, l’Imam Abou Hanifah se montrait ferme et résolu même si son adversaire était une personne d’emprise. Comme nous l’avons dit plus haut, Al Mansour n’éprouvait pas de sympathie à l’égard de l’Imam Abou Hanifah, persuadé qu’il était l’allié de la Famille du Prophète, donc hostile aux Abbassides. C’est pourquoi, il lui avait dit un jour : «Je vous ordonne de prendre en charge la juridiction. » L’Imam Abou Hanifah avait catégoriquement refusé parce qu’il savait à l’avance qu’il n’aurait aucune indépendance dans les verdicts qu’il prononcerait, or il refusait de devenir un juge porte-parole du gouverneur. La question de principe prend le dessus chez ce grand Imam qui tenait à la fois à sa vie dans ce bas monde, à sa vie dans l’au-delà et surtout à son histoire dans le domaine du Fiqh. Il avait justifié son refus au Calife en disant qu’il n’était pas digne de ce poste. Le Calife l’avait accusé d’être un menteur.

Abou Hanifah avait alors riposté en lui donnant raison :

-         «Comment allez-vous donner ce poste à un menteur, ô prince des Croyants? Si je suis un menteur comme vous le dites, je ne mérite pas ce poste, et si je suis sincère en vous disant que je n’en suis pas digne, vous devriez me croire sur parole.»

Le Prince des Croyants lui avait désormais interdit de donner des interprétations légales (Fatwa); en outre, il avait donné l’ordre de lui administrer 120 coups de fouet en pleine rue, 10 par jour. On le voyait répéter sous le supplice « je refuse le poste de juridiction, car je suis libre », alors que le sang lui coulait jusqu’aux chevilles.  

Ce dur supplice lui avait été infligé pendant de longues nuits; puis il avait été condamné à passer le reste de ses jours en prison. On ne sait pas au juste s’il a rendu le dernier soupir dans sa cellule ou s’il avait été libéré peu de temps avant.

Conclusion :

L’Imam Abou Hanifah était une personnalité équilibrée qui avait su rallier la constance quand il s’agissait de prendre la défense de son principe, avec la coexistence quand il était question de l’Islam, car il était malgré tout soucieux de l’unité des Musulmans. C’était une personnalité remarquable et souple : il avait su coexister avec sa propre personne; il était un dévot; il prenait soin de son apparence et s’habillait élégamment.

L’Imam Abou Hanifah mourut. Cinquante mille personnes avaient été présentes à ses obsèques; ils s’étaient divisés en six groupes pour accomplir la Salât du défunt. Al-Mansour avait dû assister à ses funérailles et avait invoqué Allah en sa faveur; Allah Seul, connaît ses intentions à cette heure-ci. La même année, l’Imam Al-Chafi’i naquit

Avant son décès, il avait demandé à ne pas être enterré à un certain endroit car c’était une terre conquise, « car je suis libre même en étant mort.» avait-il dit.

A combien remonte le nombre des adeptes et des disciples de l’Imam Abou Hanifah aujourd’hui ? Et celui du Calife Al-Mansour?!

Que la miséricorde d’Allah vous comble, ô Imam. Nous sommes tous appelés en tant que Musulmans, à solliciter Allah en votre faveur pour nous avoir fidèlement communiqué le Fiqh islamique.

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Episode : 6

Créé par le 01 déc 2008 | Dans : Invitation à la Coexistence, Non classé

Invitation à la Coexistence

 Episode : 6

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah Seigneur de l’Univers, et que la Bénédiction et le Salut d’Allah soient accordés à notre maître, le Messager d’Allah.

Nous n’arrivons pas de nos jours, nous les Musulmans, à nous entendre, à nous comprendre, à communiquer ensemble et à nous accepter mutuellement. Entre époux, membres de famille, en Iraq, en Palestine et jusqu’à Darfour, nous construisons des obstacles au lieu de liens.

Avec ce programme, nous avons l’intention de réconcilier tous ces partis selon cet ordre d’Allah qui peut être traduit comme suit : “  » Les croyants ne sont que des frères. Etablissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu’on vous fasse miséricorde.  » [1] et cet autre : “Craignez Allah, maintenez la concorde entre vous et obéissez à Allah et à Son messager, si vous êtes croyants. «  [2] Je prie Allah que chaque personne qui m’écoute décide de semer la coexistence et la réconciliation entre les gens. Naturellement, les personnes sont différentes de nature, mais il faut apprendre comment accepter l’autre et transformer nos différends en bienfaits utiles.

Le récit de la biographie des quatre grands Imams de l’Islam peut nous aider à parvenir à cette fin. Nous trouverons chez chacun d’entre eux une attitude à prendre comme modèle. Nous pouvons être fiers de les avoir dans notre Histoire à cause de leur grande habileté à coexister avec l’autre et à semer l’accord et la réconciliation. Nous devons tous, femmes, hommes et jeunes gens, les imiter, savoir comment trouver des points communs avec son interlocuteur ou son partenaire et bâtir dessus notre accord. C’est un point fondamental de notre religion. Al-Qâdi ‘Ayyâd, juriste musulman, dit : “L’entente est un des piliers fondamentaux de la Charî‘a (jurisprudence islamique). »

Nous avions convenu d’amener, à la fin de la biographie de chacun des quatre Imams, un savant spécialisé dans le Fiqh (jurisprudence) du ledit Imam pour mieux comprendre sa pensée juridique. Ainsi, nous avons aujourd’hui parmi nous le Révérend Ussama Rifâ‘i, Mufti de ‘Akkar au nord du Liban pour nous parler de Abou Hanifa. Je lui souhaite la bienvenue parmi nous et je lui adresse cette question :

A.K.

-          “Quelle est le point fondamental de la personnalité de l’Imam Abou Hanifa, ce grand savant dont l’école a le plus d’adeptes parmi les Musulmans ?”

R.U. R.

-           “Abou Hanifa est l’un des quatre grands Imams de l’Islam qui ont représenté chacun une figure musulmane authentique. Ils ont uni la science à la pratique dans leur vie et présenté aux Musulmans un fiqh (interprétation de la jurisprudence islamique) qui devrait améliorer la relation de chaque être avec son Seigneur et le reste des humains.

Abou Hanifa, est né en l’an 80 H. et mort en l’an 150 H. et c’est un tabi‘i (seconde génération des Compagnons). Le point le plus remarquable de son fiqh qui dénote sa personnalité est son respect de la dignité et de la liberté de l’être humain. Il a par exemple défendu la séquestration des biens du gaspilleur aliéné bien que tous les autres Imam l’autorisent. Il a dit qu’il fallait lui garder sa liberté d’agir en l’aidant toutefois à s’améliorer. Partant de ce point de vue du respect, pour lui, le plus petit doute annule toute incrimination d’une personne.”

A.K.

-          “Pouvons-nous dire que sa législation au sujet de la femme et la liberté qu’il lui octroie dans son fiqh est également basée sur ce respect ?”

R.U. R.

-          “Abou Hanifa considère la femme un être à part entière, libre d’agir, de procéder selon son désir et de subir les conséquences de son comportement. Aucune tutelle ne peut entraver sa décision. Ainsi, arrivée à l’âge adulte, elle est libre de choisir son époux. Il rapporte ce hadith du Prophète (BP sur lui) à l’appui : “La femme divorcée ou devenue veuve ne peut être donnée en mariage sans son autorisation et la vierge ne peut l’être sans son consentement.” –“Ô Messager d’Allah, et comment reconnaîtra-t-on son consentement ?” lui demanda-t-on. –“Par son silence.” L’Imam Abou Hanifa nous raconte d’après un hadith avec une chaîne de garants qu’une jeune fille vierge vint se plaindre au Prophète (BP sur lui) que son père voulait la donner en mariage à son cousin contre son gré. Le père, qui était matériellement aisé, voulait hausser la classe de son neveu pauvre. Le Prophète (BP sur lui) répondit à la jeune fille d’obéir à son père mais, comme elle répliqua ne pas aimer ce mariage, il lui répondit d’aller épouser la personne de son choix. Elle dit : “Je n’ai pas d’autre choix pour le moment, j’ai voulu simplement faire savoir aux femmes que leurs tuteurs n’avaient pas le droit de les obliger à un mariage contre leur gré.” Pour Abou Hanifa, si la femme en Islam a le droit de vendre, d’acheter, de faire des dons, d’autant plus elle peut conclure le contrat de son mariage.

A.K.

-          “Je veux rappeler que les autres Imams ont contredit fortement cet avis pour que les jeunes filles d’aujourd’hui, ne pensent pas que la liberté est inconditionnelle dans ce domaine.”

R.U.R.

-          “Effectivement. Par exemple, l’Imam Malik a exigé l’accord du tuteur pour la fille casanière qui ne fréquente pas la société. Quant à l’autre, qui a l’habitude des transactions et de la communication, elle a le droit de décider du mariage de son choix parce qu’elle peut juger de l’utile et du nuisible. Les Hanafites avaient discuté de cette question avec les adeptes de Malik et avaient conclu que cette dernière peut avoir ce droit, à condition de choisir un époux de rang social et intellectuel équivalent au sien, sinon, le tuteur peut mettre son veto par l’appel à un juge.”

A.K.

-          “On peut ainsi souligner que, déjà en l’an 80 de l’Hégire, Abou Hanifa avait émis ce jugement qui donne à la femme la liberté de décider de ses biens et de son mariage. C’est une réponse à ceux qui stipulent en Occident que l’Islam a aboli les droits de la femme. Cet avis appuie également l’idée de coexistence qui est le sujet de notre programme, en faisant perdre à la femme son opinion préconçue que la faute des mauvais traitements qu’elle subit dans nos pays revient à l’Islam.”

R.U.R.

-          “J’aimerais mettre en évidence comment, malgré la différence de leurs opinions dans des centaines de questions jurisprudentielles, les quatre grands Imams donnaient un bon exemple de coexistence. Une règle de la science moderne du dialogue nous le fait comprendre en une seule ligne. Elle dit : “La culture c’est l’acceptation de l’autre qui ne peut avoir lieu sans des notions exactes à son sujet”. Si nous voulons prendre comme modèle la coexistence des quatre grands Imams entre eux et entre leurs adeptes par la suite, nous devons savoir que leurs différentes opinions ont leurs justifications. L’acceptation logique des raisons de ces justifications nous fait les accepter automatiquement.”

A.K.

-          “Certains jeunes s’entêtent pour certaines écoles et certaines idées jurisprudentielles et tombent dans le fanatisme.”

R.U.R.

-          “Il faut savoir qu’en Islam nous avons des règles constantes qui concernent la croyance et d’autres variables dans les questions secondaires de la charî‘a. En ce qui concerne les premières, les quatre Imams sont entièrement d’accord. Quant aux autres qui se rapportent à des questions discutables comme la position dans la Salât (la prière), le raccourcissement de la prière ou la réunion de deux d’entre elles en voyage etc. il faut savoir que la variation des opinions là-dessus est nécessaire et considérée une miséricorde pour le Musulman. Un homme était venu présenter à l’Imam Ahmad ibn Hanbal un livre où il avait assemblé toutes les opinions jurisprudentielles contradictoires et qu’il voulait intituler “Les Controverses des Faqihs”. L’Imam lui dit de le nommer “Le Livre de l’Ampleur”

A.K.

-          “Cette anecdote est vraiment significative ! C’est donc le point de vue de l’Imam Ibn Hanbal ?”

R.U. R.

-          “Effectivement, et de tous les Imams avec lui. Nous trouvons chez tous ce respect de la liberté de l’être humain qui a amené Abou Hanifa à former une société savante pour discuter les lois de la charî‘a et ne pas imposer une seule opinion. Il disait : “ Notre avis est juste un, et celui qui dit mieux mérite plus d’être suivi. Nous ne faisons que donner une interprétation personnelle qui peut être juste ou erronée.” Il avait également ce mot célèbre : “Les opinions de notre école de fiqh sont judicieuses et peuvent comporter des erreurs et les opinions des autres sont erronées et peuvent en comporter de judicieuses.”

Les différences d’opinions entre les faqîh (juristes) est chose naturelle à cause :

1) De la nature humaine qui change selon l’éducation, la culture, l’expérience et l’intelligence.

2) De la nature du texte qui est un point essentiel. Nous avons par exemple dans le Coran des mots qui peuvent avoir plusieurs sens bien que Allah aurait pu, s’Il le voulait, en mettre de très précis comme Il l’a fait dans d’autres versets.

3) De la différence entre les mœurs et les coutumes.

Les différends dans les opinions jurisprudentiels sont donc une miséricorde et une grâce de la part d’Allah qui l’a voulu ainsi. Nous avons un hadith qui nous fait comprendre leurs causes et nous montre comment dans l’application pratique ces différends sont de la coexistence, une grâce et une miséricorde. Le hadith dit : “Au moment d’une transaction, les deux parties sont libres dans leur décision (conclure ou décliner l’accord) tant qu’ils ne se sont pas quittés. ” Abou Hanifa et Malik malgré la différence de leurs milieux culturels ont affirmé que ‘se quitter’ signifiait ici la fin de l’accord oral. Ach-Chafi‘i et Ahmad ont dit que ‘se quitter’ devait être pris dans son sens littéral c’est-à-dire avec le corps. Lorsqu’on a questionné Abou Hanifa au sujet de son raisonnement à propos de ce hadith, il répondit : “J’ai pensé que deux personnes qui concluent une transaction sur un bateau ne peuvent se séparer pour mettre un point final à leur contrat.”

A.K.

-          “Il faut ainsi souligner que le même hadith avec les mêmes termes a été compris par chacun d’une façon différente et il se peut que la sagesse du Prophète (BP sur lui) en a décidé ainsi pour que chacun choisisse ce qui convient le mieux à son cas et pour donner de l’ampleur.”

R.U.R.

-          “L’Imam Ach-Chafi‘i a une règle qui modère les différences et encourage à la coexistence et à la fraternité. Il dit : “Les savants sont unanimes à dire que, Allah ne punit pas l’erreur commise par l’adoption d’une opinion jurisprudentielle dans une des questions secondaires variables.” ‘Omar ibn ‘Abdil ‘Aziz et ceux qui sont venus après lui l’apprenaient à leurs enfants.” L’Imam Al-Ghazâli énonça le même principe.”

A.K.

-          “Est-ce pour cela que Ach-Chafi‘i, qui était en contradiction avec Abou Hanifa au sujet de certaines positions dans la Salât, suivit les recommandations de ce dernier lorsqu’il alla prier sur sa tombe ?”

R.U. R.

-          “Effectivement. Lorsqu’on lui en demanda la raison, il répondit : “Par respect envers l’habitant de cette tombe.” Il y a encore que Abou Hanifa avait rencontré Malik à Médine en présence de leurs élèves, avait discuté avec lui au sujet de certaines questions de la charî‘a et n’avait pas acquiescé certaines de ses opinions. Al-Leithy, élève de Malik, qui avait assisté à la discussion demanda ensuite à son maître : “Ô Imam, je vois que vous ne vous êtes pas mis d’accord ?” Malik lui répondit : “J’ai discuté avec un homme qui, s’il avait voulu me convaincre que cette mosquée était entièrement faite d’or, je l’aurais cru.” De l’autre côté, un élève de Abou Hanifa lui demanda la même question. Il lui répondit : “J’ai vu en lui une science grande comme une montagne.”

A.K.

-          “Je ne pense pas que nous puissions dire plus au sujet de la coexistence et je le souligne aux jeunes, filles ou garçons, et à tout le monde. Nous pouvons à cause de la nature humaine avoir différentes opinions mais nous devons nous respecter et nous accepter mutuellement. Nous arrivons ainsi à deux conclusions et c’est qu’il n’y a pas de différends entre les savants en ce qui concerne les croyances stables mais seulement dans les ramifications. Il ne faut donc pas refuser les différentes opinions dans ces dernières. J’ai lu quelque part que Ibn Hanbal était d’avis de ne pas prononcer le verset : “ Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. » au début de la récitation du Coran dans la prière, à part à Médine parce que Malik, l’Imam de cette ville était d’opinion contraire. C’est-à-dire, non seulement admettre l’opinion différente de l’autre mais la pratiquer en sa présence par respect pour lui. Un geste qui unit les cœurs d’une façon extraordinaire. Il faut également faire remarquer que Abou Hanifa a vécu dans une période de grandes controverses et polémiques. Comment a-t-il pu vivre ces débats ?”

R.U. R.

-          “Les différends dans les questions secondaires variables peuvent être discutés sans toutefois oublier que nous sommes à l’origine frères et non ennemis. Un des élèves de l’Imam Ahmad, appelé Al-‘Anbari, raconte que Aly ibn Al-Madine, un des célèbres rapporteurs de hadith et ami de l’Imam Ahmad était venu rencontrer ce dernier et s’était mis à discuter avec lui sur la question de savoir si les personnes auxquels le Prophète (BP sur lui) avait annoncé le Paradis y étaient effectivement. L’Imam Ahmed l’affirmait tandis que Al-Madine avait des doutes. Leurs voix se haussèrent durant la discussion au point que nous avons pensé qu’ils allaient s’entretuer. Ensuite, à la fin de la discussion, ils se sont serré les mains et l’Imam Ahmad dit : “Notre fraternité n’est-elle pas toujours très grande même si nous ne sommes pas d’accord au sujet d’une question ?” et lorsque Aly ibn Al-Madine voulut partir, l’Imam Ahmad avait été lui tenir les étriers de sa monture. C’est là des exemples de différends qui peuvent se trouver entre les grands Imams mais, parce qu’ils sont grands dans le vrai sens du terme, ils considéraient le désaccord naturel et l’amitié persistait entre eux. Il n’y en a pas un seul qui n’ait imité l’autre dans la pratique de certaines questions.

Oui, l’Imam Abou Hanifa a grandi dans une atmosphère de grande zizanie, de conflits dogmatiques, de différends au sujet des points secondaires et même des croyances. Il a vécu dans la même période que Zayd ibn Aly, Dja‘far As-Sâdiq, Mohammed Al-Bâqir et Abdillâh ibn Al-Hassan et il discutait avec tous les groupes de différentes opinions : les Chi‘a, les Khawâredj, les Mou‘tazila. Malgré tout cela, il confirmait et consolidait les principes de la Sunna (tradition du Prophète (BP sur lui)). Il s’est dégagé de tous ces remous de pensées comme le lait est extrait du mélange des excréments intestinaux et du sang pour devenir un breuvage pur et délicieux.”

A.K.

-          “Nous aimerons savoir comment il a réussi à le faire sans se fondre ou se perdre dans les autres. Je crains que certains jeunes ne se méprennent sur le sens de coexister et pensent que cela signifie fondre dans l’autre ce qui serait une grande erreur. Ainsi les Musulmans vivant en Occident doivent savoir coexister pacifiquement avec cette civilisation étrangère sans perdre leur identité et en faisant respecter leur religion.”

R.U.R.

-          “Pour savoir comment Abou Hanifa y a réussi, un ancien adage dit : “L’homme doit tenir haut le drapeau de la vérité même s’il se trouve seul à le faire. Immanquablement, ceux qui recherchent la vérité viendront se réunir autour de lui.” Il faut savoir que l’Imam Abou Hanifa s’est déplacé vingt-huit fois de Al-Koufa vers Bassora pour discuter avec les dissidents et les ramener à la doctrine équilibrée. Un jour, un groupe de ceux-là était venu le trouver à la mosquée pour lui poser un piège. Ils avaient avec eux le cadavre d’un homme qu’ils avaient tué pour avoir contredit leur croyance. Ils désiraient entendre Abou Hanifa l’approuver et trouver une excuse pour le tuer également. Ainsi l’Histoire se répète et les incidents de ce genre qui arrivent de nos jours trouvent leurs antécédents dans le passé. Ils lui demandèrent : “Ô Imam, est-ce que nous devons faire la prière des morts pour cet homme qui récuse la doctrine ?” Il leur répondit : “Est-il juif ?” –“Non.” répondirent-ils ?” Il reprit : “Est-il Chrétien ?” — “Non.” dirent-ils. Il demanda alors : “Qui donc est-il ?” Ils répondirent : “Un Musulman.” Il dit : “ Vous avez jugé qu’il est musulman, alors il faut faire la prière pour lui.” Avec son intelligence, il les avait amenés eux-mêmes à dire qu’il était musulman et ainsi tout était dans l’ordre. S’il leur avait demandé depuis le début si l’homme était croyant ou non, ils lui auraient répondu par la négative et ils l’auraient tué s’il avait insisté qu’il fallait faire la prière pour lui. Une autre fois, ils sont venus lui demander son opinion au sujet de l’arbitrage. Ils sous-entendaient l’arbitrage entre Mouawiya et Aly ibn Abi Taleb que les deux avaient demandé pendant leur guerre et que les Khawâredj refusaient. Aly ibn Abou Talieb avait montré un bel esprit de coexistence dans cette affaire. Lorsqu’on lui avait demandé si ces mêmes Khawâredj, alliés de son ennemi, étaient apostasiés, il répondit : “Non, ce sont des frères à nous qui nous ont fait préjudice.” Revenons à Abou Hanifa qu’ils auraient tué, s’il avait répondu par l’affirmative à leur question. Il leur dit : “Discutons du sujet et amenez un arbitre pour juger de nos différends.” Ils acceptèrent et choisirent l’un d’eux. Il leur dit alors : “Voici que vous acceptez l’arbitrage, c’est donc chose licite.”

A.K.

-          “Nous sommes arrivés à la fin de l’épisode et je veux conclure que dans les questions secondaires de la charî‘a, il y a de l’ampleur, de la facilité et de l’union ; dans les questions de la doctrine et de la croyance c’est la fermeté et la consolidation de cette religion jusqu’au dernier degré.”

R.U.R.

-          “J’aimerais ajouter un mot et dire premièrement que la fermeté dans les principes stables de la religion n’empêche pas la coexistence avec les autres. Nous avons appris du Prophète (BP sur lui) lui-même, par l’intermédiaire de ses compagnons et des Imam que, tout en sauvegardant les principes stables de sa religion, il a coexisté avec les gens parce qu’il était un messager et les messagers ne peuvent vivre isolés. Il a de même discuté avec les gens du Livre et les polythéistes et il a conclu à Médine le premier acte de coexistence dans le monde. Deuxièmement, si nous comprenons les raisons des différends entre les Imam dans les questions du fiqh et nous admettons qu’ils sont nécessaires pour faciliter la vie, rien ne nous empêche alors d’être des adeptes de quatre écoles. Nous ne devons pas nous obstiner pour l’une d’entre elle contre les autres et rétrécir ce qui a été établi au début pour donner de l’ampleur. Si nous voulons absolument discuter, nous pouvons le faire d’une façon scientifique et posée dans les limites de la bienséance musulmane avec une intention sincère, loyale dépourvue de toute arrière-pensée et sans couper les liens de fraternité.

A.K.

Moi j’aimerais terminer par cette prière de Abou Hanifa : “Ô Allah, fais que nos cœurs puissent contenir ceux dont les poitrines n’ont pas pu nous contenir.”


 


[1] TSC : Traduction des Sens du Coran. Cette traduction est celle du sens courant le plus connu jusqu’à présent de la sourate sus mentionnée. Lire la TSC ne remplace nullement sa lecture en arabe, la langue de révélation du saint Coran. Al-Houjourât (LES APPARTEMENTS) : 10.

[2] TSC, Al-’Anfâl (LE BUTIN) : 1. 

 Episode : 6 dans Invitation à la Coexistence clip_image002

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Episode : 7

Créé par le 01 déc 2008 | Dans : Invitation à la Coexistence

Invitation à la Coexistence

 Episode : 7

Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Louange à Allah Seigneur de l’Univers, et que la Bénédiction et le Salut d’Allah soient accordés à notre maître, le Messager d’Allah.

Nous commençons aujourd’hui à faire connaissance avec l’Imam Malik ibn Anas. Mais je rappelle que nous rapportons la biographie des quatre Imams pour suivre leur exemple de coexistence avec les autres. C’est le principal sujet de notre programme. Nous devons apprendre comment construire des ponts entre nous et les autres et non des murs, comment savoir leur communiquer notre pensée avec bienséance et politesse. La divergence des idées enrichit le monde en lui donnant sa diversité et aide à son développement.

L’Imam Malik, Imam de Dar Al-Hidjra

L’Imam Malik a vécu de 93 H à 185 H. Il a commencé ses séances de Fatwas (avis jurisprudentiels) à l’âge de dix-sept ans avec la ratification de soixante-dix savants de Médine. Des milliers de gens venaient l’écouter et prendre son avis et ce, durant 75 ans. Il avait sûrement en lui une qualité extraordinaire qui a pu attirer tout ce monde pendant une aussi longue période de temps et notre épisode d’aujourd’hui la révèle. Nous ne raconterons pas sa biographie, nous essayerons simplement de faire ressortir cette qualité pour essayer de la gagner.

Le Prophète (BP sur lui) avait présagé cette renommée de l’Imam Malik avec ce hadith où il a dit : “Les gens voyageront très loin à la recherche de la science et ne la trouveront que chez un seul savant de Médine.” On lui donna le surnom du “Savant de Médine” et celui de l“Imam de Dar Al-Hidjra”[1] C’est l’un des quatre Imams qui ont fondé le Fiqh musulman (interprétation de la jurisprudence islamique).

Nous devons savoir que la jurisprudence islamique n’a que deux sources : Le Coran et la Sunna (Tradition du Prophète (BP sur lui)). Les quatre Imams les ont interprétés et en ont tiré des critères au moyen desquels nous pouvons juger tout ce qui a eu ou aura lieu jusqu’à la fin de l’Heure. Chacun d’eux avait son interprétation ou sa règle de mesure et leur vie fut une application pratique de coexistence et un modèle à suivre pour nous.

L’Imam Malik est né et mort à Médine et ne l’a jamais quittée que pour accomplir le grand ou le petit pèlerinage à la Mecque. Il donnait ses séances de fiqh dans la mosquée du Prophète (BP sur lui) entre sa tombe et son minbar (Chaire) à l’endroit appelé Ar-Rawda. Il avait deux genres d’auditoire, ses élèves en nombre limité, et le grand public qui affluait par milliers et nécessitait une équipe d’hommes pour le gérer. Ces organisateurs groupaient les gens par nationalité et les faisaient entrer l’une après l’autre. Parmi les élèves de l’Imam on comptait des savants célèbres comme Ach-Chafi‘y de l’Iraq, Yehya ibn Yehya et Fattoum, tous les deux d’Andalousie, Ibn Achhab d’Egypte et beaucoup d’autres. On se demande quelle est la qualité qu’il possédait et qui attirait tous ces gens. Des califes et des princes venaient assister à ses leçons ainsi qu’un grand nombre d’Imams d’autres pays.

Les Abbassides avaient pris le califat des Omeyyades dont le dernier des califes, Saqr Qouraïche du vrai nom de ‘Abdir-Rahmane Ad-Dakhil, s’était réfugié en Europe et y avait fondé une principauté. Toute personne amie de l’une était considérée ennemie aux yeux de l’autre à part Malik pour qui les deux avaient beaucoup de considération.

Haroun Ar-Rachid avait envoyé demander à Malik de venir enseigner à ses fils à Bagdad. Malik pensait que ceux qui voulaient la science devaient aller à sa recherche et non le contraire. Il s’excusa avec beaucoup de diplomatie et répondit au calife avec ce message : “Ô prince des croyants, puisse Allah t’honorer toi dont la famille fut la source de cette science qui, honorée, prodiguera de l’honneur ou, déshonorée, couvrira de déshonneur. Ceux qui veulent la science doivent aller à sa recherche et non le contraire.” Il a tout d’abord amadoué Haroun en lui rappelant que cette science provenait de sa famille puisqu’il avait un lien de parenté avec le Prophète (BP sur lui) ensuite il lui a mentionné l’honneur, lui qui, comme souverain, devait connaître son importance. L’Imam posa une autre condition à la venue des petits princes à ses leçons. Ils devaient s’asseoir avec le commun des mortels là où ils trouveraient une place sans considération particulière pour leur rang. Haroun, un abbasside, accepta d’envoyer ses fils bien qu’il sût que les Omeyyades fréquentaient Malik.

Haroun arriva lui-même à Médine et envoya dire à Malik de venir le rencontrer puisqu’il était venu jusqu’à lui. L’Imam répondit : “Ô Prince des croyants, la science ne va pas vers les gens, ils doivent aller vers elle.” Le prince accepta encore mais demanda à Malik de le recevoir seul. Là encore Malik répondit : “Ô Prince des croyants, si la science est réservée aux notables à défaut des humbles, elle ne profitera ni aux uns ni aux autres.” Haroun ne put rien faire d’autre que se résigner.

A l’arrivée de Haroun à la mosquée, l’Imam fit signe à ses élèves de ne pas lui offrir une place au premier rang mais de le laisser s’asseoir là où le rang se termine. Les gardes de Haroun s’empressèrent de lui trouver un siège pour ne pas le laisser s’asseoir par terre comme tout le monde. Malik se tut pendant tout ce temps ensuite commença sa leçon avec le hadith qui dit : “Allah ne rétribue celui qui pardonne par rien de moins que plus de noblesse et celui qui s’humilie par rien de moins que plus de dignité.” Il regardait Haroun qui, comprenant le sous-entendu des paroles, sourit, poussa sa chaise et s’assit à terre.

Que peut-on dire de cette attitude de l’Imam Malik et comment expliquer toute cette attirance des gens envers lui ? Etait-ce son charisme, son esprit de leader, son intelligence remarquée depuis sa jeunesse par son maître ? Il devait sûrement y avoir quelque chose de plus. Ach-Chafi‘y disait : “Je n’ai éprouvé de crainte respectueuse que face à Malik.” Sa‘îd ibn Hind de l’Andalousie disait : “Je n’ai éprouvé de crainte respectueuse que face à Abdir-Rahman Ad-Dari qui me parut menu après ma rencontre avec Malik.” L’Imam était également profondément croyant. Il avait pour le Prophète (BP sur lui) un amour profond qui le faisait pleurer d’émotion à la pensée de se trouver assis à enseigner, là où le Prophète (BP sur lui) s’asseyait. Il n’a jamais pris de monture à Médine par respect pour le sol qui a été foulé par lui et n’a jamais récité un hadith sans s’être purifié par des ablutions et s’être parfumé. Il n’obligeait personne à le faire mais il ressentait une relation spéciale. Toutes ces caractéristiques le rendaient exceptionnel mais il y avait encore plus.

Le Fiqh de l’Imam Malik

Si l’Imam Malik a réussi à unir tout ce monde autour de lui durant soixante-dix ans sans arrêts, des gens de trois continents, des rois et des princes, des hommes et des femmes, c’est parce que toutes ses opinions jurisprudentielles se basaient sur deux principes très simples : “Rechercher l’intérêt des gens et faciliter pour eux les obligations”. Sa méthode de pensée le faisait se mettre à la place des autres, ce que nous appelons simplement de la coexistence. Voici sa qualité principale.

Généralement, dans un conflit, pour entreprendre quoique ce soit ou répondre à une question, chacun de nous commence par voir où se trouve son intérêt ou son désir. Mais celui qui se met à la place des autres attire plus leur sympathie et leur confiance. Selon les principes de Malik, l’époux ou l’épouse en désaccord avec le conjoint, le père qui réprouve l’attitude de son fils adolescent ou son fils qui veut faire un mariage contre son gré, devraient se mettre à la place de l’autre et essayer de comprendre son point de vue.

Le choix de Malik pour les solutions jurisprudentielles se basait toujours sur ses deux principes mentionnés plus hauts et exprimés par lui en deux règles : “ La loi jurisprudentielle se trouve là où est l’intérêt des gens et, à l’origine, toute chose est licite à part les exceptions mentionnées dans le Coran et la Sunna (tradition du Prophète)”. Il interprétait les versets et les hadiths selon ce principe avec une profonde conviction. Pour lui le vrai savant est celui qui prouve la licité d’une question au moyen d’un verset ou d’un hadith, parce que l’illicite est évident dans ces textes. Refusant de défendre ce qui n’a pas été prohibé d’une façon précise par ces deux sources, il pouvait rechercher la réponse à une question durant un an.

Parce qu’il désirait l’intérêt et la facilité pour les gens, Malik voyait ces trois versets du Coran d’une importance primordiale : “ … il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion … “  [2]   …Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous …”  [3]     » Allah veut vous alléger (les obligations,) car l’homme a été créé faible.  »  [4]  Tout son fiqh (Jurisprudence) se base sur ces trois versets.

Si je parle de cette qualité de l’Imam Malik c’est pour vous apprendre à l’imiter à vous mettre à la place des gens lorsque vous décidez d’une chose ou que vous êtes en conflit avec eux, vous entrerez facilement dans leurs cœurs. Malik commençait toujours ses leçons par ce hadith : “ Le croyant est complaisant, tolérant et de bonnes mœurs.” Il se distinguait par cette facilité de son Fiqh.

Un hadith nous raconte une histoire qui a beaucoup marqué l’Imam Malik : “ Un jour, un homme de peau très claire était venu devant le Prophète (BP sur lui) avec sa femme également claire de peau et leur fils très brun. Il dit au Prophète (BP sur lui)  : “Ô Messager d’Allah (BP sur lui), vois-tu comment ce petit est brun ?” Le Prophète (BP sur lui) comprit que l’homme doutait de sa femme et lui demanda : “As-tu des chameaux ?” L’homme répondit : “Oui.” Le Prophète (BP sur lui) questionna : “De quelle couleur sont-ils ?” — “Roux avec quelques-uns bruns.” dit l’homme. Le Prophète lui demanda alors : “Et comment y en a-t-il des bruns parmi eux ?” L’homme dit : “Le hasard du gène peut-être.” Le Prophète (BP sur lui) dit alors : “Et avec ton fils c’est le hasard du gène également.” L’Imam Malik a compris de là que le Prophète (BP sur lui) nous apprend à avoir toujours le bénéfice du doute et que, en matière de couples mariés, il faut éviter les discordes autant que possible et ne pas entreprendre de longues inquisitions.

Le Fiqh de l’Imam Malik, c’est la facilité autant que possible. Par exemple, à l’obsédé qui doute toujours d’avoir accompli la chose et ne cesse de la répéter, il lui dit que s’il ne peut jurer par Allah qu’il ne l’a pas faite, il ne doit plus la recommencer. C’est l’Imam qui a le plus répondu : “Je ne sais pas …” Il a raconté qu’il pouvait passer une semaine à chercher la solution la plus facile à la question d’un homme au point de perdre l’appétit et le sommeil. Tout son Fiqh se fondait sur ce principe et c’est pourquoi les gens s’empressaient vers lui. Il a réuni tous ses avis jurisprudentiels dans le premier livre, après le Coran et les hadiths, écrit dans l’histoire musulmane. Il l’a intitulé Al-Muwatta’, un titre très significatif qui veut dire “Le Nivelé” parce que tous les avis contenus recherchent l’intérêt des gens et essayent de leur rendre la vie facile. C’était le premier livre qui réunissait les hadiths et les avis jurisprudentiels dans cet ordre précis pour chaque question : le hadith, les paroles des Compagnons à ce sujet, celles des Tabi‘îne (seconde génération des Compagnons), ensuite celles des habitants de Médine et enfin son propre avis. Il a nivelé la route à Al-Boukhari dans sa méthode d’assembler les hadiths et à Ach-Chafi‘y dans sa méthode d’assembler les avis jurisprudentiels.

A un homme qui lui demandait ce qui lui faisait le plus plaisir, il répondit : “Rendre les gens heureux. Le hadith dit : “Celui qui soulage son frère musulman dans le malheur, Allah le soulagera d’un des malheurs du Jour de la Résurrection.” Et moi je me suis dédié pour soulager les malheurs des Musulmans.” Il avait un slogan qui disait : “Entre deux solutions, le Messager D’Allah (BP sur lui) a toujours choisi la plus facile”.

Mes paroles d’aujourd’hui ne sont pas une invitation au laxisme, je présente le Fiqh d’un savant. Si nous voulons vivre dans l’harmonie, l’union et trouver des liens communs entre nous pour commencer une renaissance, nous devons suivre son exemple en nous mettons à la place de notre interlocuteur et en recherchant le bonheur des autres.

Coexistence et éducation

Je voudrais terminer en disant comment Malik en était arrivé là. C’est un exemple à suivre pour les parents.

Malik a grandi au milieu d’une famille de savants parmi lesquels son père et son grand-père. Il aimait s’amuser et ne s’intéressait pas aux questions sérieuses. Il passait son temps à jouer avec les pigeons et à chanter, même ses frères plus jeunes s’intéressaient à la science plus que lui. Ses parents en étaient désolés et ils décidèrent de le changer. Sans le gronder ou l’humilier, son père décida de faire chaque vendredi un concours intellectuel. Il voulait attirer l’attention de Malik et lui faire remarquer à quel point il était en retard. Ses jeunes frères répondaient mieux que lui et son père ne lui dit rien d’autre que : “Les pigeons t’ont fait négliger la science, Malik.” Voyez comment un père peut guider son fils en mettant entre eux une aire commune et en pratiquant la coexistence. Furieux de se voir dépassé, Malik se promit de réussir quelque chose et il s’essaya plus sérieusement au chant. Sa mère à son tour et de la même façon que le père lui dit : “Ô Malik, le chanteur, même beau, n’attire pas les gens s’il n’a pas une belle voix.” Elle le décourageait et en même temps l’amadouait en mentionnant sa beauté. Remarquez la méthode d’éducation de cette mère qui ne formule pas des ordres à son enfant comme la plupart d’entre nous. Malik demanda à sa mère : “Alors, quoi faire ?” elle lui répondit : “Je ne vois pas que tu puisses faire beaucoup avec le chant, mais peut-être que tu as une meilleure chance avec la science.” Il faut remarquer là également la façon douce et intelligente de la mère de guider son fils sans le forcer. Combien je souhaite que toutes les mères de nos pays aient cet esprit de coexistence. Malik raconte : “J’ai dormi cette nuit tout en pensant quoi faire. Au matin, ma mère me présenta un nouvel habit et un couvre-chef comme celui des savants et me dit : “Vois ce que j’ai acheté pour toi.” Je les portai et me sentis très fier dans cet attirail. Je me suis pris au sérieux et j’ai demandé : “Où est-ce que je peux trouver la science ? Ma mère me répondit : “ Va vers Rabî‘a et apprends sa politesse avant sa science.”

Cette façon d’agir de la mère de Ma lik l’a beaucoup impressionné puisque c’est lui qui l’a raconté. Il a appris d’elle à se mettre à la place des gens et à ne pas leur imposer un avis mais à leur présenter ce qui est dans leur intérêt.

Je m’adresse aux mères et je leur demande de suivre cet exemple et en même temps aux occidentaux, puisque ces épisodes sont diffusés chez eux. Je leur dis voyez cet exemple de coexistence dans notre religion. Ne nous obligez pas à investir votre civilisation et n’essayez pas de nous faire comprendre que vous seuls savez pratiquer la coexistence. Un savant né en l’an 93 H a fondé son école de Fiqh sur l’intérêt des gens et la facilité, n’est-ce pas là de la coexistence ?

C’est l’idée de cet épisode  : “Se mettre à la place de l’autre, lui faciliter la vie autant que possible et le traiter avec gentillesse.” Je prie Allah de nous faire bien comprendre ces sens, d’en emplir nos cœurs et de nous aider à les mettre en pratique pour bien éduquer nos enfant, amorcer une nouvelle renaissance dans nos pays et sauver les pays dans le malheur comme l’Iraq et les autres.


 


[1] Dar Al-Hidjra (Foyer de l’immigration) c à d Médine.

[2]  AL-HAJJ (LE PELERINAGE) : 78). 

[3]  Al-Baqara (LA VACHE) : 185).

[4]  An-Nisâ’ (LES FEMMES) : 28).

Episode : 7 dans Invitation à la Coexistence clip_image002

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